Un micro enregistre le bruit du Rhône. Sur la berge traîne une vieille voiture de police. Dans la région de Sion, ils sont une vingtaine à s’affairer sous un pont qui enjambe le fleuve. Beaucoup ont les yeux sur des écrans ou des casques sur les oreilles. Ils tournent le début de la scène 6 du long métrage de Tschugger, ou «flic» en dialecte. La suite d’une série devenue phénomène en Suisse alémanique. Produite par la SRF, Sky et la société zurichoise Shining Film depuis 2021, elle a été diffusée en Allemagne et en Autriche. Elle se décline en quatre saisons qui racontent comment deux policiers haut-valaisans désœuvrés sauvent le canton, puis le monde, en empêchant la destruction d’un barrage et le lancement d’un missile nucléaire. Coscénariste et coréalisateur, David Constantin tient aussi le rôle principal, un moustachu surnommé «Bax» et qui doit beaucoup à Starsky et Hutch. Après une retouche maquillage, vêtu d’un uniforme au style rétro, il reprend sa place, se fige, debout face à deux caméras.
Scène 6. Clap! Le coup part tout seul. Frappé par un coup de taser accidentel lancé par son coéquipier Pirmin, Bax chute lourdement. Au sol, il convulse. Pause. Après discussion, la lumière doit être retravaillée. Nouvelle prise. Avec son pistolet à impulsions, Pirmin électrocute Bax une deuxième fois. Puis une troisième. Un avion passe. Il faudra une nouvelle prise. La cinquième sera la bonne. Applaudissements. Couvert de poussière, les dards et les câbles électriques du taser collés au visage, David Constantin annonce un apéro. Il est 17h ce jeudi et c’est la pause de la mi-journée. Le tournage se poursuivra durant la soirée. «Nous devenons de plus en plus professionnels avec les années. L’ambiance paraît décontractée mais l’organisation est très militaire», glisse le réalisateur.


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