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Le maire UDR a fait capoter l’organisation de plusieurs épreuves dans sa ville. Les pertes économiques se chiffrent à plusieurs centaines de milliers d’euros.

THIERRY CARPICO / Photo12 via AFP
Éric Ciotti en avril 2026 à Nice.
EN BREF • La carte des sites des Jeux olympiques d’hiver 2030 dans les Alpes françaises acte la disparition de Nice.
• Élu en mars, Éric Ciotti a refusé d’accueillir les épreuves de hockey dans le stade de foot entraînant un déport de toutes les compétitions et de la cérémonie de clôture vers Lyon.
• Le maire de Nice et le président de la région, Renaud Muselier sont lancés dans une guerre politique sur les responsabilités et le coût de cette décision.
Une occasion (en or) loupée de peu. À l’hiver 2030, pour les Jeux olympiques organisés en France, Nice aurait pu être la capitale mondiale des sports de glace, celle vers qui les regards de la planète entière se seraient tournés, au centre de toute l’attention médiatique et populaire.
La cinquième ville du pays devait accueillir des disciplines très suivies comme le hockey sur glace ou le patinage artistique. Le principal village médias aurait dû y être installé et la cérémonie de clôture était prévue sur la Promenade des Anglais. Selon certains observateurs, il n’aurait d’ailleurs pas été exagéré de baptiser ces Jeux Nice-2030, tant la Cité des anges était censée être l’épicentre de la compétition. « Nice devait être le cœur battant des Jeux », insistait Renaud Muselier, le président de la région Paca, jeudi.
Ciotti n’a jamais voulu du hockey à l’Allianz Riviera
Mais patatras au regard de la carte des sites qui sera annoncée ce vendredi 19 juin. Le refus du nouveau maire, Éric Ciotti, élu en mars, d’accueillir les tournois de hockey dans une patinoire éphémère installée dans le stade de l’Allianz Riviera a finalement conduit au déménagement de toutes les épreuves de glace à Lyon. Il a ensuite eu beau jeu de s’offusquer, le mal était fait. « Nous n’aurons pas ces Jeux, parce qu’il y a eu de la manipulation, de la mauvaise foi, des intérêts financiers qui se sont mobilisés, des puissances de l’argent qui ont voulu autre chose », avait dénoncé l’élu d’extrême droite le 29 mai.
Depuis, Éric Ciotti ne retient plus les coups contre les responsables politiques nationaux, qu’il accuse d’avoir privé Nice de ces épreuves car son étiquette politique ne leur convenait pas. Ce qu’aucun fait n’accrédite. Il fustige ainsi « une malveillance au sommet de l’État » et « des arrière-pensées politiciennes », promettant de lancer une commission d’enquête sur le sujet à l’Assemblée nationale à l’automne.
En face, Renaud Muselier a chiffré les pertes. Nice va, selon lui, passer à côté de plus de 350 000 visiteurs, qui auraient fait vivre le commerce local (restauration, hôtellerie…), et de près de 300 millions d’euros d’investissements extérieurs. En tout, les pertes économiques directes et indirectes pour le territoire s’élèvent entre 800 millions et 1 milliard d’euros
La guerre Ciotti-Muselier vire à la « comédia dell’arte »
Le président de la région Sud déplore aussi que des infrastructures importantes, comme la future gare multimodale de l’aéroport, soit lésée par ce report, le ministre des Transports Philippe Tabarot ayant laissé entendre que ce n’était plus une priorité.
Dans un communiqué commun, plusieurs acteurs économiques locaux pointent les conséquences « significatives » du déménagement, craignant une perte d’activité importante. Ce que contrebalance (un peu) le président de la section locale de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) Éric Abihssira, qui estime que les Jeux olympiques restent « un épiphénomène » pour le tourisme, Nice étant l’une des villes les plus touristiques de France.
Éric Ciotti ironise sur les chiffres présentés par Renaud Muselier, qui relèvent selon lui « de la comédia dell’arte ». Et promet que les 150 millions d’euros annoncés par la ville, la métropole et le département pour financer les Jeux olympiques seraient utilisés pour rénover et moderniser les équipements sportifs du quotidien. Ainsi, une patinoire et un Palais des sports devraient être construits au sein de l’actuel Palais des expositions. Mais Renaud Muselier n’en démord pas : « On a mis cinq ans à construire ce dossier et Ciotti l’a détruit en deux mois ». Les batailles politiques ne sont jamais très loin.


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