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Avec la fouille de décharges au Manitoba, la réconciliation progresse, mais reste fragile

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

Au Manitoba, l’année marquée par le rapatriement des restes de deux femmes autochtones assassinées et par le lancement de nouvelles fouilles dans des sites d’enfouissement a mis en lumière les avancées, mais aussi les limites des efforts de réconciliation, selon les familles concernées.

Melissa Robinson, dont la cousine Morgan Harris faisait partie des victimes, dit ressentir aujourd’hui une certaine paix depuis la fin des recherches menées au dépotoir de Prairie Green, près de Winnipeg.

Quand on parle de réconciliation, c’est exactement ça : des gestes derrière les mots, pas seulement des paroles vides.

Elle reconnaît un changement dans la relation de sa famille avec la police, après une période de fortes tensions lorsque les autorités avaient initialement refusé de fouiller le site.

Selon elle, un lien de confiance s’est progressivement établi avec le nouveau chef du Service de police de Winnipeg, Gene Bowers, qu’elle décrit comme à l’écoute et engagé auprès des familles.

Pour Donna Bartlett, grand-mère de Marcedes Myran, dont des restes partiels ont également été retrouvés lors des fouilles, cette découverte a apporté une forme de conclusion longtemps attendue, malgré la douleur.

 Portrait de Donna Bartlett

Les restes partiels de Marcedes Myran, petite-fille de Donna Bartlett, ont été retrouvés cette année lors d'une fouille dans une décharge de la région de Winnipeg (Photo d'archives).

Photo : Radio-Canada / Rudy Gauer/CBC

Elle demeure toutefois prudente quant à la portée réelle de ces démarches sur la réconciliation.

J’espère que ça a changé quelque chose. Mais on parle beaucoup, et rien ne se concrétise.

Morgan Harris, 39 ans, et Marcedes Myran, 26 ans, toutes deux originaires de la Première Nation de Long Plain, faisaient partie des quatre femmes assassinées en 2022 par Jeremy Skibicki. Les deux autres victimes sont Rebecca Contois, 24 ans, membre de la Première Nation d’O-Chi-Chak-Ko-Sipi, et d’Ashlee Shingoose, 30 ans, originaire de St Theresa Point Anisininew Nation, dont l’identité n’a été confirmée que cette année.

Jeremy Skibicki a été reconnu coupable de meurtre au premier degré en 2024 et condamné à l’emprisonnement à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

Des restes partiels de Rebecca Contois ont été retrouvés près de l’appartement de l’accusé et à la décharge du chemin Brady, à Winnipeg. Les recherches pour retrouver les restes d’Ashlee Shingoose ont récemment commencé à cet endroit.

Ces démarches ont ravivé les appels à fouiller de nouveau cet endroit pour retrouver les restes de Tanya Nepinak, disparue en 2011. Une recherche policière menée l’année suivante n’avait rien donné. La province a depuis annoncé son intention de lancer de nouvelles fouilles après la fin des recherches actuelles.

Espoir fragile et blessures persistantes

Pour les familles dont les proches n’ont toujours pas été retrouvées, les annonces de rapatriement ont été vécues avec des émotions contrastées.

Albert Shingoose, père d’Ashlee, dit avoir ressenti à la fois de la joie pour les autres familles et une profonde douleur. Installé à Winnipeg pour se rapprocher des opérations, il affirme placer sa confiance au milieu, ni entièrement acquise ni totalement absente.

Ils me disent qu’ils n’arrêteront pas tant qu’ils ne l’auront pas trouvée. J’espère qu’ils tiendront parole.

De son côté, Sue Caribou, tante de Tanya Nepinak, affirme s’être sentie à la fois reconnaissante et profondément blessée. Elle estime que sa nièce n’a pas bénéficié du même traitement que les victimes de meurtres plus récentes. Tant que ses restes ne seront pas retrouvés, aucune réconciliation ne sera possible pour sa famille, dit-elle.

Portrait de Sue Caribou

La nièce de Sue Caribou, Tanya Nepinak, âgée de 31 ans, a été vue pour la dernière fois en 2011. La police a mené des recherches pendant six jours l'année suivante pour retrouver sa dépouille, mais sans succès. La province a depuis annoncé son intention de rechercher la dépouille de Tanya Nepinak une fois les recherches pour Ashlee Shingoose terminées.

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik/CBC

Les proches des victimes espèrent que ces recherches mèneront à des changements durables, notamment pour mieux protéger les femmes autochtones vulnérables, afin que plus aucune famille n’ait à se battre pour ramener un être cher à la maison.

Avec les informations de Caitlyn Gowriluk

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