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Au moment où s'ouvre la COP17 en Arménie, les pays accusent un retard sur presque tous leurs objectifs de protection de la biodiversité

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Publié le 19 octobre 2026 à 16:15. / Modifié le 19 octobre 2026 à 18:14. 3 min. de lecture

Mieux lutter contre ce qui détruit la nature, les pollutions, la déforestation: près de 200 pays se retrouvent en Arménie à partir de ce lundi pour rattraper leur retard sur leurs objectifs de protection de la biodiversité. Ils doivent aussi trouver les financements nécessaires.

Réunis pour deux semaines à Erevan pour la 17e édition de la COP Biodiversité organisée sous l’égide de l’ONU, leur tâche est compliquée par les difficultés budgétaires et la crise du multilatéralisme.

La Suisse figure parmi les participants de ce sommet et est représentée par la directrice de l’Office fédéral de l’environnement Katrin Schneeberger, a indiqué lundi à Keystone-ATS un porte-parole du Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication.

Lire aussi: La perte de biodiversité ralentit en Suisse mais reste préoccupante, alerte un nouveau rapport

Interrogé dans le «12h30» de la RTS, le directeur de BirdLife Suisse, Raffael Ayé, se montre critique face à l’action de la Confédération. «Au niveau international en 2022, on a compris et accepté qu’on devait faire beaucoup plus en faveur de la biodiversité, mais après au niveau national on coupe les moyens financiers. On ne met toujours pas en œuvre non plus les bases légales qu’on a depuis plusieurs décennies», explique-t-il. Raffael Ayé regrette qu’il existe toujours une «énorme différence entre ce que devrait faire la Suisse et ce qu’elle fait».

Dresser un premier bilan

«Au cours des deux prochaines semaines, notre mission consistera à surmonter les divergences, à parvenir à un consensus et à veiller à ce que la COP17 aboutisse à des résultats», a affirmé lundi le président de la COP17 et ministre arménien de l’environnement Hambardzum Matevosyan, dans un discours lors de la cérémonie d’ouverture de l’événement.

Quatre ans après un engagement ambitieux à avancer sur 23 points clés d’ici la fin de la décennie, la COP17, qui doit attirer jusqu’à 15 000 participants selon les organisateurs, fait figure de point d’étape afin de dresser un premier bilan, qui s’annonce terne.

«Nous devons admettre en toute honnêteté que, collectivement, nous ne sommes pas encore sur la bonne voie», a reconnu vendredi le premier ministre arménien Nikol Pachinian, à l’occasion d’un sommet des chefs d’État et de gouvernements, au cours duquel les dirigeants de premier plan ont surtout été ceux de pays voisins.

Des efforts urgents

Selon un premier bilan de ce cadre mondial appelé «Kunming-Montréal» décidé en 2022 à la COP15 de Montréal, équivalent à l’accord de Paris pour le climat, et dévoilé jeudi, l’ensemble des objectifs est en retard sauf un.

Pourtant les extinctions d’espèces, la dégradation des forêts et des récifs coralliens, et l’aggravation des catastrophes naturelles rendent les efforts des États de plus en plus urgents.

Parmi les 23 cibles figurent la protection des aires terrestres et maritimes, la baisse des subventions pour les activités néfastes à la nature, ainsi que la protection des populations autochtones, en plus d’objectifs financiers.

Publié le 29 octobre 2024 à 15:13. / Modifié le 29 octobre 2024 à 15:49.

L’objectif de cette conférence est de mettre en œuvre les décisions issues de la COP15, afin d’éviter de répéter le fiasco des objectifs d’Aïchi – les précédents engagements internationaux en faveur de la biodiversité.

C’est un peu comme un lendemain de fête, quand on se réveille en ayant mal au crâne. Il y a deux ans, nous avons célébré l’adoption de l’accord de Kunming-Montréal. Il s’agit désormais de le concrétiser. Or certains points contentieux avaient été mis de côté lors de la précédente conférence, afin de permettre l’adoption de l’accord.

Eva Spehn, de l’Académie des sciences naturelles SCNAT, qui fait partie de la délégation suisse à la COP16.Pour en savoir plus: La COP16 sur la biodiversité de Cali en cinq questions

«Des milliards de personnes, dont la vie est bouleversée par les conséquences de la perte de biodiversité, comptent sur les progrès qui seront réalisés ici au cours des deux prochaines semaines», a affirmé lundi Astrid Schomaker, responsable de la biodiversité à l’ONU et secrétaire exécutive de la Convention sur la diversité biologique (CDB).

«Il nous faut davantage d’actions, plus de rapidité et plus de volonté», avait déjà exhorté vendredi le patron de l’ONU António Guterres, qui avait la veille regretté que «la guerre contre la nature» continue.

Particulièrement en retard sur les objectifs figurent les subventions aux énergies néfastes pour la planète, dont les énergies fossiles, évaluées à 2600 milliards de dollars par an.

«Subventionner les énergies fossiles revient à subventionner le suicide», a fustigé le secrétaire général de l’ONU au sujet de ces subventions, supposées diminuer d’au moins 500 milliards par an d’ici 2030, en vertu de l’accord international.

Déficit de financement

Également dans le rouge, les engagements financiers, en particulier les objectifs d’aide des pays riches vers les pays en développement. Ce sujet devrait occuper un rôle central lors du sommet qui précède de trois semaines la COP31 sur le climat, en Turquie.

«Il subsiste un énorme déficit de financement mondial en matière de biodiversité», a relevé vendredi le ministre chinois de l’Environnement Huang Runqiu présent à Erevan, tandis que les États développés - Union européenne en tête - tentent de faire participer davantage Pékin et les grands pays émergents aux efforts.

Lire aussi: Un sommet en amont de la COP31 aux Fidji pour attirer l'attention internationale sur le Pacifique

Mais ces déficits surviennent à l’heure où les États font face à des difficultés budgétaires très importantes, illustrées par la forte diminution de l’aide publique au développement. Au même moment, le multilatéralisme connaît une crise profonde.

«Le monde n’a pas besoin d’une nouvelle vision […] Ce dont il a besoin, c’est d’actions concrètes», a exhorté vendredi le président du WWF International, Adil Najam, également présent en Arménie.

Un éventuel succès de cet événement sera mesuré «à l’aune de la capacité de la conférence à traduire les engagements politiques en mesures concrètes et en progrès mesurables», a indiqué vendredi à l’AFP Hambardzum Matevosyan.

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