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Aléas côtiers : une réflexion sur le déplacement des bâtiments s’amorce aux Îles

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La Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine amorce le travail pour planifier le déménagement préventif à large échelle de bâtiments vulnérables à l’érosion et la submersion côtières.

Le projet fait partie des initiatives financées par les 2,3 millions de dollars annoncés mardi, lors du passage du ministre des Affaires municipales, Samuel Poulin, par l’entremise du programme Accélérer la transition climatique locale (ATCL).

Environ 550 000 $ sont destinés à planifier l’éventuel déménagement de secteurs habités, bien qu’aucune zone précise ne soit ciblée pour l’instant.

On n’en est pas à déménager des bâtiments, mais on voit quand même ce qui se passe ailleurs, à Sainte-Luce, à Maria ou à Saint-Pierre-et-Miquelon, indique la gestionnaire de projet en action climatique et en mobilité durable à la Communauté maritime des Îles, Marie-Ève Giroux. Lorsqu’on analyse les solutions pour un site, la relocalisation fait partie des solutions analysées.

Il ne faut pas se le cacher, il faut faire face à la réalité : éventuellement, on risque d’avoir des secteurs qui vont être touchés. Qu’est-ce qu’on a à proposer à ces citoyens-là?

Des chaleuts inondés et déplacés par l'eau.

Le chemin des Chalets, aux Îles-de-la-Madeleine, a été complètement inondé lors du passage de la tempête Fiona en septembre 2022. La zone qui abritait des chalets saisonniers est désormais considérée comme faisant partie du littoral. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

La Communauté maritime des Îles veut ainsi amorcer le travail avant d’être concrètement confrontée à cette réalité.

On est vraiment en amont pour amorcer une réflexion sur la question de la relocalisation préventive, précise Marie-Ève Giroux. On veut voir ce qui se fait ailleurs, les bonnes pratiques, les choses à éviter et identifier les zones sur le territoire qui sont plus à risque, à moyen et à long terme, d’être confrontées à ces réalités-là.

Marie-Ève Giroux photographiée à l'hôtel de ville.

Marie-Ève Giroux est gestionnaire de projet en action climatique et en mobilité durable à la Communauté maritime des Îles.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Identifier des zones de repli

Le projet vise également à identifier des zones de repli, soit des secteurs où plusieurs bâtiments pourraient être déménagés et où des quartiers pourraient être recréés.

On veut proposer des alternatives aux propriétaires qui seront peut-être relocalisés dans un horizon lointain, explique Jasmine Solomon. [On veut] pouvoir leur dire qu’on ne les laisse pas tomber et qu’on a des zones identifiées.

Un paysage de Havre-aux-Maisons.

Des zones pour déplacer des bâtiments pourraient être identifiées dans la prochaine mouture du schéma d'aménagement du territoire, dont la révision est en cours. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Mme Solomon souligne que l’option de déménager des bâtiments s’imposera de plus en plus comme solution d’adaptation aux changements climatiques.

On voit une tangente au Québec. Dans les programmes de financement, on nous demande d’évaluer la relocalisation dans tous les projets, mentionne Mme Solomon. Oui, il va continuer à avoir des ouvrages de protection, mais probablement de plus en plus transitoires, pour venir sécuriser durant un certain temps, le temps de demander de relocaliser certaines infrastructures ou bâtiments.

Jasmine Solomon photographiée devant le cap aux Meules.

Jasmine Solomon est cheffe de section en action climatique à la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Pour alimenter sa démarche de réflexion, la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine procédera à une revue de littérature. L'organisation souhaite analyser les projets de déménagement à grande échelle engendrés par les aléas côtiers qui sont déjà en marche au Québec et ailleurs dans le monde et pourrait s'entretenir avec des responsables de ces projets.

Des consultations citoyennes sont aussi prévues. En allant chercher l’avis des citoyens, ça permet de savoir, si jamais on est confronté à déplacer des secteurs, comment on peut se créer un milieu de vie agréable, pas trop dépaysant, avec la réalité de notre territoire qui n’est pas infini, explique Mme Solomon.

Des démarches déjà enclenchées au parc de Gros-Cap

Déjà, la corporation qui gère le parc de Gros-Cap, situé sur une presqu’île particulièrement vulnérable à l’érosion, s’est engagée dans une démarche pour déménager ses infrastructures.

Elle a acheté en 2025 un terrain en vue d’y déplacer une partie de ses activités, car la route qui permet actuellement d’accéder au site de camping pourrait éventuellement être coupée par la mer.

Le parc de Gros-Cap.

Un des bâtiments du parc de Gros-Cap a dû être en partie déconstruit, car l'arrière mençait de s'effondrer. (Photo d'archives)

Photo : Luc Miousse

Québec a accordé 1,6 million de dollars à la Communauté maritime des Îles en avril 2025 afin qu’elle puisse accompagner la direction du parc de Gros-Cap dans son adaptation aux changements climatiques.

L’aide financière a permis la construction, dans les derniers mois, d’un ouvrage de protection transitoire pour sécuriser le site pour la prochaine décennie. La somme permettra aussi d’élaborer un plan d’adaptation afin de prévoir le déménagement des infrastructures du parc de Gros-Cap à plus long terme.

Un site de camping situé sur une presque'île où on voit l'érosion des falaises.

Le parc de Gros-Cap est accessible par un étroit cordon qui pourrait un jour être avalé par la mer. (Photo d'archives)

Photo : Mario Lafrance

D’autres projets financés

Par ailleurs, les 2,3 millions de dollars annoncés mardi permettront également de réaliser 3 autres projets en lien avec la transition climatique.

Pas moins de 1,3 million de dollars servira à faire une mise à jour de l’évaluation de l'exposition et de la vulnérabilité de la zone côtière des îles de la Madeleine, en partenariat avec le Laboratoire de dynamique et de gestion intégrée des zones côtières de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR).

On veut, entre autres, mettre à jour une étude sur laquelle on se base encore, mais qui date de 2014 et qui est fondée sur des données de 2008, pour évaluer la vulnérabilité de certaines infrastructures des Îles face à l’érosion, explique Marie-Ève Giroux. On sait que, depuis 2008, l’érosion côtière a beaucoup évolué.

Des maisons avec des falaises de grès rouge en avant-plan.

L'équipe du Laboratoire de dynamique et de gestion intégrée des zones côtières de l’UQAR suit le phénomème d'érosion côtière depuis plus de 20 ans aux Îles. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Le projet permettra également d’ajouter des données sur la submersion côtière, qui n’était pas prise en compte à l’époque, et d’inclure les zones côtières des lagunes.

Les zones à grande valeur patrimoniale et écologique ainsi que les secteurs fortement utilisés seront aussi considérés, au-delà des zones où se trouvent des infrastructures.

Le projet permettra aussi de faire des diagnostics plus spécifiques de certains secteurs et de développer des outils pour mieux planifier l’aménagement du territoire et des solutions d’adaptation.

Des falaises de grès rouge érodées.

La tempête Fiona a fait reculer la côte de 17,8 mètres dans un secteur de la baie de Plaisance, en quelques heures seulement. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

De plus, 540 000 $ permettront d’automatiser le retrait du réseau d’Hydro-Québec des bâtiments municipaux qui sont munis de génératrices, lors des pointes hivernales de consommation d’électricité.

Enfin, un financement de 75 000 $ permettra à l'administration municipale de revoir sa réglementation en lien avec l’installation de panneaux solaires.

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