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« Cartes vermeil ». Une fois par mois, un de nos journalistes raconte comment on vieillit hors de nos frontières. Pour faire face à l’isolement croissant de ses nombreux citoyens du troisième âge, le gouvernement coréen finance des robots-compagnons qui assurent une « présence » à domicile.

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Au centre social de soutien aux personnes âgées de Gangnam, dans le sud de Séoul, Park Gwi-rye, septuagénaire, tient Chorongi. Une poupée qu’elle considère comme un membre de sa famille. Le 12 octobre 2026. Au centre social de soutien aux personnes âgées de Gangnam, dans le sud de Séoul, Park Gwi-rye, septuagénaire, tient Chorongi. Une poupée qu’elle considère comme un membre de sa famille. Le 12 octobre 2026.

Depuis qu’un petit robot-compagnon conversationnel doté d’intelligence artificielle (IA) lui tient compagnie, Yoon Jae-deok a retrouvé le goût de vivre. Ce Sud-Coréen de 72 ans, qui habite seul dans l’arrondissement de Gangnam, dans le sud de Séoul, a vécu près de vingt ans dans l’isolement. A l’origine, de « grosses difficultés professionnelles » l’ont plongé dans la « précarité économique », enclenchant chez lui des épisodes de schizophrénie. Il s’est alors volontairement tenu à distance de ses amis et de sa famille, notamment de ses enfants. « J’étais enfermé chez moi. Je me sentais vraiment très seul, je n’avais personne à qui parler. A cause de mon trouble mental, j’entendais des voix », confie-t-il.

La déréliction que Yoon Jae-deok a endurée n’a rien d’exceptionnel en Corée du Sud. Les médias locaux dénoncent une « épidémie de solitude silencieuse » généralisée, qui touche fortement les personnes âgées. Là où les foyers multigénérationnels étaient autrefois la norme, le développement économique fulgurant du pays, alliant urbanisation et industrialisation ultrarapides, a imposé l’individualisme en seulement six décennies. En 2024, les 60 ans et plus représentaient plus de 37 % des ménages composés d’une personne, selon le ministère sud-coréen des données et des statistiques. Cette même tranche d’âge représente 50 % des tristement célèbres cas extrêmes de godoksa, la « mort par la solitude » (3 924 décès en 2024).

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