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Blocage des lycées en France: un élève gravement blessé à la veille d’une journée de mobilisation qui s’annonce importante

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Publié le 05 octobre 2026 à 19:53. / Modifié le 05 octobre 2026 à 21:17. 3 min. de lecture

A la veille d’une nouvelle journée de mobilisation du mouvement lycéen en France auquel se joindront mardi des syndicats, la colère est restée forte lundi avec des centaines d’établissements fermés et plusieurs incidents, dont un grave concernant un jeune de 15 ans ayant perdu une main.

Manque de moyens, de professeurs, délabrement des locaux, plateforme de candidature pour l’enseignement supérieur jugée sélective et opaque… «les problèmes sont clairs», estime Alma, du lycée Charlemagne au cœur de Paris, qui n’a pas souhaité donner son nom. «Quand on voit la chute de notre classement sur Pisa, c’est un système d’éducation qui ne fonctionne pas».

Début septembre, l’étude internationale Pisa, qui sonde les performances des systèmes éducatifs à travers les compétences des élèves de 15 ans, a donné pour la France les résultats les plus bas jamais mesurés depuis 2000 – ils restent cependant dans la moyenne des pays de l’OCDE.

Parmi les 3700 lycées du pays, où sont scolarisés les enfants de 15 à 18 ans, le nombre d’établissements perturbés – «589» – était en baisse au regard de la mobilisation de vendredi, où ils étaient «presque 800» selon le ministère de l’Education.

Une «dérive globale par rapport à l’État de droit»

Les incidents sont globalement plus limités que ceux enregistrés en fin de semaine dernière. Mais la journée a été marquée par la blessure à Lens (nord) d’un jeune de 15 ans, qui a eu la main arrachée lors d’une manifestation, selon le préfet. Une situation «humainement tragique», a déclaré le ministre de l’Education Édouard Geffray, ajoutant ne pas connaître les circonstances du drame.

Lire aussi: «Une bascule avec un changement de discours, plus radical»: les blocages de lycées français s’étendent et virent aux violences

Cent quatre-vingt-dix élèves ont été blessés depuis le début du mouvement, «pour l’essentiel du fait d’éléments accidentels», a-t-il décompté. Plusieurs syndicats et associations ont accusé le gouvernement de «réprimer» les mobilisations lycéennes avec une brutalité «disproportionnée», pour faire taire des revendications «légitimes».

Six enquêtes de la police des polices sont en cours. La Ligue des Droits de l’Homme a dénoncé «une dérive globale par rapport à l’État de droit».

Une colère qui explose à sept mois de la présidentielle

Commencé le 17 septembre en région parisienne, le mouvement lycéen rejoint par des étudiants, s’est progressivement étendu avant de s’enflammer jeudi dans de nombreuses villes de France. Cette colère explose à sept mois de la présidentielle, dans un climat social et politique tendu, avec la candidate de l’extrême droite Marine Le Pen donnée favorite par les sondages et la flambée des prix des carburants.

Le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste a confirmé qu’il «craignait» un embrasement au niveau national du mouvement lycéen et étudiant. Lundi, l’Union étudiante a recensé 32 sites universitaires bloqués.

Les autorités ont fait état la semaine dernière de 5.000 interpellations, dont environ 85% de mineurs, 24 établissements «incendiés ou saccagés» et «78 personnels de l’Education nationale blessés».

Les services du premier ministre ont condamné des «violences urbaines» et en ont imputé la responsabilité à La France insoumise (gauche radicale). Par la voix de son coordinateur Manuel Bompard, LFI a dit «déplorer» les violences, mais regretté que l’exécutif «résume» le mouvement à ces débordements.

Lire aussi: Pourquoi La France insoumise est accusée d’alimenter les violences dans les blocages de lycées

Des appels à une «semaine noire» avec des blocages quotidiens

Les lycéens réclament plus de moyens pour leurs établissements. Ils dénoncent l’insalubrité des bâtiments, des classes surchargées, ou des absences non remplacées, particulièrement dans les quartiers populaires.

Concernant les violences, «c’est pas vraiment les lycéens, c’est plutôt les gens en dehors qui viennent casser et du coup décrédibiliser le mouvement», estime une lycéenne de Bordeaux de 17 ans, qui a souhaité rester anonyme. Sur l’ensemble du territoire, les incidents semblent moindres que vendredi.

Lire aussi: Face à la contestation des lycéens, les cours seront suspendus «totalement ou partiellement» lundi dans 400 à 500 établissements français

Un lycée parisien a néanmoins été touché par «un feu sur la porte d’entrée […] par des individus extérieurs (qui) n’étaient pas des lycéens de l’établissement», selon le rectorat. Dans le département du Rhône (centre-est), la préfecture rapporte des «escarmouches».

Le mouvement pourrait prendre une autre dimension mardi. Une vaste intersyndicale de l’Éducation nationale a appelé à participer aux mobilisations. Le syndicat CGT a annoncé vouloir prêter main-forte pour encadrer les manifestations lycéennes. Sur les réseaux sociaux ont par ailleurs fleuri des appels à une «semaine noire», avec des blocages quotidiens.

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