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Seules quelques organisations ont reçu des invitations pour participer au processus de consultation sur les projets d'aires protégées en Gaspésie. Les participants ont dû signer une entente de confidentialité, alors que la liste des projets et les territoires touchés demeurent confidentielles.
La liste des personnes invitées à participer aux consultations des projets en milieu marin a été bâtie par le comité ZIP. Celle en milieu terrestre a été préparée par le Conseil régional de l’environnement de la Gaspésie (CREG), en collaboration avec le ministère de l’Environnement.
Ça va de la représentation citoyenne à, bien-sûr, l'industrie forestière et aux municipalités aussi. Ce qui nous importait, c'était que tous les secteurs socio-économiques soient représentés sur la table pour avoir un point de vue le plus large possible, indique Denis Frizat, chargé de projet au CREG, qui mène les consultations.
La formule choisie, selon M. Frizat, permet de respecter la complexité des sujets abordés. Il y a des enjeux en lien principalement avec l'exploitation des ressources et des conflits économiques que cela peut générer. On limite un maximum l'accès.
Le nombre d’interlocuteurs a été fixé à une quinzaine environ. L'important, souligne M. Frizat, c'est d'avoir des discussions constructives et de travailler le plus finement possible.
Il ajoute que les personnes qui ne sont pas invitées aux tables de discussion, mais qui pourraient être directement concernées par les projets, sont invitées à participer en remplissant des formulaires. Ces échanges sont ensuite intégrés aux discussions plus restreintes, assure M. Frizat.
Le processus est novateur, il est démocratique, mais c'est sûr que ça demande un travail préliminaire en amont.
La voix de Solidarité Gaspésie
Les citoyens sont tout de même présents, fait valoir Denis Frizat. Il y a une représentation citoyenne, dit-il, qui est indirecte à travers des associations comme Solidarité Gaspésie ou les MRC. On ne pouvait pas, à ce stade, c'était trop compliqué d'avoir un retour citoyen.

Solidarité Gaspésie a lancé une invitation aux commentaires de la part de citoyens. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé
L'organisme Solidarité Gaspésie est effectivement la voix citoyenne présente à la table de concertation organisée par le CREG sur les futures aires protégées, mais leur porte-parole, Jacques Ouellet trouve la situation étrange.
C'est un peu bizarre, admet ce dernier, parce que Solidarité Gaspésie, on a accès aux documents, mais on n'a pas le droit de les divulguer. On va les commenter dans le cadre de la table, mais on ne peut pas diffuser les cartographies, les fiches, etc. Ce sont des documents qui présentement ne doivent pas être divulgués au public.
Jacques Ouellet y voit néanmoins une première intéressante. C'est une des premières fois dans l'histoire des concertations sur le milieu forestier, sur les terres publiques, de la Gaspésie qu’un groupe citoyen est convoqué, fait-il valoir. On est là principalement pour mettre de l’avant une valeur importante, celle du bien commun de la forêt publique québécoise.
L’organisation a lancé une invitation aux citoyens afin de relayer leurs commentaires pour qu’elles puissent les partager avec les autres membres de la consultation.
Jacques Ouellet observe que son organisation est la seule qui ne défend pas d’intérêts particuliers sur le plan des usages, comme les acériculteurs ou les motoneigistes, ni sur le plan financier comme c’est le cas des forestières. Ce ne sont pas seulement les aspects environnementaux ou écologiques ou écosystémiques qui sont pris en compte, mais la globalité de tout ça, illustre M. Ouellet. Cela inclut, ajoute-t-il, l’aspect économique.

Solidarité Gaspésie va relayer le point de vue de l'ensemble des citoyens à la table de concertation organisée par le CREGÎM. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Adrianne Gauvin-Sasseville
La présence des forestières autour de la table ne dérange pas M. Ouellet qui estime que ces entreprises sont des habituées de ce type de concertation. Ils protègent leurs intérêts, c'est normal, mais ils sont ouverts à des discussions.
Jacques Ouellet rappelle par contre que Solidarité Gaspésie travaille avec des moyens excessivement limités. On est que des bénévoles, il n'y a aucun frais de déplacement. On est une équipe de cinq personnes présentement qui couvriront les tables locales, explique M. Ouellet qui s’occupe du volet régional et de la coordination de l’équipe.
Pluralité de voix
Le comité ZIP organise la consultation sur les trois projets d’aires protégées en milieu marin. Son directeur, Antoine Bonhomme rappelle que l’objectif était d’obtenir une variété de points de vue.
On a vraiment essayé de réfléchir aux gens qui peuvent interagir et être potentiellement pénalisés par une mise en place d'aires marines protégées, explique-t-il.
Outre les pêcheurs dans le secteur de Rivière-au-Renard, le comité ZIP a réuni notamment des représentants des Premières Nations, des élus municipaux, des acteurs du secteur touristique. On est bien content de la participation qu'on a là dans chacune des tables, commente M. Bonhomme.

Trois projets d'aires protégées en milieu marin sont actuellement discutés aux tables de concertation. (Photo d'archives)
Photo : Crédit:Marc Debain
Antoine Bonhomme estime que, même s'il n'est pas parfait, l’exercice reflète bien la réalité régionale. On est conscient quand même de certaines perceptions citoyennes et les acteurs autour de la table aussi. Ça reste que ce sont des citoyens derrière le chapeau qu'ils portent, analyse Antoine Bonhomme qui y voit une manière d’arriver plus rapidement à la création d’aires protégées.
Il estime que le rôle du comité ZIP est un peu celui de modérateur. On est un acteur neutre qui aide à arriver à un consensus localement sur ce qui serait désiré ou non dans les différents secteurs.
Dans ce processus de consultation, un peu comme le fait Solidarité Gaspésie avec son appel citoyen, un partenaire organise en parallèle une discussion plus élargie. Ainsi, le 10 février, l’Association de gestion halieutique autochtone Mi’gmaq et Wolastoqey (AGHAMW) présentait les projets à la communauté de Gesgapegiag afin d'en rapporter l'avis à la table de consultation.
Les projets en milieux terrestres feront l’objet d’une grande rencontre de mi-parcours le 17 février prochain, où une soixantaine de personnes sont attendues.
Le chargé de projet du CREG, Denis Frizat, rappelle que la consultation en cours est seulement une étape d’un long processus. Il assure qu’à la fin, aucune mise en place d’aire protégée ne sera réalisée sans consultation du public. Les projets pourraient même être soumis au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement.
Il est prévu que le comité ZIP et le CREG remettent leur rapport de consultation à l’automne au ministère de l’Environnement.


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