Par l’histoire géopolitique européenne, la Suisse et la France ont cheminé longtemps ensemble, au point même de parvenir à créer une entente institutionnelle et culturelle qui fut à maintes reprises saluée par les acteurs publics comme l’exemple abouti de réussite d’une nouvelle ère diplomatique. Au-delà de sa distance critique notamment sur la question de la neutralité, Charles de Gaulle consentit à reconnaître l’apport des citoyens suisses de la résistance à l’occupation nazie qui ne fournit pas moins de 13 compagnons de la libération et 187 médaillés de la résistance. Georges Pompidou qui s’était rallié à l’exercice diplomatique suisse aboutissant aux accords d’Evian, créa les conditions d’une relation riche d’apaisement et de nouveaux échanges. François Mitterrand effectua la première visite officielle en 1983 en Suisse – depuis 1910 – au nom d’une histoire et communauté européennes partagées qu’il ne put toutefois voir se concrétiser par le refus du peuple suisse de l’EEE le 6 décembre 1992. Ainsi, il apparaît bien que les relations franco-suisses de la fin du XXe siècle jusqu’au début du XXIe ont été placées sous le sceau d’une construction d’échanges et partages logiques et rationnels permettant à chacun d’être le partenaire d’une fiabilité constructive et prospective de qualité partagée.
Dans ce domaine précis, le macronisme s’est inscrit dans une continuité historique remarquable de la Ve République en défendant par exemple, une Suisse étroitement associée à l’Union. Lors de sa visite d’Etat de novembre 2023, il affirmait que «l’Union européenne a besoin de la Suisse» et réciproquement, plaidant pour un approfondissement des relations avec Bruxelles. En 2025, Karin Keller-Sutter rappelait doctement que «la Suisse se doit de conserver de bons rapports avec la France».


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