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Par Antoine Armand
Le 18 juin 2026 à 16h12
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FIGAROVOX/TRIBUNE - L’édile (LFI) de Saint-Denis a affirmé mardi, dans un entretien à L’Opinion, qu’il était légitime de siffler la Marseillaise. Chanter cet hymne est pourtant un acte de communion nationale qu’un élu du peuple ne devrait pas mettre en cause, estime le maire (Renaissance) d’Annecy.
Passer la publicité Passer la publicitéAncien ministre, Antoine Armand est maire d’Annecy sous l’étiquette du parti Renaissance.
Dans un entretien avec L’Opinion, publié le 16 juin, le maire de Saint-Denis a affirmé que « siffler la Marseillaise quand la France se déshonore par ses actes à l’international, c’est un droit à la réplique populaire ». Ces propos sont en réalité d’une extrême gravité. En tant que maires, nous avons le devoir de porter et même de garantir les valeurs républicaines. Or, précisément, notre hymne national se trouve au cœur du pacte républicain quotidien que nous avons noué avec les habitants.
Chanter la Marseillaise est beaucoup plus qu’un symbole ; c’est un acte de communion nationale et, soyons lucides, malheureusement l’un des derniers aujourd’hui. Elle retentit aux cérémonies commémoratives qui jalonnent la vie de nos communes toutes les semaines et réunit l’assistance. Les porte-drapeaux venus veiller le monument aux morts, les autorités civiles, militaires et religieuses, les enfants emmenés par leurs enseignants, les passants. Elle retentit lors de moments plus festifs et légers, comme en ce moment, où les rues d’Annecy et de toute la France sont remplies de sa mélodie quand l’équipe de France joue un match de Coupe du monde.
Que ce soit à Saint-Denis, où reposent les rois de France, ou à Annecy, en Haute-Savoie, terre de résistance au nazisme, la Marseillaise demeure ce point de rencontre des citoyens français. Aujourd’hui, alors que beaucoup voient entre les Français des différences irréconciliables et cherchent à utiliser leurs origines ou leurs convictions pour les dresser les uns contre les autres, les mots de la Marseillaise, partagés par tous, tissent les liens patriotiques et sociaux.
Quand un maire défend ceux qui sifflent notre hymne commun, il fragilise l’autorité morale de la fonction qu’il exerce.
Antoine ArmandLes maires ne sont pas des responsables politiques comme les autres. Premiers magistrats des communes, notre première mission consiste justement à incarner l’autorité locale qui fait vivre la cohésion républicaine. Alors, quand un maire défend ceux qui sifflent notre hymne commun, il fragilise l’autorité morale de la fonction qu’il exerce. Bien entendu, chacun peut contester les choix de politique intérieure ou internationale d’un gouvernement et notre démocratie montre chaque jour qu’elle a assez de force pour faire vivre le débat et les critiques.
Mais légitimer les sifflets contre la Marseillaise, sous quelque prétexte que ce soit, c’est donner raison à ceux qui penseraient que l’appartenance à la communauté nationale serait conditionnelle, variable, négociable. Il n’y a qu’une France ; variée, diverse, mais une. Plus grave encore, cette déclaration traduit une conception inquiétante de la fonction d’élu. Un maire ne peut pas se voir d’abord comme un militant chargé d’entretenir les colères ou de flatter les ressentiments, à moins de vouloir entretenir et aggraver les fractures, le repli et le communautarisme.
Élus locaux, nous avons dans la défense de l’unité nationale une responsabilité supplémentaire. Ne laissons pas passer ces attaques contre nos fondamentaux et en ce 18 juin où la Marseillaise résonne partout en hommage au courage de nos ancêtres, honorons notre pays en chantant fièrement cet hymne.


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