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« Bismillah c’est les ténèbres » : l’infiltration raciste de policiers parmi les lycéens est devenue un mème

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France 10/10/2026 19:11 Actualisé le 10/10/2026 20:13

Des policiers ont tenté d’infiltrer des groupes d’organisation de blocus sur Snapchat. Leurs messages stéréotypés ont donné naissance à des parodies, et une phrase déjà culte.

« Bismillah c’est les ténèbres. » Depuis quelques jours, au milieu de la colère des lycéens, cette phrase est partout, en manifestation comme sur les réseaux sociaux. Et elle vient de la police. On vous explique comment les tentatives d’infiltration racistes de policiers dans les blocus lycéens se sont transformées en mème.

Tout a commencé par des messages envoyés sur Snapchat. Des fonctionnaires ont essayé de se faire passer pour des jeunes afin de rejoindre des groupes sur lesquels s’organisent des blocus. Pour ne pas se faire démasquer, ils ont voulu adopter les codes et le vocabulaire de la Gen Z, mais sans grand succès.

Résultat : très rapidement, ces messages tout à fait caricaturaux ont circulé sur les réseaux, et des centaines de parodie ont vu le jour.

Car en plus d’être risibles, ces tentatives d’infiltrations ratées montrent surtout les biais racistes des policiers en question. Prénoms maghrébins comme pseudos, drapeaux de l’Algérie entre chaque phrase et mots arabes mélangés au français au mépris du sens… Les messages sous-entendent que pour les indics, les casseurs des blocus sont des jeunes racisés.

La naissance d’une référence

Parmi les captures d’écran Snapchat, une a particulièrement circulé sur Internet. Un certain Mamadou, en quête d’informations sur un blocus, y écrit : « Bismillah c’est les ténèbres ». Si on traduit l’expression arabe, ça donne « au nom de Dieu c’est les ténèbres », qui ne veut pas dire grand-chose.

La phrase est rapidement devenue une référence collective sur les réseaux. Et depuis quelques jours, on la voit en manifestation sur de nombreuses pancartes. Le Nouveau parti anticapitaliste en a carrément fait une affiche pour conseiller aux lycéens comment agir en cas de garde à vue. Et un jeune a même réussi à faire rire un policier en lui lançant cette phrase déjà culte.

Mais l’eurodéputé et porte-parole du Rassemblement National Matthieu Valet n’avait, lui, pas la référence. Il a pris très au sérieux une parodie de nos confrères de L’Humanité caricaturant un policier infiltré, allant jusqu’à accuser le journal de propager des « fake news » en passant totalement à côté du message humoristique. Sa mécompréhension de la vidéo lui a valu de nombreuses moqueries sur les réseaux et Matthieu Valet, lui-même ancien commissaire de police, a fini par supprimer son tweet. La preuve que les codes de la Gen Z comme le second degré ne sont pas forcément accessibles à tous.

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