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Après cinq années de régime autoritaire, la junte a organisé des élections législatives en décembre et janvier, présentées comme un retour à la démocratie et une chance de réconciliation.
Le chef de la junte birmane, Min Aung Hlaing, a prêté serment en tant que président vendredi, prolongeant sa mainmise sur le pays, dans un rôle civil, cinq ans après avoir pris le pouvoir par un coup d'État. Le dirigeant de 69 ans s'est solennellement engagé lors d'une cérémonie au Parlement à «continuer à faire prospérer les principes éternels de justice, de liberté et d'égalité».
«Je me consacrerai pleinement au service de la République de l'Union de Birmanie», a-t-il ajouté, entouré de ses deux vice-présidents, à l'aube de son mandat présidentiel de cinq ans. Alors chef des forces armées, Min Aung Hlaing a renversé en 2021 le gouvernement élu de la prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, emprisonnée depuis, et plongé le pays dans une guerre civile. Après cinq années de régime autoritaire, sa junte a organisé des élections législatives en décembre et janvier, présentées comme un retour à la démocratie et une chance de réconciliation.
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Le scrutin n'a cependant pas pu se tenir dans de vastes zones contrôlées par des rebelles et a abouti à une victoire écrasante, sans opposition, des partis pro-militaires, qui l'ont porté à la présidence. De nombreux pays et observateurs internationaux ont dénoncé une manœuvre destinée à un transfert de pouvoir de l'armée à elle-même, sous un déguisement civil.
Plus des deux tiers des 30 ministres du nouveau gouvernement, également investis vendredi, sont des militaires retraités ou encore en service, et une dizaine d'entre eux ont été visés par des sanctions internationales. Min Aung Hlaing a lui démissionné de son poste de général en chef pour pouvoir devenir président, juste avant la fête de Thingyan, qui débute lundi et célèbre le Nouvel An par des cérémonies de jets d'eau symbolisant le renouveau et la régénération.
Relations diplomatiques
Selon des analystes, les élections étaient en partie destinées à donner une façade de légitimité au régime afin d'améliorer les relations diplomatiques de la Birmanie et attirer davantage d'investissements étrangers. Des représentants des pays voisins, la Chine, l'Inde et la Thaïlande, ont assisté à la cérémonie d'investiture dans la capitale, Naypyidaw, placée sous haute sécurité. Selon les médias d'État birmans, le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul a envoyé cette semaine un message de félicitations, affirmant que les relations entre les deux pays «se renforceraient encore davantage» sous la «direction compétente» de Min Aung Hlaing.
La Chine a été de son côté le principal soutien des élections législatives, à l'occasion desquelles ont été relancées des discussions sur des projets d'infrastructures soutenus par Pékin longtemps bloqués par la guerre. L'armée a dirigé la Birmanie pendant la majeure partie de son histoire depuis son indépendance en 1948, se présentant comme la seule force capable de lui garantir stabilité et prospérité. Les généraux ont desserré leur emprise durant une décennie d'interlude démocratique, entre 2011 et 2021, marquée par une vague de réformes et d'optimisme dans le sillage de la très populaire Aung San Suu Kyi.
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Mais les militaires ont repris le pouvoir au prétexte de fraudes électorales qui n'ont jamais été vérifiées. Le pays est déchiré par une guerre civile depuis le coup d'État de 2021, des militants pro?démocratie ayant pris les armes contre la junte, aux côtés de mouvements armés issus de minorités ethniques longtemps hostiles au pouvoir central. L'ONU estime que plus de 3,7 millions de personnes ont été déplacées en raison du conflit et que près de la moitié des 50 millions de Birmans vivent sous le seuil de pauvreté.


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