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CRITIQUE - La série d’espionnage avec Keira Knightley et Ben Whishaw mêle formidablement suspense, action, humour et questionnements existentialistes. Jubilatoire.
Passer la publicité Passer la publicitéOn avait presque oublié à quel point on aimait Black Doves ! Car si cette fiction britannique de Netflix possède tous les critères d’une bonne série d’espionnage, elle bénéficie d’un formidable supplément d’âme tant ses personnages sont attachants. On les retrouve en saison 2 avec un plaisir infini.
Deux amis, à la vie, à la mort - un terme qui fait vraiment sens ici ! -, une relation chaleureuse entretenue par une nostalgie diffuse. À ma droite, Helen Webb (Keira Knightley), espionne pour une organisation secrète, mariée au - désormais - premier ministre (Andrew Buchan - Broadchurch ). Aux yeux du monde, elle est une mère et épouse parfaite, mais le couple est en pleine thérapie conjugale. À ma gauche, Sam (Ben Whishaw), son ancien formateur, devenu tueur à gages. Ses activités ont eu raison de sa vie privée de longue date, et il traîne un blues existentiel.
La saison s’ouvre à Paris. Lors d’un dîner dans un grand hôtel, Helen s’éclipse, en robe de soirée, afin de récupérer des infos dans le coffre-fort d’un oligarque russe. Des flingues à silencieux, des cadavres qui s’amoncellent dans une mare de sang... La voilà rejoignant de nouveau les convives à table, souriante, avec un flegme tout britannique. Bref, les affaires courantes si ce n’est que, pour la première fois, Reed, la mentor d’Helen, n’est pas au rendez-vous. Tandis qu’une organisation concurrente émerge, prenant Sam au piège... Le début d’une nouvelle intrigue, improbable et solide à la fois, qui a ses ramifications à Berlin Est en 1988.
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L’image est belle, magnifiant Londres, si besoin était. La réalisation fluide, élégante, jusque dans les pires scènes de fusillades (les derniers épisodes en abusent un peu, une débauche de violence qui finit par lasser). La série met les personnages face aux conséquences de leurs actes et interroge, à l’instar de The Americans : comment être une famille quand tout est construit sur le mensonge... «Helen est une personne qui a fait des choix radicaux dans sa vie et les regrette peut-être, nous confiait Keira Knightley pour la saison 1. On prend parfois des décisions dans sa jeunesse, ça semble cool, oui je peux mener cette double vie excitante, et dix ans plus tard elle n’en est plus sûre et elle comprend qu’elle ne peut revenir en arrière. Je pense qu’elle aime son mari. Ce qui ne l’empêche pas de le tromper, d’avoir une aventure. Elle aurait pu le quitter, ne pas avoir d’enfants avec lui, s’enfuir. Elle ne l’a pas fait. Elle a toujours voulu rester. Qu’est-ce que cet amour ? Qu’est-ce que cette relation où elle est en permanence obligée de l’entuber ? C’est aussi une étrange dynamique de pouvoir. Elle joue la petite femme parfaite tout en sachant que c’est elle qui détient le pouvoir. Elle ressent le besoin d’avoir un pouvoir sur son mari dont il ne sait rien.»
Mais ce sont peut-être les dialogues, irrévérencieux et crus, qui emportent la mise mais que la décence empêche de citer… Il faut voir Helen et Sam, en compagnie de leur fidèle et inénarrable duo de tueuses lesbiennes, s’écharper sur la playlist à écouter dans l’auto alors qu’ils partent en mission. Ou assister à la déclaration d’amour que se font - enfin -ces dernières dans le feu de l’action. Jubilatoire !


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