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En février, la justice marocaine avait condamné à des peines allant de trois mois à un an de prison 18 supporteurs sénégalais, qui étaient détenus depuis la finale du 18 janvier 2026.

Un article d’un journal marocain, après la décision de la CAF de retirer au Sénégal son titre de champion d’Afrique des nations (CAN), à Rabat, le 18 mars 2026. Un article d’un journal marocain, après la décision de la CAF de retirer au Sénégal son titre de champion d’Afrique des nations (CAN), à Rabat, le 18 mars 2026.

Le roi du Maroc Mohammed VI a gracié, samedi 23 mai, pour « des considérations humaines », les supporteurs sénégalais emprisonnés après les violences survenues lors de la finale de la CAN 2025 à Rabat.

« Vu les relations fraternelles séculaires qui lient le royaume du Maroc et la République du Sénégal, et à l’occasion de l’avènement d’Aïd-el-Adha », le roi « a bien voulu accorder, pour des considérations humaines, sa grâce royale aux supporteurs sénégalais », selon un communiqué du cabinet royal.

Le 18 janvier, lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) à Rabat – commencée à la fin de décembre 2025 – le Sénégal s’était imposé 1-0 au terme d’un match chaotique. A la suite d’un penalty accordé au Maroc dans le temps additionnel de la deuxième mi-temps, juste après un but refusé au Sénégal, des supporteurs sénégalais avaient tenté d’envahir le terrain et lancé des projectiles vers la pelouse.

En février, la justice marocaine a condamné à des peines allant de trois mois à un an de prison les 18 supporteurs sénégalais qui étaient détenus au Maroc depuis la finale. A la mi-avril, trois Sénégalais avaient été libérés après avoir purgé leur peine de trois mois. La grâce accordée samedi devrait donc concerner les 15 supporteurs encore détenus.

Dégâts matériels évalués à plus de 370 000 euros

Cette décision « témoigne de la profondeur des liens profonds d’amitié, de fraternité et de coopération » unissant le Maroc et le Sénégal, poursuit le communiqué. Le directeur de la prison située près de Rabat où les supporters étaient détenus a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) que les Sénégalais avaient quitté l’établissement et étaient sur la route de l’aéroport de Casablanca.

« Nos compatriotes retenus au Maroc à la suite des incidents survenus en marge de la Coupe d’Afrique des Nations sont libres. Ils retrouveront bientôt les leurs », a déclaré sur le réseau social X le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, adressant à Mohammed VI ses « remerciements les plus sincères pour cette décision empreinte de clémence et d’humanité ».

Les poursuites reposaient principalement sur les images des caméras du stade Moulay-Abdellah ainsi que sur les certificats médicaux des membres des forces de l’ordre et des stadiers blessés, selon le parquet, qui a évalué les dégâts matériels à plus de 370 000 euros.

En février, lors d’une visite officielle à Rabat, l’ex-premier ministre sénégalais Ousmane Sonko - qui a été écarté de ses fonctions vendredi - avait regretté, dans un contexte de fortes tensions entre supporters marocains et sénégalais, que « les choses » en « arrivent là » entre « deux pays qui se réclament amis ».

« Fâcheux incidents »

Le roi du Maroc avait pour sa part déploré les « fâcheux incidents et de très déplorables agissements » survenus lors de la finale, selon un communiqué du cabinet royal, qui assurait toutefois qu’« une fois la passion retombée, la fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus ».

Fin janvier, la Confédération africaine de football (CAF) a infligé une série de sanctions disciplinaires aux deux fédérations pour comportements antisportifs et violations des principes de fair-play. Et mi-mars, le jury d’appel de la CAF avait retiré le titre au Sénégal pour l’attribuer au Maroc. Après cette décision, le Sénégal a saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS).

Dakar et Rabat entretiennent des relations d’amitié et de coopération de longue date dans plusieurs secteurs, notamment le tourisme, l’énergie, la formation, les infrastructures et les transports. Les deux pays partagent des liens religieux très forts. Le Sénégal constitue la première nationalité représentée parmi les étrangers résidant au royaume, avec 18,4 %, selon le Haut-commissariat au plan (HCP).

Le Monde avec AFP