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Celine Tsoi et Charles Mock se sont rencontrés il y a deux ans en Californie, alors qu'elle avait 23 ans et lui 27. Huit mois plus tard, ils étaient fiancés. Très vite, leurs amis leur ont posé la question sensible: «Vous allez faire un contrat prénuptial?», rapporte le couple à la BBC.
«Il peut se passer beaucoup de choses dans un mariage et il vaut mieux en discuter tant qu'on s'aime encore plutôt que lorsque les choses tournent mal et qu'on a envie de se venger», explique Celine.
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Autrefois réservé aux personnes riches et aux célébrités, le contrat prénuptial séduit aujourd'hui de nombreux jeunes couples. Ils estiment judicieux de déterminer en avance la manière dont les biens seront partagés en cas de séparation. Charles, infirmier, gagne plus que Celine, qui est doctorante mais avait des économies. Le couple a néanmoins tenu à aborder ces questions financières dès le départ. Celine a d'ailleurs été particulièrement touchée qu'il souhaite inscrire qu'elle garde la maison en cas de séparation. Rien que cette conversation «a permis de voir qui est vraiment la personne que l'on va épouser», souligne-t-elle.
Une tendance en hausse des deux côtés de l'Atlantique
Plus de la moitié des Américains fiancés ou mariés de moins de 45 ans déclarent aujourd'hui avoir signé un contrat de mariage, selon un récent sondage Harris pour Bloomberg News. Au Royaume-Uni, c'est environ un couple sur dix. L'évolution législative tend vers une plus grande reconnaissance du contrat prénuptial. À Londres, l'avocat Mark Gilmartin observe une forte hausse de la demande depuis dix-huit mois.
Le cliché du milliardaire épousant une serveuse a peu à peu cédé la place à une nouvelle clientèle: les jeunes entrepreneurs et influenceurs. «Il s'agit de protéger les fruits de ce qui va advenir, plutôt que ce qui existe déjà», résume Mark Gilmartin. Chez les jeunes couples, la tendance est également à la protection de l'héritage familial.
«Je trouve ça juste»
C'est le cas de Becca Gibson, qui épousera dans quelques jours Dave Howells. Son futur mari gagne environ trois fois son salaire. Mais Becca, qui héritera un jour d'un patrimoine immobilier important, a souhaité se protéger. En cas de séparation, chacun repartira avec ce qu'il possédait avant l'union. «Ça ne m'avantage pas vraiment, mais je trouve ça juste, assure-t-elle. C'est rassurant de savoir que, si quelque chose devait arriver, je pourrais simplement reprendre ma vie d'avant.»
Selon les avocats, la tendance à la conclusion d'un contrat prénuptial est également motivée par la volonté d'éviter de revivre la douleur d'une séparation difficile, comme celle liée à une rupture passée ou au divorce de ses parents. En parallèle, les contrats prénuptiaux sont devenus plus accessibles, portés par l'essor de plateformes en ligne qui allient rapidité et moindres frais.
Aujourd'hui, les couples se marient également de plus en plus tard. On peut déjà avoir monté une entreprise ou acheté un logement lors des fiançailles, souligne Julia Rodgers, cofondatrice de la plateforme américaine spécialisée dans les contrats de mariage HelloPrenup. Les époux ont donc plus à perdre en cas de divorce. La perspective d'héritages familiaux à venir joue également un rôle: souvent les parents poussent à sécuriser ces legs.
Longtemps critiqués pour avoir limité les droits des femmes, les contrats de mariage ont depuis évolué. Julie Rodgers y voit aujourd'hui un outil permettant aux femmes de clarifier leurs droits dès le départ. «Nous voulons nous assurer d'avoir des discussions sincères, franches et transparentes sur nos objectifs de vie, nos finances, ainsi que sur les rôles et les responsabilités au sein du foyer, afin de pouvoir vivre un mariage long et heureux et de ne pas nous retrouver dans la situation que nous avons connue chez nos parents», résume-t-elle.





























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