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Life 29/06/2026 16:12
Munis de pancartes et de couvertures de survie, des parents se sont rassemblés devant les écoles partout en France pour appeler à protéger les enfants face à la canicule.

Collectif Faites la briller
Ce lundi 29 juin, des mobilisations ont eu lieu dans une quinzaine de villes pour alerter sur les conditions d’accueil des enfants dans les écoles pendant la canicule.
Ils étaient présents ce lundi 29 juin au matin, aux abords d’écoles partout en France. Parents et enfants, munis de pancartes griffonnées de slogans évocateurs. « Ici, on vient s’instruire, pas cuire », « Arrêtons de cramer l’avenir de nos enfants » ou encore « Vivre, pas survivre ». Munis de couvertures de survie aussi, dont ils se sont coiffés ou même drapés, comme d’une cape. Car cet accessoire est devenu malgré lui l’emblème de l’impréparation de la France face aux chaleurs extrêmes.
Si la canicule depuis a été balayée par les épisodes orageux, la colère, elle, est restée intacte. Depuis une dizaine de jours, moment où les températures ont commencé à grimper, elle anime Renée Greusard, mère de deux enfants, journaliste et chroniqueuse à La Maison des Maternelles. C’est elle qui, avec le journaliste spécialisé dans les enjeux écologiques Thibaut Schepman, est à l’origine de cette mobilisation.
« Je ne comprenais pas que l’on reste là, à rien faire alors qu’à chaque canicule, nos enfants sont obligés d’étudier dans des fournaises et que la seule solution qui nous est proposée, à nous parents, c’est de les garder à la maison, où il fait parfois tout aussi chaud. C’est de la maltraitance institutionnelle », affirme Renée Greusard auprès du HuffPost.
De la colère à l’action
Face à l’inaction des pouvoirs publics, les deux parents et journalistes ont donc décidé de s’organiser. Le 20 juin, ils publient sur Instagram une vidéo dans laquelle ils lancent l’idée d’une « grève du climat » pour mobiliser les parents. Et ça prend. « On a récolté 13 000 “likes”, du jamais vu pour un sujet comme ça », constate Renée Greusard, à qui cet engouement donne de la force. En l’espace de quelques jours, le duo, depuis rejoint par d’autres volontaires, monte la mobilisation « Faites-la briller », en référence aux fameuses couvertures or et argent.
Son objectif ? Après une semaine marquée par une canicule d’une intensité exceptionnelle, qui a conduit à la fermeture de près de 1 800 établissements scolaires, et contraint 8 000 autres à adapter leurs horaires, ils veulent non seulement alerter sur les conditions d’accueil des enfants, mais aussi faire bouger les différents organismes territoriaux – municipalités, départements, régions, État – pour entamer une véritable rénovation thermique des bâtiments.

Collectif Faites la briller
Mobilisation devant une école du 14e arrondissement de Paris.
« Ce sont des revendications qui sont portées par les syndicats depuis des années. Il est temps de les prendre à bras-le-corps », insiste Gabriel Mazzolini, responsable des campagnes citoyennes chez les Amis de la Terre France, et qui a rejoint dès les premiers jours le mouvement « Faites-la briller ».
« Ça me rend dingue qu’on nous dise “buvez de l’eau” alors que la semaine dernière, des enfants vomissaient, faisaient des malaises à cause de la chaleur », ajoute Renée Greusard, qui liste aussi, parmi les revendications de ce mouvement citoyen spontané, « une véritable réduction des émissions de CO2 », et de l’aide aux parents qui doivent concilier travail et garde d’enfants parce que l’école ferme ou qu’il fait trop chaud pour les y envoyer.
Après la canicule, maintenir la pression
De Brest à Montreuil, en passant par Paris, Eaubonne, Nantes ou Valence, parents et enfants ont donc investi les abords des écoles pour scotcher des couvertures de survie aux fenêtres quand elles n’ont pas été peintes au blanc de Meudon. Selon Gabriel Mazzolini, une quinzaine d’actions ont été recensées, partout sur le territoire. « Mais comme il s’agit d’une mobilisation spontanée, il y en a sans doute qui ont eu lieu sans que l’on les ait répertoriées », calcule-t-il.

Collectif Faites la briller
Des enfants qui se préparent à aller manifester devant leur école ce lundi 29 juin 2026.
« C’est une mobilisation joyeuse, rigolote, tout en étant hyperimportante », revendique Renée Greusard, qui alerte sur la nécessité d’y impliquer les enfants. « La gestion de cette canicule, c’est du pur adultisme. On ne les écoute pas, on ne les respecte pas alors qu’on est en train de piétiner leur avenir. »
C’est d’ailleurs pour leur assurer des conditions d’accueil dans les écoles plus confortables qu’elle espère que d’autres familles vont rejoindre le mouvement d’ici la fin de la semaine : « On mise beaucoup sur les groupes WhatsApp de parents, c’est vraiment un super outil pour s’organiser. »

Collectif Faites la briller
Des enfants mobilisés pour des actions dans les écoles contre la canicule, ce lundi 29 juin 2026.
C’est d’ailleurs via ce canal que « Faites-la briller » organise la suite. « Il y aura d’autres actions cette semaine, c’est une certitude, nous assure Gabriel Mazzolini. La question est maintenant de savoir comment les généraliser et mieux organiser la remontée des informations. » Son souhait ? Que le milieu hospitalier, les syndicats de l’éducation et les organisations environnementales rejoignent le mouvement, voire proposent d’autres formes de mobilisation une fois les écoles fermées pour l’été. « J’aimerais aussi que les adultes qui n’ont pas d’enfants soient avec nous pour exprimer leur colère face à cette inertie », abonde Renée Greusard.
Car le temps presse. Non seulement parce que d’autres sujets risquent de balayer l’urgence de faire face aux futures vagues caniculaires. Mais aussi parce que l’élection présidentielle se profile en 2027. « Les températures vont baisser, la question c’est : dans combien de temps on aura oublié ? Ce qu’il faut, c’est que les gens continuent de se saisir du mouvement », martèle Renée Greusard.
Un point de vue que partage Gabriel Mazzolini. « Si l’on veut que la question de la rénovation thermique des bâtiments scolaires s’invite dans le débat politique, il faut être présent sur le terrain dès maintenant. Et les premiers concernés, ce sont les parents. À eux d’imposer ce débat par l’action », conclut-il.


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