La hausse des prix des carburants incite les Français à revoir leurs habitudes de déplacement. Le covoiturage se développe, tant sur les trajets longs que quotidiens.

Delphine Bancaud - Aujourd'hui à 06:30 - Temps de lecture :

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Alors que les prix à la pompe continuent de flamber, les automobilistes cherchent des solutions pour alléger leur budget transport. Mardi, le gazole s’achetait en moyenne à 2,07 euros le litre (+20 % depuis le début de la guerre au Moyen-Orient), tandis que le SP95-E10 s’affichait à 1,91 euro le litre en moyenne (+11 %) et le SP98 à 1,99 euro le litre (+de 9 %). Et la réunion entre le gouvernement et les distributeurs jeudi dernier n’a pas débouché sur un encadrement des prix.

Face à ce surcoût, de plus en plus de Français se convertissent au covoiturage. « Ils avaient besoin de réaliser des économies tout de suite sur leurs déplacements. Résultats : la semaine du 2 mars, on a enregistré 70 000 inscriptions sur le site contre 40 000 à la même période l’an dernier. Dans le même temps, le nombre de places proposées dans les voitures a bondi les 20 % », indique Clémence Perrard, porte-parole de BlaBlaCar. Une dynamique qui se poursuit, même si la progression ralentit.

Pas d’inflation sur les prix proposés

Sur les longues distances, les économies réalisées sont loin d’être négligeables. En moyenne, les covoitureurs économisent environ 16 euros par passager. « Sur un trajet Paris-Lille, si on prend deux passagers, on économise environ 30 euros sur un total de 45 euros (carburant et péage) », précise Clémence Perrard. Pour fixer leurs tarifs, les conducteurs peuvent s’appuyer sur les prix conseillés par la plateforme. « Pour l’instant, nous n’avons pas relevé les fourchettes, et nous ne constatons pas d’inflation des prix proposés », ajoute-t-elle.

Autre tendance : l’augmentation des covoitureurs du quotidien qui parcourent des petites distances (en moyenne 22 kilomètres), généralement de leur domicile au travail. Un enjeu de taille, alors que 74 % des Français se rendent encore au travail en voiture, selon le ministère de la Transition écologique. « Entre le 5 et le 15 mars, nous avons observé une hausse de 25 % des nouveaux inscrits et de 30 % des trajets réalisés par rapport à la même période l’an dernier », constate Victor Arnaud, directeur impact chez Karos, spécialisée dans les trajets domicile-travail. Et ceux qui covoituraient déjà pour aller au boulot le font désormais plus fréquemment. « Au début de la guerre en Ukraine en 2022, la hausse des prix à la pompe avait marqué les Français. Ils sont désormais plus attentifs aux conséquences de la géopolitique sur les prix de l’énergie », analyse Victor Arnaud.

« L’objectif n’est pas de gagner de l’argent »

Mêmes observations chez BlaBlaCar Daily : « Depuis le 2 mars dernier, les inscriptions quotidiennes ont augmenté de 30 % par rapport aux semaines précédentes. Et la semaine du 9 mars a même été notre pic d’activité depuis le début de l’année, avec plus de 1 700 nouveaux covoitureurs ayant réalisé leur premier trajet », constate Clémence Perrard. Et l’économie réalisée peut être substantielle : « Un conducteur peut gagner entre 1,50 et trois euros par passager. Et s’il véhicule deux passagers matin et soir, il peut gagner jusqu‘à 120 euros en moyenne par mois », informe Clémence Perrard. « L’objectif n’est pas de gagner de l’argent. Mais de couvrir à peu près le prix de l’essence », souligne Victor Arnaud.

Depuis le début de la guerre, les plateformes BlaBlaCar Daily et Karos sont aussi plus fréquemment contactées par des entreprises ou des collectivités qui veulent monter une solution de covoiturage pour leurs salariés. L’idée étant de subventionner la pratique pour les orienter dans cette voie. Une tendance qui devrait perdurer si la hausse des prix de l’énergie se prolonge.

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