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Par Anne Vigna
Publié aujourd’hui à 05h30Article réservé aux abonnés
ReportageEn réponse au durcissement de la législation anti-avortement dans cet Etat conservateur, une ONG leur propose des vols gratuits vers des Etats voisins. Elle accompagne également les candidats à des transitions de genre.
Prendre l’avion pour pouvoir avorter est devenu une réalité aux Etats-Unis, alors que 25 millions d’Américaines âgées de 15 à 44 ans vivent dans des Etats où l’interruption volontaire de grossesse est interdite. Depuis que la Cour suprême des Etats-Unis a annulé, en 2022, la protection fédérale du droit à l’avortement en invalidant l’arrêt Roe v. Wade qui datait de 1973, une femme sur trois en âge de procréer doit sortir de son Etat de résidence pour réaliser une IVG en clinique.
D. C. (Clyde), pilote bénévole pour l’organisation Elevated Access, au Nouveau-Mexique, le 29 avril 2026. Face à ces restrictions, qui touchent près d’un quart du pays, le pilote Mike Bonanza a fondé en 2022 l’ONG Elevated Access (Accès aérien aux soins) pour que les femmes contraintes de se déplacer puissent le faire en avion. Le territoire des Etats-Unis étant immense, « un avortement peut impliquer de conduire quatorze heures d’affilée, de faire garder les enfants, de payer l’hôtel », explique le directeur de l’association.
En quatre ans, l’ONG a permis à 3 700 personnes de prendre l’avion pour des avortements ou pour la poursuite d’un traitement de transition de genre, désormais interdit aux mineurs dans plusieurs Etats. Une soixantaine d’organisations défendant le droit à l’IVG font régulièrement appel à leurs services. « Quand l’avortement était encore légal sur tout le territoire des Etats-Unis, je croyais qu’il était accessible. Mais il existait déjà une géographie inégalitaire, en particulier dans le sud et la région du Midwest, où le manque de cliniques obligeait les femmes à voyager », ajoute cet informaticien, qui a été volontaire dans une ONG d’aide à l’accès à l’IVG.
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