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«Broken English», Marianne Faithfull sous la loupe du Ministère du non-oubli

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Publié le 17 juin 2026 à 11:40. / Modifié le 17 juin 2026 à 13:52. 4 min. de lecture

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A l’heure où les biopics de chanteurs et chanteuses foisonnent, pour la plupart coulés dans un même moule, on pouvait craindre le pire pour Marianne Faithfull, décédée le 30 janvier 2025. La vie cabossée de l’artiste à l’inimitable voix rauque est de celles qui se transforment facilement en légende: tour à tour fille cultivée de bonne famille, adorable poupée pop des sixties, petite amie «scandaleuse» des Rolling Stones, victime d’une bonne décennie dans l’enfer de la drogue, autrice d’un come-back mémorable au temps de la new wave et, pour finir, grande dame incontestée du rock britannique. D’où l’heureuse surprise que constitue ce Broken English, au titre repris du fameux album de sa renaissance de 1979. Malgré une santé fragile après avoir contracté le covid, elle a encore trouvé l’énergie pour participer à ce projet différent, qui lui permet de donner sa version des faits.

Du tandem Iain Forsyth et Jane Pollard, on se souvient d’un déjà notable 20,000 Days on Earth consacré à Nick Cave (2014), juste gâché par l’ego du chanteur australien. Rien de tel avec Faithfull, qui se prête de bonne grâce à une dernière interview et à la confrontation à son passé dans le cadre fictionnel d’un «Ministère du non-oubli» (plutôt que de la mémoire). C’est l’acteur George MacKay (Pride, 1917, La Bête) qui s’entretient avec la septuagénaire en fauteuil roulant, le visage gonflé et parfois obligée de recourir à un masque à oxygène, mais toujours bien présente avec son esprit vif, son humour et ses émotions. Une superviseuse jouée par Tilda Swinton et quelques petites mains sont aussi par là, dans une sorte de décor rétrofuturiste de bâtiment d’archives qui se double opportunément d’un studio d’enregistrement.

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