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Après l’incendie, le propriétaire en colère du centre équestre de La Plaine veut « porter plainte contre X »

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Le propriétaire du centre Joalland équitation raconte ces terribles heures d’angoisse où il a fallu tout mettre en œuvre pour sauver animaux et bâtiments pendant l’incendie.

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Ici c'est toute ma vie dit ce propriétaire en colère.

« Ici c’est toute ma vie », dit François Pinson-Vincent, le propriétaire du centre Joalland équitation, à La Plaine-sur-Mer, qui a pu sauver chevaux et installation grâce aussi à la solidarité des agriculteurs et des habitants. ©Le Courrier du Pays de Retz

Par Rédaction Courrier du Pays de Retz Publié le 12 juil. 2026 à 21h10

« J’ai eu énormément de chance, j’ai joué à l’Euromillion® ce matin », plaisante, amer, François Pinson-Vincent, le propriétaire du centre Jolland équitation, samedi 11 juillet 2026, lui qui n’a pourtant pas fermé l’œil de la nuit.

Le centre équestre a été sauvé de l’incendie qui s’est déclaré vendredi 10 juillet en début d’après-midi, mais, inquiet en raison d’éventuelles reprises de feu, il a veillé et précise être intervenu deux fois.

Cet entrepreneur paysan est très en colère et égrène les sujets de son mécontentement.

Le feu est-il parti d’un terrain de loisirs ?

L’origine du feu tout d’abord. D’après lui, vu l’endroit où tout a commencé, l’incendie est parti d’un terrain de loisirs, ces terrains sur lesquels en principe aucune construction n’est possible mais qui, avec le temps ont accueilli des cabanons et des résidents qui ne devraient pas y rester, sauf à la journée.

Un mégot ? Un barbecue ? L’avenir le dira peut-être. Le point de départ se situe chemin des Perrières, juste derrière le lieu où il est venu en urgence sortir ses chevaux. Là, il n’y a que des terrains de loisirs.

Versus travaux agricoles

Les paysans avaient terminé leurs travaux depuis deux jours, il n’est donc pas possible de les incriminer.

Il précise d’ailleurs que les agriculteurs respectent des règles. « Je suis agriculteur, j’essaie de faire au plus vite, je commence très tôt pour faire le foin, j’ai ce qu’il faut avec moi en cas de démarrage de feu, on est toujours à trois pour surveiller, on indique l’endroit où on travaille. On essaie de travailler intelligemment », explique-t-il.

Très vite, ce sont des bouteilles de gaz qui ont commencé à sauter, alors que le feu n’avait pas encore atteint le camping de La Renaudière.

Des bouteilles de gaz sur les terrains de loisirs ? « Moi, je vais porter plainte contre X. Vu l’endroit où est parti le feu, ça ne peut que venir d’un terrain de loisirs », assure-t-il.

Les copains d’abord

La deuxième colère de François Pinson-Vincent s’adresse aux pouvoirs publics, et plus particulièrement au Département de Loire-Atlantique qui équipe les casernes. « Les pompiers ont dans leur camion avec 2 000 litres d’eau. Il leur faut quinze à vingt minutes pour se recharger auprès d’une borne incendie. Je les voyais à trois cul à cul à attendre ! »

Il regrette le manque d’équipement des soldats du feu, certaines casernes n’ayant, selon lui, « même pas de camion ».

« On est équipé comme des manches, on paie des impôts on ne sait pas pourquoi, c’est ça qui m’a énervé », clame-t-il avec son franc-parler.

J’ai été sauvé grâce aux copains paysans. Deux tracteurs avec chacun 18 000 litres d’eau, je n’ai pas appelé les pompiers en premier, les copains d’abord. Ce sont eux qui m’ont sauvé.

Retenues d’eau

Enfin, dernier sujet d’exaspération, la question des réserves d’eau. François Pinson-Vincent rappelle que tout centre équestre doit avoir une borne incendie à proximité, ce qu’il réclame sans succès depuis dix ans.

Si cela est avéré, cela relèverait de la commune en coordination avec le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS). Le propriétaire du centre équestre espère que cet événement malheureux « fera bouger les lignes ».

Par ailleurs, les agriculteurs demandent depuis longtemps que des retenues d’eau soient aménagées, pour l’irrigation d’une part et pour lutter contre les incendies d’autre part.

François Pinson-Vincent fustige sur ce point « l’écologie », ce qui rappelle les oppositions avec les paysans autour du sujet épineux des bassines. « Il faut trouver des solutions », plaide-t-il.

Une solidarité sans faille

Il souligne lui aussi la solidarité. « J’ai lancé un appel sur Whatsapp, cinquante personnes sont arrivées pour évacuer mes quarante-deux chevaux. En une demi-heure, c’était bouclé avec ma monitrice. Les commerçants de La Plaine, mes clients et les paysans sont venus aider et le proposent encore. »

En termes de bilan, avec dix hectares partis en fumée sur ses prés d’été, il estime le préjudice entre 12 000 et 15 000 euros.

« Mais je rentre mes chevaux aujourd’hui, et lundi, j’ouvre. Au plus fort de la crise je n’ai pas voulu évacuer : j’habite ici depuis dix ans, c’est toute ma vie », conclut-il.

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