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La chaleur extrême en Ontario et au Québec peut donner envie de se baigner dans un lac ou une rivière, mais attention aux bactéries, algues nuisibles, courants et températures parfois glaciales, nous préviennent des experts en sécurité nautique.
Cet appel à la prudence fait suite aux noyades survenues récemment en Europe, où plusieurs pays, dont la France et l’Allemagne, ont été frappés par une canicule historique.
Quatre risques majeurs reviennent souvent en milieu naturel, explique Gregary Ford, vice-président de l'organisme Swim Drink Fish :
- Les courants
- La température de l'eau
- La bactérie E. coli
- Les efflorescences d’algues nuisibles
Baignade en eau libre : environnement imprévisible
La distinction entre une piscine et un plan d’eau naturel reste trop souvent sous-estimée, note Sean Duffy, de la Société de sauvetage de l'Ontario.
En piscine, on a le mur, le plancher et on connaît la profondeur [pas dans un lac].
En milieu ouvert, le vent, les vagues et les courants d’arrachement changent radicalement la donne. Si vous êtes emporté, Gregary Ford de Swim Drink Fish recommande de nager parallèlement à la rive plutôt que directement vers la plage.
En date du 29 juin, la Société de sauvetage avait recensé 92 noyades au Canada depuis le début de l'année, y compris 29 en Ontario et 23 au Québec.
Près de la moitié de ces noyades surviennent dans des lacs. Chez les adultes, ils découlent souvent de comportements évitables (alcool, absence de gilet de sauvetage). Chez les enfants de moins de cinq ans, un manque de supervision directe est en cause dans bien des cas.
Nager à deux, c’est toujours mieux , dit M . Duffy, qui préconise de choisir un lieu désigné et surveillé, notant que très peu de noyades mortelles surviennent dans une zone supervisée par un sauveteur.
Des dangers invisibles en milieu naturel
Évitez la baignade de 24 h à 48 h après une pluie importante ou un orage.
Les précipitations peuvent entraîner du ruissellement vers les plans d’eau, donc des déchets animaux, des fientes d’oiseaux ou des débordements d’infrastructures d’eaux usées vieillissantes.
Il est vraiment difficile de savoir quelle est la qualité de l’eau d’un endroit simplement en la regardant.
Une eau soudainement trouble après de forts vents peut aussi indiquer que des sédiments ont été remués, où les bactéries comme l'E. coli peuvent demeurer plus longtemps.
Une surface verdâtre et épaisse, qui ressemble à une soupe aux pois, peut aussi signaler une prolifération d’algues toxiques. Dans ce cas, M .Ford conseille d’éviter l’eau et de signaler la situation aux autorités environnementales.
La qualité de l’eau, insiste-t-il, change comme la météo . Même les plages reconnues pour leurs normes de qualité peuvent connaître de mauvaises journées, surtout après des pluies abondantes.
Dans le Grand Toronto, les plages Marie Curtis et Sunnyside sont particulièrement vulnérables en raison de leur proximité avec la rivière Humber, malgré leurs normes généralement élevées.
Vers des espaces bleus plus accessibles
Devant les vagues de chaleur extrême, l’accès aux plans d'eau urbains s'impose comme une nécessité de santé publique, affirme Matthew Sykas, cofondateur de l’organisation Swimmable Cities.
Pendant des années, on a parlé de villes marchables et cyclables, et maintenant, on parle de villes baignables.
Selon lui, la réappropriation des berges, longtemps freinée par l'industrialisation ou la privatisation immobilière, progresse à l'international, comme à Oslo ou à Paris, où la baignade urbaine redevient possible grâce à une communication transparente sur la salubrité de l'eau.
Ce mouvement pour des espaces gratuits et sécuritaires gagne le Canada. Le programme Pavillon bleu (nouvelle fenêtre), géré par l'organisme Swim Drink Fish, répertorie 13 plages canadiennes répondant à 33 critères d'excellence.
Pour démocratiser ces lieux, des initiatives émergent : la Commission de la capitale nationale a ouvert un lieu de baignade à Gatineau, par exemple.
Pour Gregary Ford, les municipalités doivent accélérer la cadence : Lorsque l'indice humidex approche de 45, ce n'est pas viable, car il n'y a pas assez de centres de rafraîchissement urbains, alors que nos lacs et nos rivières offrent cela naturellement.


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