Sur l’écran, des papillons de synthèse tourbillonnent: le kitsch de l’époque. Nous sommes en 2008 sur le plateau des Victoires de la musique. Entre Christophe Maé et Vanessa Paradis, Yael Naim, tout juste 30 ans dans sa robe blanche à volants, vient interpréter le tube qui a déjà tout gagné: New Soul. Pas besoin de décrire le piano sautillant, la mélodie enfantine, les «lalala» du refrain où il est question d’une «nouvelle âme» qui a tout à apprendre – ils sont gravés dans notre disque dur collectif. Sans le savoir, la Franco-Israélienne livrait alors la bande-son d’un monde qui, vu d’ici, nous semble à des années-lumière.
On y repense dans le lobby de l’hôtel genevois où on l’attend. Près de vingt ans ont passé et la folkeuse candide est devenue femme d’entreprise. Qui arrive à la bourre, téléphone en main, ordinateur sous le bras, répond à un message urgent en s’excusant. Il est question de matériel et du salaire des musiciens. Yael Naim entame une grande tournée et elle la coproduit.


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