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L'acte V de la mobilisation des lycéens a réuni de nombreux jeunes, arborant de nombreux slogans. Et notamment, celui-ci : Bismillah c'est les ténèbres.
Sur le même thèmeManifestations lycéennesPolicePar Léa Giandomenico Publié le 13 oct. 2026 à 22h06
Si vous trainez un peu sur les réseaux sociaux, ou dans les cortèges de manifestations de lycéens (rejoints par les personnels de l’éducation nationale et de l’hôpital public, notamment), vous avez sans doute vu passer ce slogan : « Bismillah c’est les ténèbres ! »
« Totalement cramé »
Incompréhensible pour quelqu’un qui n’aurait pas suivi l’actualité ces derniers temps, ce slogan a pourtant une explication simple : les jeunes se moquent des forces de l’ordre.
« Les flics essaient de s’infiltrer dans les groupes (de messagerie en ligne, ndlr) pour demander des informations sur les blocus et les manifestations », glisse une lycéenne à actu.fr, lors d’une manifestation à Rennes.
Donc c'est pour se moquer de ça, de leur infiltration, car les jeunes ne parlent pas comme ça et c'est totalement cramé !
Des policiers sous couverture sur Snapchat
Depuis quelques jours, des lycéens affirment que des policiers s’infiltreraient dans des groupes de messagerie Snapchat pour demander des informations sur les lieux de blocus et les personnes présentes, en essayant de se faire passer pour des lycéens. Et donc, en parlant comme eux, selon leur propre interprétation.
Le message en question a été largement relayé sur la toile. Un certain Mamadou aurait écrit : « Salut ! Bismillah c’est les ténèbres. C’est quand le blocus, wallah mon frangin. On va tout casser, mets-moi dans le groupe blocus Aichek », est-il écrit sur le réseau social au fantôme jaune, avec un drapeau algérien pour ponctuer le message. Dans d’autres messages, on peut même lire : “On va bien manigancer avec ma djellaba”.
Problème pour les policiers, s’ils sont bel et bien infiltrés, personne, parmi la Gen Z, ne dit Bismillah c’est les ténèbres ! Et ça fait beaucoup rire les jeunes en question.
Connotation raciste
Ce qui les fait moins rire en revanche, c’est le côté stigmatisant de ces messages, voire même carrément raciste. Car utiliser des mots arabes (et un prénom africain) pour se faire passer pour des jeunes manifestants renvoie à l’idée que les blocus (et les débordements en général) sont causés par des lycéens issus de l’immigration.
Côté lexique, on peut vous dire que Bismillah, en arabe, cela veut dire « Au nom d’Allah ». Pas possible de vous dire d’où sort ce « c’est les ténèbres », en revanche : ça ne veut rien dire. Et cela ne fait qu’accentuer le côté grossier de l’infiltration en question.
La punchline a même été reprise sur les réseaux sociaux, façon meme viral. Et les parodies imitant les policiers sous infiltration fleurissent sur les réseaux sociaux.
Bref, il n’a pas fallu beaucoup de temps aux lycéens mobilisés pour démasquer les policiers sous couverture. Et reprendre la punchline en manif’ comme un slogan de ralliement.
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