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GRAND ENTRETIEN - Pour le bicentenaire du Figaro, l’académicien et l’écrivain voyageur ont échangé sous la verrière du Grand Palais au sujet du rapport des écrivains au quotidien. L’occasion d’évoquer les grandes plumes qui ont marqué leur vie de lecteur et les tiraillements de l’homme de lettres entre le temps long de l’écriture et la frénésie de l’actualité.
Alain Finkielkraut publie le 22 janvier «Le Cœur lourd», une conversation avec Vincent Trémolet de Villers (Gallimard).
Dernier livre paru de Sylvain Tesson : «Les Piliers de la mer» (Albin Michel, 2025).
LE FIGARO. - Dès sa naissance en 1826, Le Figaro a accueilli les plus belles plumes de son époque. Et cela continue aujourd’hui. Alain Finkielkraut, Sylvain Tesson, vous écrivez fréquemment dans nos pages. Quel fut votre premier rapport au Figaro en tant que lecteurs ?
Alain FINKIELKRAUT. - Quand j’étais enfant, mon père ramenait du travail France-Soir . Et donc je lisais France-Soir. Un peu plus tard, il a ramené Le Monde. Puis j’ai grandi ; je ne suis pas devenu adulte, je suis devenu jeune. Ce n’est pas pareil. Jeune, j’étais pauvre en expérience, riche en aspirations et tenté par le schéma de l’unique alternative, comme disait Leszek Kolakowski : il y avait d’un côté les exploiteurs, de l’autre les exploités. Sincèrement, je ne comprenais pas qu’on pût être de droite…


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