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"C'était open bar" : après les pillages du 17 octobre, ces commerçants sous le choc face aux dégâts à Nice

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Deux jours après les violences urbaines, le gérant de JD Sports, pris pour cible par des casseurs, raconte son 17 octobre. La fédération du commerce niçois exprime sa colère.

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Des commerçants se sont rassemblés en soutien, ce lundi 19 octobre 2026, sur l'avenue Jean-Médecin à Nice.

Des commerçants se sont rassemblés en soutien, ce lundi 19 octobre 2026, devant JD Sports fermé sur l’avenue Jean-Médecin à Nice. (©Manon Reinhardt / actu Nice)

Par Manon Reinhardt Publié le 19 oct. 2026 à 14h14

La vie a repris son cours sur l’avenue Jean-Médecin mais les rideaux sont baissés. De nombreux commerces ont été violemment pris pour cible par des casseurs, samedi 17 octobre, en marge des manifestations à Nice. Lors d’un rassemblement organisé ce lundi matin, le président de la Fédération du commerce niçois et de l’artisanat a dénoncé des commerçants « traumatisés » par les récents événements et des dégâts qui pourraient se chiffrer à « plusieurs millions d’euros ».

« Ils ont atteint les réserves » chez JD Sports

Les clients de JD Sports trouvent porte close. Le magasin a été pillé par des « centaines » d’individus lors de graves violences urbaines, samedi 17 octobre. Derrière le rideau baissé, les équipes du géant du sportswear ont déjà commencé le nettoyage. Le gérant, qui souhaite garder l’anonymat, raconte à actu Nice :

Il y avait à peu près 1000 personnes devant JD Sports. Je crois qu'on était un peu leur cible aussi. C'était le lieu de rendez-vous, pas pour les manifestants car ils n'ont rien à voir. Certains nous ont même aidés à les faire sortir. Ils ont cassé la vitre, ils sont rentrés une première fois. Ils ont atteint les réserves et un équipage de police est arrivé mais les jeunes étaient beaucoup trop nombreux.

Voyant la situation se tendre drastiquement au fil des minutes, les salariés du magasin ont vite évacué les lieux. Lorsque les pillages ont débuté, la boutique de 1500 m² était déjà fermée. Mais les casseurs, eux, sont bel et bien restés.

« C’était open bar car la vitre est ouverte. Ils ont continué à casser les autres vitres », poursuit le gérant. Certains sont même passés par les issues de secours pour pénétrer à l’intérieur. Le magasin a été saccagé et de nombreux articles de sport dérobés.

Un bilan « à plusieurs millions d’euros » ?

Ironie du sort : la plupart n’ont pu emporter que les pieds gauches, placés en exposition. « C’était vraiment voler pour voler. Mais personne n’est à blâmer. On est tous parti du principe qu’à Nice, ça serait calme. On n’a jamais eu des violences de cette ampleur », confie-t-il avant de retourner auprès de ses équipes.

Le commerce devrait rester fermer plusieurs jours, « peut-être huit ou dix, j’en ai aucune idée ». Car le bilan est encore confus. Un bilan que Marcel Vidal, président de la Fédération du commerce niçois et de l’artisanat (FCNA), pense chiffrer « à plusieurs millions d’euros ».

Chacun doit faire son inventaire. Il y a des magasins où il ne restait pas un élastique par terre donc c'est 100%. Si je prends le magasin "Nine", il n'y a plus rien. Il va leur falloir plusieurs jours et puis il faut ramener du stock. Ils ont été pillés en plusieurs fois.

Marcel Vidal, président de la FCNA, s'est exprimé ce lundi matin après les violences urbaines et les pillages de magasin.

Marcel Vidal, président de la FCNA, s’est exprimé ce lundi matin après les violences urbaines et les pillages de magasin. (©Manon Reinhardt / actu Nice)

« Ils sont venus faire leurs courses »

Lors d’un rassemblement organisé devant l’enseigne britannique ce lundi matin, il décrit des commerçants « traumatisés », avec qui il a pu échanger dernièrement. Surtout, le président de la FCNA dénonce une police en sous-effectif et alerte les pouvoirs publics.

« Il y a eu un manque de policiers, tout le monde l’a remarqué. Je suis arrivée vers 14h sur Jean Médecin, il n’y avait pas de policiers qui protégeaient les magasins. Ce ne sont pas les salariés qui vont se battre », a-t-il scandé devant les journalistes et commerçants présents en soutien.

Un message de soutien a été placardé sur la devanture de JD Sports, fermé sur Jean-Médecin.

Un message de soutien a été placardé sur la devanture de JD Sports, fermé sur Jean Médecin. (©Manon Reinhardt / actu Nice)

Des tags avec des cœurs et le symbole de paix sont apparus sur la devanture de Micromania, magasin lui aussi pillé.

Des cœurs et le symbole de paix ont été tagués sur la devanture de Micromania, magasin lui aussi pillé. (©Manon Reinhardt / actu Nice)

Marcel Vidal assure toutefois « partager les revendications des manifestants ». « Il ne faut tout mélanger. » Mais raconte avoir vu « des jeunes hommes et des jeunes filles venus faire leurs courses ». Certains tenaient « des sacs » pour y ranger les objets volés.

Il demande à l’état « de mettre les moyens régaliens nécessaires ». À Nice, la mairie d’Éric Ciotti (UDR) indique que les dégâts sur la voie publique atteignent 400.000 euros.

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