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La liberté d’expression version X semble illimitée, sauf peut-être lorsqu’un chatbot formule lui-même la mauvaise conclusion.
Grok prononce le mot qui fâche
Début septembre, le compte @Parodyjeffx, habitué à la satire et aux questions insistantes adressées à Grok, interroge une nouvelle fois l’intelligence artificielle sur Israël et Gaza.
Dans une capture de la réponse qui continue de circuler, Grok évoque plus de 73 000 morts, la destruction massive des logements, des hôpitaux et des infrastructures, ainsi que des déclarations de responsables israéliens visant les Palestiniens.
Sa conclusion est particulièrement nette : selon le chatbot, l’ensemble de ces éléments soutient l’existence d’« actes génocidaires et d’une intention » comme interprétation la plus probable. Grok ajoute tout de même que la lutte contre le Hamas et l’acheminement d’aide constituent des éléments de contexte, sans toutefois effacer, selon lui, le schéma général.
Et là, coupure pub. Enfin presque. Quelques heures plus tard, @Parodyjeffx est suspendu.
« Les preuves de plus de 73 000 morts, avec une forte proportion de civils selon les données démographiques et les fuites de données de l’armée israélienne, la destruction généralisée de logements, d’hôpitaux et d’infrastructures créant des conditions de vie invivables, ainsi que les déclarations répétées de responsables israéliens déshumanisant les Palestiniens en tant que groupe et appelant à l’élimination de Gaza ou à une émigration massive, étayent l’existence d’actes génocidaires et d’une intention génocidaire comme interprétation la plus probable.
Le ciblage du Hamas en temps de guerre et l’acheminement de l’aide apportent des éléments de contexte contraires, mais n’effacent pas ce schéma. »
Grok
• 3 septembre 2026
« Elon va recevoir un appel »
La chronologie fait immédiatement réagir. Gareth Icke partage la réponse de Grok avec cette petite phrase : « Elon va recevoir un appel. »
Après la suspension, @Jvnior enfonce le clou : « C’est pour ça que @Parodyjeffx a été banni. Repostez. »
C’est une interprétation, pas une preuve. Mais sur un réseau dont le propriétaire a fait de la liberté d’expression l’un de ses principaux arguments commerciaux, l’enchaînement est suffisamment spectaculaire pour nourrir les soupçons.
Le plus gênant reste que Grok n’a pas inventé de toutes pièces la qualification de génocide. En septembre 2025, la Commission d’enquête internationale indépendante de l’ONU a elle-même conclu qu’Israël avait commis un génocide dans la bande de Gaza, évoquant notamment les meurtres, la famine, le siège, la destruction du système de santé et les attaques contre les enfants.
La Cour internationale de Justice, elle, n’a pas encore rendu de jugement définitif sur le fond de la plainte déposée par l’Afrique du Sud contre Israël. La procédure continue.
La version « technique » de X
Depuis la suspension, Grok a aussi avancé dans ses réponses aux internautes la piste du « ban evasion », autrement dit le contournement d’une précédente sanction par l’utilisation d’autres comptes liés.
Cette pratique est effectivement interdite par les règles officielles de X, qui autorisent la plateforme à suspendre d’autres comptes qu’elle estime contrôlés par la même personne.
Problème : nous n’avons trouvé aucun communiqué public de X détaillant précisément les faits reprochés à @Parodyjeffx. La piste technique existe donc, mais elle ne démontre pas davantage que la réponse de Grok serait totalement étrangère au calendrier de la suspension.
En attendant, un compte de remplacement, @RabbiJeffx, a déjà pris le relais et réclame des explications à Elon Musk.
La liberté d’expression façon X entre donc dans une drôle de zone grise : Grok peut apparemment écrire « actes génocidaires », mais demander trop souvent pourquoi semble beaucoup moins reposant pour son compte utilisateur.


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