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La blague aura eu une chute assez chère : deux ans de procédure et 2 000 euros d’amende à l’arrivée.
Près de deux ans après avoir annoncé vouloir saisir la justice, Rachel Kéké fait connaître l’issue de la procédure. Dans un message publié sur son compte X, l’ancienne députée du Val-de-Marne indique que Bruno Attal a été déclaré coupable d’injure raciste à son encontre et condamné à une amende de 2 000 euros. Le communiqué qu’elle diffuse est daté du 4 septembre 2026.
Crédit visuel : Rachel Kéké / X, publication du 5 septembre 2026.À l’origine de la procédure, une publication mise en ligne par Bruno Attal le 12 juillet 2024. L’ancien policier et candidat Reconquête aux législatives avait associé Rachel Kéké à Nafissatou Diallo, la femme de chambre guinéenne qui avait accusé Dominique Strauss-Kahn d’agression sexuelle dans un hôtel Sofitel de New York en 2011.
Crédit visuel : capture d’écran du compte X de Bruno Attal (@Bruno_Attal_), publication du 12 juillet 2024.Rachel Kéké avait elle-même travaillé comme femme de chambre avant son élection à l’Assemblée nationale en 2022. Selon le compte rendu que Rachel Kéké donne du jugement, la comparaison n’a pas été considérée comme une simple provocation ou une plaisanterie de mauvais goût. Elle écrit : « Le jugement reconnaît que ce parallèle a été dressé en raison de nos origines africaines communes. » C’est sur ce point qu’elle insiste pour expliquer la qualification d’injure raciste retenue par le tribunal.
Rachel Kéké dénonce aussi la « misogynoire » visant les femmes noires
Dans son communiqué, Rachel Kéké ne limite pas sa réaction au seul message de Bruno Attal. Elle replace les insultes qu’elle dit avoir subies dans un phénomène plus large touchant les femmes noires exposées dans la vie politique. Elle emploie notamment le terme de « misogynoire », qui désigne l’association du sexisme et du racisme visant spécifiquement les femmes noires.
« La négrophobie, et plus particulièrement la misogynoire, sont aujourd’hui de plus en plus décomplexées », affirme-t-elle. L’ancienne députée cite Danièle Obono, qui avait été représentée en esclave dans un récit publié par Valeurs actuelles, ainsi que Nadège Abomangoli, vice-présidente de l’Assemblée nationale, dont elle rappelle qu’elle reçoit régulièrement des insultes et des menaces.
Bruno Attal avait déjà connu plusieurs procédures judiciaires
Bruno Attal s’est fait connaître comme policier et syndicaliste avant de devenir très actif sur les réseaux sociaux et de se présenter aux élections législatives sous l’étiquette Reconquête. Son nom est apparu à plusieurs reprises dans des procédures liées à ses publications. Il avait notamment été visé par plusieurs enquêtes administratives et de l’IGPN concernant son activité publique et certains contenus diffusés en ligne.
En août 2023, la sœur d’une policière décédée avait également porté plainte contre Bruno Attal et Cédric Vladimir après la diffusion d’une vidéo privée dans laquelle la fonctionnaire exprimait son désespoir quelques jours avant son suicide.
En février 2025, Bruno Attal avait par ailleurs été condamné pour injure publique après une publication de 2022 visant La France insoumise et l’associant à l’antisémitisme. Le tribunal lui avait infligé 500 euros d’amende, auxquels s’ajoutaient 800 euros de dommages et intérêts et 1 000 euros au titre des frais de procédure.
La condamnation annoncée par Rachel Kéké concerne cette fois directement le caractère raciste d’une injure. Deux ans après la publication qui avait déclenché sa plainte, l’ancienne députée estime avoir obtenu la reconnaissance judiciaire qu’elle réclamait.


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