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Canicule : qui sont les près de 6 000 morts en excès provoqués par l’épisode de fin juin

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Santé publique France publie ce mercredi des données provisoires sur l’excès de mortalité observé dans le pays après la canicule de la fin du mois dernier.

Par Vincent Gibert avec AFP

Dans un couloir du service des urgences du Centre Hospitalier de Pau (Pyrénées-Atlantiques), le 10 juillet 2026.

LAURENT ESTREBOOU / Hans Lucas via AFP

Dans un couloir du service des urgences du Centre Hospitalier de Pau (Pyrénées-Atlantiques), le 10 juillet 2026.

L’excès de mortalité observé en France lors de l’épisode de canicule de juin reste inédit depuis celui d’août 2003, qui avait causé 15 000 morts. Il a touché toutes les classes d’âge à partir de 15 ans et a été particulièrement important en Île-de-France, selon des données provisoires de Santé publique France (SpF) publiées ce mercredi 22 juillet et détaillées point par point plus bas.

Rappelons que les 24 et 25 juin ont été les journées les plus chaudes jamais enregistrées en France, atteignant pour la première fois les 30 °C en moyenne sur 24 heures, selon Météo-France. La chaleur avait atteint des niveaux extrêmes avec des valeurs de températures maximales record dans plusieurs villes, rappelle le ministère de la Santé : par exemple 42,5 °C à Bordeaux, 40,1 °C à Paris, 42,7 °C à Niort, 43 °C à Brive ou 43,8 °C à Saintes.

· Près de 6 000 décès

À ce jour, 5 764 décès toutes causes en excès ont été constatés sur la période du 17 juin au 2 juillet, indique SpF dans son deuxième bilan sur cette période, après des premiers chiffres dévoilés début juillet. Au total, 21 674 décès ont été observés sur la période, soit 36,2 % de plus qu’attendus.

La hausse de décès observée est très marquée à partir du 22 juin et a atteint un pic le 26 juin. Plus de la moitié (56 %) des excès de décès sont concentrés sur trois jours, du 25 au 27 juin, au niveau national.

· Toutes les classes d’âge

L’excès de mortalité concerne principalement les personnes âgées mais touche « de manière inédite » toutes les classes d’âge à partir de 15 ans, précise SpF. Les personnes âgées de 75 ans et plus constituent les deux tiers des décès en excès, avec 3 719 décès toutes causes.

Dans les autres tranches d’âge, la mortalité toutes causes a augmenté de 55,4 % chez les 45-64 ans, soit 979 décès en excès, et de 29,6 % chez les 15-44 ans, soit 118 décès en excès.

· L’Île-de-France particulièrement touchée

Toutes les régions sont concernées par un excès de mortalité, excepté la Corse, l’Occitanie et Provence-Alpes-Côte-d’Azur, « dont la population a été exposée de manière moins intense à la chaleur », indique SpF.

L’Île-de-France est la région la plus touchée avec 1 999 décès en excès, soit +81,2 %. Les autres régions les plus concernées sont le Grand-Est (+ 38,9 % de décès toutes causes en excès), Pays de la Loire (+55,2 %), et Centre-Val-de-Loire (+62,6 %).

· Hôpital, domicile...

Les décès ont augmenté dans tous les types de lieux : établissement hospitalier, domicile et Ehpad. Sur les 21 674 décès observés sur la période, 46 % sont survenus en établissement hospitalier, 34 % à domicile et 16 % en Ehpad.

L’estimation finale de l’excès de mortalité consolidée sur l’ensemble de l’été sera publiée par SpF à la fin de la période estivale.

· La différence avec la canicule de 2003

Un rapport commandé par le ministère de la Santé avait estimé à l’époque que 15 000 vies de plus qu’attendu avaient été perdues durant les trois semaines de la canicule en août. Au niveau des températures relevées, le record national absolu avait été atteint le 12 août avec 44,1 °C à Conqueyrac dans le Gard.

Mais il y a 23 ans, les établissements de santé (hôpitaux, Ehpad...) étaient bien moins préparés qu’aujourd’hui. « Il y a vingt-trois ans, on ne savait rien des canicules et on ne pensait pas que le soleil et la chaleur pouvaient tuer. À l’époque, tout le monde a été surpris et personne n’a compris aussitôt ce qu’il se passait », rappelait mi-juillet dans les colonnes du Parisien Pascal Champvert, président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA) de 1989 à 2024.

À la suite de la canicule de 2003, le ministère de la Santé avait mis en place un dispositif national de gestion sanitaire des vagues de chaleur, visant à prévenir et limiter les impacts sanitaires de celles-ci.

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