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Il y a cinq ans et demi, Véronique Marseille et son conjoint Dave Robert se lançaient dans un ambitieux « projet de vie » : reprendre le dépanneur Au Petit Castor, dans le quartier Arntfield, à Rouyn-Noranda.
Leur modèle de repreneuriat a été officiellement salué le 15 novembre dernier lorsqu'ils ont remporté le prix Prix Marcel-Baril | Repreneuriat – Relève d’entreprise au Gala Extra de la Chambre de commerce et d’industrie de Rouyn-Noranda.
Ç’a été une énorme émotion. On était vraiment content. C'était important pour nous de faire valoir un beau modèle de repreunariat. Un repreunariat non apparenté en ce qui nous concerne. On a travaillé fort pendant cinq ans et demi et je pense qu'on ne l'a pas volé, souligne la femme d’affaires.

Les motoneigistes apprécient l'offre de station-service, l'hiver venu.
Photo : Radio-Canada / JEAN-MICHEL COTNOIR
Au-delà de l’émotion ressentie lors du gala, pour Véronique Marseille, cette reconnaissance est surtout une occasion de mettre en lumière la beauté de la relève en affaires et la nécessité de faire connaître des exemples réussis de repreunariat.
C'est pas facile de prendre la relève d'une entreprise, mais on peut le faire. On veut démontrer que ça peut être un beau projet de vie, que quelqu'un peut envisager de le faire, de bien le faire, puis de s'amuser là-dedans, expose Mme Marseille.
Les statistiques sont alarmantes. On parle d'un nombre incroyable d'entreprises avec intention de transfert dans les cinq prochaines années au Québec. Donc ça va en prendre des fous comme nous autres pour les reprendre ces entreprises-là!
Ne pas compter ses heures
Le couple a repris les rênes du commerce le 1er avril 2020, après avoir monté un dossier en bonne et due forme pour succéder à la propriétaire qui était en place depuis près de 15 ans.

Véronique Marseille et son conjoint consacrent chacun près de 12 heures par jour à leur commerce.
Photo : Radio-Canada / JEAN-MICHEL COTNOIR
Leur succès repose sur un engagement sans faille. C'est un nombre incroyable d'heures, témoigne Véronique Marseille. Lors de mon discours au gala de la Chambre de commerce, j'ai parlé de 50 000 heures. 50 000 heures, ça veut dire 350 jours par an, 12 heures par jour X 5 ans X 2 fous comme nous autres. C'est ça que ça prend, ça prend beaucoup d'heures, mais c'est un mode de vie!, fait-elle observer.
Même si l’entreprise fonctionnait bien au moment de l'acquisition, le couple a néanmoins entrepris des changements majeurs.
On ne voulait pas tout changer, mais une chose après l'autre, on a fini par tout changer parce qu'on n'avait pas le choix. On a rajeuni beaucoup les équipements, on a voulu valoriser certains produits, on a voulu améliorer l'offre, détaille Véronique Marseille, qui signale qu’un accent majeur a été mis sur l'achat local.
L’adaptation, une clé du succès
La première année du couple en tant que nouveaux propriétaires a été celle de l'adaptation, marquée par les comparaisons de la clientèle avec l’avant.

Le dépanneur offre une vaste sélection de produits de chasse, de pêche et de plein air.
Photo : Radio-Canada / JEAN-MICHEL COTNOIR
Je dirais que pendant un an, on a souvent entendu le mot “avant”. “Avant”, c'était pas là, “avant” c'était pas de même, “avant”, “avant”. On en était presque allergique, ça devenait un mot qu'on aurait aimé bannir, se remémore Mme Marseille.
Or, à force de travail et d’implication, le dépanneur est passé à une autre étape. Maintenant, on le sait c’est quoi la commande des gens qui rentrent chez nous. On les connaît par leur nom, ils nous connaissent par notre nom, ils connaissent tous nos petits castors travaillant, dit-elle en souriant.
L'intégration rapide dans la communauté a aussi été un facteur clé de réussite, selon Véronique Marseille.

Véronique Marseille et Dave Robert souhaitent continuer d'adapter leur offre aux besoins de la clientèle.
Photo : Radio-Canada / JEAN-MICHEL COTNOIR
Elle donne l'exemple concret du comptoir de Postes Canada.
On a su, à un moment donné, que les services de Postes Canada étaient compromis ici à Arntfield, et que le bureau de poste allait fermer. Les gens allaient devoir se déplacer jusqu'à Évain pour aller chercher leur colis. Même si ça s’est beaucoup rajeuni, on a quand même une population qui est vieillissante à Arntfield. Il reste quand même des personnes pour qui un déplacement jusqu'à Évain, ce n’est pas toujours évident pour aller chercher un colis. Donc, on a approché Postes Canada, et on a développé ce service-là, dit-elle fièrement.
Pour nous, être entrepreneur, ce n’est pas juste gérer une business, pitonner des chiffres sur une calculatrice, ouvrir la porte le matin et la refermer le soir. C'est peut-être ces valeurs-là qui ont fait qu'on a eu un transfert qui a été une réussite reconnue dernièrement.
Pour les cinq prochaines années, le couple souhaite continuer dans la même voie, en s'ajustant aux nouvelles réalités. Arrivés en pleine pandémie, ils sont habitués à l'adaptation.

Une vaste gamme de produits de tous les jours se trouve sur les tablettes.
Photo : Radio-Canada / JEAN-MICHEL COTNOIR
Le commerce de détail a encore beaucoup de défis à relever dans les prochaines années. Chaque jour, il faut se réinventer, ce n’est jamais plate. Je ne pense pas qu’on va s’ennuyer pour les cinq prochaines années!, conclut la copropriétaire.


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