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Au Salon national de l’habitation : acheter des portes, des fenêtres… ou une œuvre d’art

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Depuis plus de 70 ans, le Salon national de l’habitation de Toronto est un lieu de rencontre entre particuliers et professionnels de la construction. Mais si la longévité bâtit une réputation, elle peut aussi contribuer à donner une image vieillissante. Afin d’apporter un nouveau souffle à ce rendez-vous annuel, les organisateurs ont invité une dizaine de galeries d’art locales à se joindre aux 500 exposants plus habituels.

Parmi celles-ci, on retrouve des noms connus du milieu artistique local, comme les galeries Liss et Abbozzo. Dans la section où elles sont installées, elles côtoient des photographes individuels sélectionnés par Andrew Zimbel.

L’été dernier, le fils de George S. Zimbel a été approché par Sharon Donaldson, la directrice de l’événement. Celle-ci lui a demandé conseil pour améliorer l'exposition : Pourquoi ne pas faire venir des artistes? lui a répondu celui qui, dans une autre vie, travaillait comme organisateur d’événements.

À l’instar de la plupart des personnes rencontrées pour ce reportage, Andrew Zimbel assure que l’art est une part essentielle de ce qui fait l’âme d’une maison. Son plus grand espoir? Voir les gens sourire chaque matin en apercevant l’œuvre qu’ils ont accrochée dans leur intérieur.

Les différents exposants présentent principalement des photos, mais également quelques peintures. On aperçoit des représentations de Toronto, des images de la nature, mais aussi des pièces plus conceptuelles ou contemporaines. L’espace occupé par le petit groupe aussi singulier qu’hétéroclite est encore mineur comparé à ceux où sont installées les grandes enseignes, mais cette présence témoigne du désir de faire évoluer le salon.

Des photos de Marilyn Monroe accrochées au mur d'un stand au Salon national de l'habitation de Toronto.

Andrew Zimbler vend des œuvres de son père, le photographe Georges S. Zimbler.

Photo : Radio-Canada / Hadrien Volle

Comptez 4000 $ afin d’acquérir une photo originale de Marilyn Monroe et quelques centaines pour une image de la place Nathan-Phillips un soir de fête. Des thèmes célèbres ou du quotidien, mais dont l’expression est quasiment unique.

Je suis dans le métier depuis plus de trente ans, explique Stephen Bulger, président de la galerie du même nom, l’une des plus prestigieuses au pays dans le domaine. Il ajoute : Quand les gens me demandent qui sont mes principaux concurrents, ils s’attendent à ce que je donne le nom d’une autre galerie, mais, en réalité, je joue face à HomeSense et IKEA. En participant à ce salon, il espère toucher des acheteurs qui pourraient ne pas oser lui rendre visite dans sa galerie.

« Plus de fun »

Lorsqu’on s’éloigne de l’îlot artistique, on passe au milieu des concepteurs de fenêtres et de stores, on sent parfois l’odeur du cèdre qui se dégage d’un stand d'ameublement artisanal. Il est aussi fréquent qu’un vendeur de baignoires à remous harangue le visiteur afin d’attirer son attention sur de nouveaux produits.

C’est au milieu de ces allées hétéroclites, en face d’une échoppe tenue par des camelots spécialistes en casseroles antiadhésives, qu’on retrouve Tiffany Pratt. Elle est la première à occuper la fonction de directrice créative dans l’histoire du salon. Joyeuse et volubile, on l’interrompt au milieu d’une série de consultations colorées qu’elle propose aux passants.

« Je veux qu’on ait plus de fun ici, ce salon est trop sérieux », dit-elle dans un grand sourire, pensant que oui, on a besoin de portes et de fenêtres, mais on a aussi besoin d’art! Son souhait serait que les visiteurs aient davantage la liberté d’exprimer qui ils sont vraiment dans leur intérieur!

Portrait de Tiffany Pratt.

Tiffany Pratt a été recrutée comme directrice créative du Salon national de l'habitation de Toronto

Photo : Avec l'autorisation du Salon national de l'habitation de Toronto

Un discours qui fait son chemin et touche déjà quelques grands acteurs du secteur. Dans un coin du salon, on peut visiter une maison-témoin de l’entreprise québécoise Bonneville. À l’intérieur, tout est pensé pour donner l’impression aux hôtes de se sentir chez eux. Quand on pénètre dans cet espace, on pourrait imaginer que les murs seront décorés d'œuvres d’art produites en série. Pourtant, les quelques peintures accrochées sont bien des pièces originales.

Sandra Poirier est designer principale pour Bonneville. Elle explique ce choix par le désir que ses clients ont d’avoir des détails uniques dans ces maisons sélectionnées en catalogue. Pour cette édition, la compagnie a fait appel à des artistes de Montréal et les visiteurs de l’événement peuvent même s’inscrire à un concours afin de gagner la grande œuvre exposée dans le salon-témoin.

Heureux hasard ou témoignage de l’air du temps? Pour le Salon national de l’habitation de Toronto, l’avenir est une toile blanche sur laquelle tout reste à peindre.

Le Salon national de l’habitation de Toronto se déroule jusqu’au 15 mars au Centre Enercare (Toronto).

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