Le président argentin Javier Milei, en pleine tension diplomatique ce week-end entre son pays et le Brésil, a accusé dimanche le gouvernement brésilien, mais aussi le Mexique et le Parti démocrate américain, d'avoir financé une «campagne anti-argentine», en référence apparente aux critiques visant le pays et son équipe. Il semblait faire référence, au moins en partie, aux critiques visant le pays et son équipe, en marge du Mondial de football.
Lire aussi: Le football hypnotise l’Argentine, une aubaine pour le gouvernementPlusieurs joueurs et membres du staff technique de l'Argentine, battue 1-0 par l'Espagne en finale après prolongation, s'en sont pris à leurs homologues espagnols au coup de sifflet final. De quoi susciter des critiques à l'encontre de la sélection argentine.
«Qui a mis le plus d'argent dans cette campagne anti-argentine? Le gouvernement du Brésil. 25% des ressources venaient du gouvernement du Brésil», a affirmé Javier Milei dans une interview à Radio Mitre, sans présenter d'élément étayant ses accusations. «Et après, ils viennent me parler d'interférence», a-t-il fustigé.
«En plus, cette campagne anti-argentine a également été financée par le Mexique, par le Parti démocrate des Etats-Unis», a ajouté Javier Milei, sans davantage élaborer. «Ce sont les têtes pensantes progressistes qui ne veulent pas que les idées de la liberté fonctionnent.»
L'ambassadeur brésilien en Argentine rappelé
Brasilia a rappelé dimanche pour consultation son ambassadeur en Argentine en raison des «propos offensant prononcés» par Javier Milei à l'encontre notamment de son homologue brésilien de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.
«L'ambassadeur du Brésil à Buenos Aires, Julio Bitelli, a été rappelé pour consultation», le président Milei «a offensé deux pouvoirs, le peuple et la démocratie brésilienne», a déclaré à l'AFP une source diplomatique brésilienne. Le diplomate doit arriver au Brésil entre dimanche et lundi.
Le gouvernement brésilien a par ailleurs convoqué dimanche l'ambassadeur argentin dans le pays. «Au Brésil, nous n'acceptons pas que quiconque mette son nez là où on ne lui a pas demandé de le faire», a lancé dimanche le président Lula, sans préciser la cible de ses propos, lors d'un événement avec des syndicalistes. Il a promis de continuer à diriger le pays «sans interférence de quiconque».
Présent lors de l'investiture samedi à Sao Paulo de Flavio Bolsonaro comme candidat à l'élection d'octobre au Brésil, le chef de l'Etat ultralibéral argentin a qualifié – sans les mentionner directement – Lula de «voleur» et de «prisonnier», et le juge de la cour suprême Alexandre de Moraes d'«ordure chauve». Figure de proue de la droite latino-américaine, Javier Milei a mis en garde contre «le risque Lula» lors des élections et a appelé le Brésil à se libérer de «l'asservissement à la gauche».
Empêché de voir Bolsonaro
La semaine dernière, la Cour suprême du Brésil avait refusé à Javier Milei l'autorisation d'une visite à l'ex-président brésilien Jair Bolsonaro dans la résidence où il purge une assignation à résidence pour tentative de coup d'Etat.
«J'ai voulu aller voir mon ami Jair Bolsonaro. Ils ne m'ont pas laissé. Ici, en revanche, l'ex-prisonnier est venu voir la détenue», a déclaré Javier Milei, en référence a la visite en juillet 2025 de Lula a Cristina Kirchner, alors depuis peu emprisonnée à son domicile de Buenos AIres pour corruption. «Ici, il n'y a eu aucun problème. Personne ne lui a interdit quoi que ce soit», a poursuivi Javier Milei. «Pourtant, moi, on ne m'a pas laissé rendre visite à mon ami (Bolsonaro), qui en plus est injustement emprisonné.»
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Javier Milei s'est attiré les foudres du président de la Cour suprême brésilienne, Edson Fachin, qui a critiqué dans un communiqué sa «référence irrespectueuse» à l'égard du juge Moraes et a déploré des «propos incompatibles avec l'esprit civique qui doit caractériser les relations entre Etats».
Le président du Parti des travailleurs (au pouvoir), Edinho Silva, a jugé quant à lui que le chef d'Etat argentin s'était montré «indigne de la fonction qu'il occupe».
Le président Lula entretient des relations très froides avec Javier Milei depuis que ce dernier a pris, en 2023, la présidence de l'Argentine, pays voisin et partenaire stratégique du Brésil. Bien qu'ils se soient croisés lors de rencontres multilatérales, ils n'ont jamais tenu de réunion bilatérale. Lors de son dernier voyage en Argentine en 2025, Lula avait en revanche rendu visite à l'ancienne présidente et actuelle figure de l'opposition Cristina Fernández de Kirchner, placée en résidence surveillée pour corruption.


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