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La jeunesse marocaine, de plus en plus diplômée et connectée, se heurte à la précarité, aux salaires faibles et à un coût de la vie qui interdit l’autonomie. Les jeunes rencontrés par « Le Monde » dans le nord du royaume racontent une même impasse, qui les a poussés à tenter, fin juillet, de gagner l’enclave espagnole à la nage.

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De jeunes migrants marocains sur une plage de Ceuta (Espagne), où ils sont arrivés depuis deux semaines. Le 16 août 2026. De jeunes migrants marocains sur une plage de Ceuta (Espagne), où ils sont arrivés depuis deux semaines. Le 16 août 2026.

Ils ont 19, 27 ou 30 ans. Ils travaillent, étudient, ont parfois des diplômes et des enfants. Mais entre les salaires de misère, le coût du logement, des études, et l’impossibilité de partir légalement, ils ne parviennent plus à imaginer leur vie au Maroc. Fin juillet, deux jours durant, des dizaines de milliers de jeunes Marocains se sont jetés à la mer pour rejoindre, à la nage, l’enclave espagnole de Ceuta, convaincus que l’avenir dans leur pays se résume à un horizon bouché.

A 19 ans, Lina Jouari a déjà connu des journées de travail de douze heures, dans le restaurant asiatique où elle travaillait encore récemment. Pendant un mois et demi, sans aucun jour de repos, pour 100 dirhams (9,30 euros) par jour. Sur les 3 000 dirhams qu’elle percevait à la fin du mois, elle en envoyait 1 000 à son père. « Je mangeais une fois par jour, je buvais des boissons énergisantes pour tenir », raconte-t-elle. Elle pesait alors 39 kilos.

Fin juillet, le restaurant ferme et Lina Jouari se retrouve sans emploi. En attendant de trouver mieux, elle fait la plonge deux heures par jour pour 25 dirhams, un tarif bien en deçà du salaire minimum théorique, fixé à 17,92 dirhams de l’heure. « Je lave à la main une centaine d’assiettes et de plateaux », explique-t-elle en montrant les cicatrices laissées par le tampon abrasif sur ses mains.

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