La semaine passée, le National a discuté, lors d’un «débat d’actualité», des conséquences de l’été caniculaire. Les groupes politiques en ont profité pour marquer leur position. Les Vert·e·s se demandaient combien de temps encore le Conseil fédéral allait rester les bras croisés, les radicaux voulaient exploiter l’énergie, adapter les infrastructures et accélérer les procédures, les Vert’libéraux prenaient l’adaptation à la chaleur comme un exercice sportif (titre original de leur interpellation: «Die Schweiz fit machen» – Remettre la Suisse en forme) … Et tandis que le groupe UDC était le seul à ne pas avoir déposé une interpellation sur ce sujet, un de ses députés réclamait la construction de nouvelles routes vers les alpages pour l’acheminement de l’eau.
Le nouveau consensus sur l’urgence de l’adaptation à la chaleur est important. Mais il est aussi dangereux: il risque de faire oublier, premièrement, que nous devons avant tout cesser d’émettre des gaz à effet de serre. Car tant que l’humanité émettra du CO2, le réchauffement se poursuivra, et à un moment donné, aucune adaptation ne sera plus possible. Comment les villages de la vallée du Bhotekoshi, dans l’Himalaya, auraient-ils pu s’adapter à l’effondrement du glacier du Langtang Lirung, ou Blatten à l’effondrement du Birchgletscher?


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