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Ce choix «ne saurait faire l’objet d’aucune pression ou menace, ni d’aucun chantage», a déclaré le monarque devant le Parlement à l’occasion de la nouvelle session parlementaire.
Le roi du Maroc, Mohammed VI, a défendu vendredi le «partenariat» avec l'Espagne mais fermement rejeté toute tentative de «pression» ou de «chantage» à la suite de la crise migratoire de Ceuta fin juillet, en référence à des critiques espagnoles de la gestion marocaine des migrations. C’est la première fois que le monarque s’exprime sur les événements de Ceuta, qui ont mis à l’épreuve les relations entre les deux pays.
«Face aux déclarations irresponsables de certains milieux politiques et médiatiques et à leur instrumentalisation flagrante de la situation, nous affirmons que le partenariat est un choix souverain et un engagement volontaire, qui ne saurait faire l'objet d'aucune pression ou menace, ni d'aucun chantage», a déclaré le monarque devant le Parlement, ouvrant la nouvelle session parlementaire.
Les 30 et 31 juillet, plus de 70.000 migrants sont entrés à Ceuta - enclave espagnole d’Afrique du Nord - à la nage ou à pied depuis le Maroc, un afflux massif et inédit. Depuis, la grande majorité sont retournés au Maroc, mais plusieurs milliers d’entre eux demeurent à Ceuta, où la situation s’est dégradée. Accusé par plusieurs responsables politiques espagnols d’avoir favorisé cet afflux de migrants, le Maroc a rejeté, début septembre, toute implication et dénoncé une volonté de faire de lui un «bouc émissaire» dans des «règlements de compte» politiques en Espagne.
Vision stratégique
Le roi, qui est apparu marchant avec une béquille à son arrivée devant le Parlement, a affirmé que le partenariat avec Madrid avait connu «d’importantes avancées», y compris en matière de lutte contre les migrations irrégulières, mais qu’il se heurtait aujourd’hui à «des défis majeurs». Il a évoqué «certaines dispositions légales dépassées» en référence à des décisions judiciaires espagnoles compliquant le renvoi de migrants vers le Maroc.
Sans plus de détails, Mohammed VI a annoncé que son pays allait présenter «à ses partenaires un document dans lequel sera exposée une vision stratégique, claire et pratique», «visant à promouvoir le co-développement, la compétitivité économique et la stabilité régionale». D’après Fouad Yazourh, directeur général des Affaires politiques internationales aux Affaires étrangères marocaines, il s’agira d’un «modèle de coopération nouveau, adapté aux réalités actuelles».«Les crises récurrentes ont démontré que le modèle actuel a atteint ses limites», a-t-il dit à l’AFP. «L’initiative de Sa Majesté traduit une volonté d’adopter une démarche constructive plutôt que rhétorique», a-t-il ajouté.
Ces déclarations interviennent à l’approche d’une visite du roi d’Espagne Felipe VI et de la reine Letizia prévue le 13 octobre à Ceuta et le lendemain à Melilla, à quelque 500 km plus à l’est. Ce déplacement, à haut risque diplomatique, sera le premier du roi d’Espagne dans ces deux villes depuis son accession au trône en 2014. Son père, Juan Carlos, avait effectué la dernière visite d’un souverain espagnol à Ceuta et Melilla, en novembre 2007. Elle avait entraîné une crise diplomatique avec le Maroc, qui revendique sa souveraineté sur ces deux territoires.
Jeunes et politiques publiques
La crise migratoire de Ceuta a de nouveau mis en lumière le manque de perspectives chez une partie de la jeunesse marocaine, frappée de plein fouet par le chômage. Le roi a souligné la nécessité «de placer les questions liées à la jeunesse en tête des politiques publiques». «Les jeunes seront ainsi plus assurés de leur capacité à monter dans l’échelle sociale et auront davantage foi dans les institutions de leur pays», a-t-il dit.
Alors que la première cheffe de gouvernement de l’histoire du pays, Fatima Ezzahra El Mansouri, poursuit ses tractations pour former son cabinet, le roi a dit s’attendre à ce que ce nouveau mandat «constitue un véritable tournant» pour le Maroc en conciliant croissance économique et justice sociale.
Mme Mansouri a été nommée fin septembre par le monarque après la victoire de son parti, le PAM, aux législatives du 23 septembre. Le roi a également appelé le futur gouvernement à élaborer «de grandes stratégies», notamment en matière de «sécurité hydrique, énergétique et alimentaire».


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