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La fermeture de la House of Hope, un centre de logement supervisé pour des personnes en situation d’itinérance aux besoins complexes, est reportée au printemps 2027. Grâce à un don anonyme, ses 45 résidents pourront demeurer sur place quelques mois de plus, le temps que les organismes trouvent des solutions permanentes.
Le centre, géré par l'organisme communautaire London Cares, devait fermer ses portes à la fin novembre après le refus du gouvernement de l'Ontario d'en assurer le financement à long terme.
Une contribution anonyme, annoncée jeudi par la London Community Foundation, permettra finalement de maintenir les activités jusqu'en mars 2027.
Lors d'une conférence de presse de jeudi, le maire de London, Josh Morgan, a souligné que le temps supplémentaire accordé aux résidents pourrait avoir des conséquences bien au-delà du logement. Pour les personnes qui ont vécu l'itinérance chronique et qui font face à des problèmes de santé complexes, la stabilité n'est pas qu'un mot, a-t-il fait valoir.
La stabilité peut faire la différence entre le succès ou un retour à l'itinérance. Et, si on veut être francs avec les Londoniens, elle peut faire la différence entre la vie et la mort.
Du répit pour les résidents
Les 45 résidents de House of Hope font partie des personnes les plus vulnérables de London. Selon London Cares, plusieurs ont vécu plus de dix ans en situation d'itinérance et présentent des besoins complexes liés à la santé physique, à la santé mentale, aux dépendances ou à des traumatismes.
London Cares affirme que le modèle de House of Hope a permis à plusieurs résidents de retrouver une certaine stabilité, grâce à un accompagnement combinant logement, soins de santé et services psychosociaux. Plusieurs résidents ont déjà été jumelés à un logement permanent, tandis que d'autres nécessitent encore un soutien avant de pouvoir effectuer cette transition.

Selon le gouvernement fédéral, près des trois quarts des personnes en situation d'itinérance interrogées lors des dénombrements de 2020 à 2022 ont déclaré avoir des problèmes de santé mentale, de consommation de substances, ou les deux. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Colin Butler
Pendant près d'un an, London Cares a multiplié les démarches pour obtenir un financement récurrent afin d'assurer l'avenir de House of Hope, dont les coûts de fonctionnement s'élèvent à environ trois millions de dollars par année.
Le programme était auparavant financé conjointement par la Ville de London et le Centre des Sciences de la Santé de London. L'hôpital a toutefois retiré la majeure partie de sa contribution, estimant que ce type de logement supervisé relevait désormais de la responsabilité de la province. London Cares s'est alors tournée vers le ministère de la Santé dans l'espoir qu'il prenne le relais. Une aide financière ponctuelle a permis de maintenir le programme en activité pendant ces démarches, mais la province a finalement refusé d'assurer son financement permanent.
Une famille donatrice anonyme financera le maintien des activités du centre jusqu'en mars 2027. Ce répit doit permettre aux organismes de poursuivre le relogement des résidents vers des logements permanents avec services de soutien.
Pour Diane Silva, présidente-directrice générale de la London Community Foundation, la famille donatrice souhaitait éviter que des résidents ayant retrouvé une certaine stabilité soient forcés de quitter leur logement avant que des solutions permanentes soient en place.

Selon la Ville de London, l'itinérance a augmenté de 19 % dans la ville depuis 2022, comparativement à 25 % à l'échelle de l'Ontario. Les élus attribuent cet écart à une meilleure coordination des services communautaires.
Photo : Radio-Canada / Alessio Donnini
La directrice générale de London Cares, Chris Moss, estime qu'un déménagement précipité risquait de compromettre les progrès réalisés par plusieurs résidents depuis leur arrivée au centre. Selon elle, la période supplémentaire permettra d'accompagner chaque personne vers un logement adapté à sa situation.
Les personnes qui vivent chez nous sont stables et vont bien. Ce délai nous donne simplement un peu plus d'espace pour les accompagner.
Une solution temporaire
Malgré ce répit, les intervenants reconnaissent que cette solution demeure temporaire. House of Hope n'est pas appelée à rester ouverte indéfiniment. L'objectif demeure de reloger les résidents dans des logements supervisés permanents avant mars 2027.
M. Morgan affirme que l'annonce donne le temps nécessaire pour mener cette transition, mais ne règle pas les défis de financement auxquels font face les organismes communautaires.
Selon lui, la fermeture éventuelle de House of Hope devra être compensée par l'ouverture de nouveaux logements supervisés. Plusieurs projets sont actuellement en développement à London, mais la Ville attend toujours un financement provincial pour certaines de ces nouvelles unités.
London ne peut pas perdre des places en logement supervisé. Nous avons besoin de plus de logements, pas moins.
Mme Moss indique que les prochains mois seront consacrés à préparer le départ des 45 résidents vers des logements adaptés à leurs besoins. Elle insiste toutefois sur le fait que cette contribution privée ne remplace pas une solution durable pour les personnes ayant les besoins les plus complexes.


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