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« C’est un coup dur » : une distillerie du Sud-Ouest freine son expansion aux États-Unis

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La distillerie Wolfhead, dans le Sud-Ouest ontarien, met sur pause ses projets d’expansion aux États-Unis, face à la nouvelle escalade de la guerre commerciale entre Ottawa et Washington. L’entreprise d’Amherstburg envisage désormais de se tourner vers les marchés européen et asiatique.

La distillerie Wolfhead assemble et embouteille ses propres spiritueux à Amherstburg. Bien que l’essentiel de ses activités se déroule au Canada, l’entreprise vend du whisky au café au Michigan depuis 2022.

La distillerie envisageait jusqu’à récemment d’étendre sa présence à d’autres États américains. Elle avait presque finalisé des ententes pour commencer à vendre ses produits en Géorgie et en Caroline du Nord. Ces projets sont désormais suspendus.

Danielle Moldovan.

Danielle Moldovan, directrice du marketing et du développement des affaires à la distillerie Wolfhead, affirme que l’entreprise doit maintenant revoir sa stratégie d’exportation.

Photo : Radio-Canada / Jason Viau

C’est un coup dur, déclare Danielle Moldovan, directrice du marketing et du développement des affaires chez Wolfhead. À long terme, je pense que cela nous affectera, selon la durée pendant laquelle nous ne serons pas autorisés à expédier de nouveaux produits.

Mme Moldovan indique que les dirigeants de l’entreprise explorent désormais l’idée d’exporter vers l’Europe ou de s’étendre à Taïwan. Nous allons nous réorienter, affirme-t-elle.

Des répercussions majeures pour Windsor

Donald Trump a annoncé le 8 septembre que certains produits alcoolisés canadiens seraient interdits d’importation aux États-Unis à compter du 29 septembre.

Selon Robert Huish, professeur à l’Université Dalhousie et expert en sanctions internationales, les conséquences pourraient être particulièrement importantes dans la région de Windsor-Essex, où le secteur des boissons alcoolisées occupe une place importante dans l’économie locale.

Windsor est doublement visée, affirme-t-il, en faisant référence aux mesures américaines qui touchent à la fois l’industrie automobile et le secteur des boissons alcoolisées. Il ajoute que la situation que vivent les gens en ce moment est tout simplement d’une injustice inouïe.

M. Huish rappelle que le Canada exporte chaque année 1,4 milliard de dollars d’alcool vers les États-Unis, ce qui représente 90 % du total de ses exportations d’alcool.

Un portrait du professeur dehors devant l'Université.

Robert Huish est professeur à l’Université Dalhousie et spécialiste des sanctions internationales. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Steve Lawrence

L’expert précise que l’impact sera particulièrement fort sur la distillerie Hiram Walker & Sons, qui emploie notamment environ 430 personnes à Windsor. Elle produit par exemple le whisky J.P. Wiser’s, ainsi que d’autres marques de spiritueux.

L’alcool au cœur de la guerre commerciale

Selon Robert Huish, le retrait des produits alcoolisés américains des tablettes par certaines provinces, dont l’Ontario, aurait aussi agacé personnellement Donald Trump, parce que, selon lui, les premiers ministres provinciaux ont pris le dessus sur lui.

Une employée place des bouteilles de whiskey américain sur des tablettes dans une succursale de la LCBO.

En mars 2025, l’Ontario avait notamment ordonné à la LCBO de cesser l’achat de produits alcoolisés américains et de les retirer de ses magasins. La mesure concernait les spiritueux, le vin, la bière, le cidre et les boissons prêtes à boire. (Photo d'archives)

Photo : Reuters / Carlos Osorio

L’alcool est depuis devenu un point de friction important dans les négociations entre Ottawa et Washington. En août, le premier ministre Mark Carney avait demandé aux provinces de se préparer à remettre les produits américains sur leurs tablettes, dans le cadre d’un éventuel accord commercial.

Toutefois, les négociations n’ont pas permis de régler le différend. La Saskatchewan a même annoncé en août une taxe supplémentaire de 50 % sur les boissons alcoolisées américaines, entrée en vigueur le 8 septembre, en réponse aux mesures commerciales américaines.

Avec les informations de Jason Viau de CBC

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