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Sur fond de flambée du carburant, la compagnie britannique appelle les voyageurs à réserver leurs billets « le plus tôt possible ». Un conseil présenté comme une mise en garde tarifaire, mais qui revient aussi à accélérer les achats.
Passer la publicité Passer la publicitéLe secteur aérien traverse une zone de fortes turbulences, conséquence directe de la flambée des prix du pétrole. Si, à ce stade, les stratégies de couverture carburant amortissent encore une partie du choc - «Nous ne rencontrons aucun problème d’approvisionnement», assure Kenton Jarvis, directeur général d’easyJet -, les effets se font déjà sentir chez certains transporteurs.
De son côté, la compagnie scandinave SAS annonçait mardi l’annulation d’au moins 1000 vols en avril, confrontée à une hausse brutale de ses coûts : «le prix du kérosène a doublé en dix jours», soulignait son directeur général Anko van der Werff. D’autres transporteurs ont choisi des stratégies différentes. Certaines compagnies, dont Air France-KLM, Cathay Pacific ou Qantas, ont relevé leurs tarifs ou ajusté leurs surtaxes carburant pour compenser l’augmentation.
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Vers une hausse inévitable des prix des billets… et un appel à acheter plus tôt
Si la low cost britannique se veut rassurante, Kenton Jarvis rappelle toutefois que cette stabilité reste temporaire. «Nous restons évidemment en contact avec tous les aéroports et nos fournisseurs, et cela ne pose pas de problème pour l’instant. Mais tout dépendra, bien sûr, de la durée de cette situation».
Un constat partagé par d’autres acteurs du secteur, à commencer par Ryanair. «Si le détroit d’Ormuz reste fermé, les prix du pétrole resteront élevés et je pense que cela se répercutera inévitablement sur la hausse des tarifs», alerte Michael O’Leary, son directeur général. À mesure que les contrats de couverture arriveront à échéance, les compagnies n’auront d’autres choix que de répercuter les coûts sur les passagers. «Il faudra réserver le plus tôt possible, car la hausse finira par se répercuter à un moment donné», conclut Kenton Jarvis.
Faut-il craindre une pénurie de kérosène dans l’aviation ?
Bien que l’envolée des cours pèse sur les compagnies et commence à se répercuter sur certains billets, une crise d’approvisionnement massive dans le secteur aérien n’est toutefois pas attendue à court terme. Carsten Spohr, directeur général du groupe Lufthansa, rappelle que le transport aérien ne représente qu’une part marginale de la consommation énergétique mondiale. Dans des propos rapportés par The Independent, il affirme qu’«avant que les compagnies aériennes ne soient à court de carburant, de nombreux autres secteurs de l’économie mondiale seront confrontés à une pénurie de carburant», soulignant que «nous verrons des stations-service à court de carburant avant que l’aviation ne soit touchée».
De quoi relativiser, à ce stade, le scénario d’une pénurie pour le transport aérien. Reste que l’appel d’easyJet à réserver «le plus tôt possible» tombe à point nommé : fondé sur une tension bien réelle sur les coûts, il relève aussi d’un réflexe commercial classique, consistant à transformer la crainte d’une hausse future en achat immédiat.
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