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Le chanteur Luck Mervil était de retour au palais de justice de Rimouski pour les recommandations au sujet de la peine. L'artiste reconnu coupable d'agression sexuelle en août 2025 est passible d'une peine d'emprisonnement maximale de 10 ans, tel qu'inscrit au Code criminel canadien.
La Direction des poursuites criminelles et pénales (DPCP) propose une peine d’emprisonnement de 30 mois alors que la défense réclame plutôt une peine de deux ans moins un jour avec sursis.
La victime, dont l'identité est protégée par une ordonnance de non-publication, s'est adressée à la cour. Elle a lu une lettre à l'intention de l'accusé.
La femme s'est exprimée sur les conséquences que cette agression sexuelle a eues sur elle au cours des 25 dernières années.
Tout a basculé à partir de cet instant, a soufflé la victime. La gorge nouée par l'émotion, elle a dû marquer des pauses à quelques reprises pendant sa lecture.
Vous avez mis à mort la personne joyeuse et positive que j'étais.
Après l'agression, la femme affirme avoir passé plusieurs semaines dans le noir de sa chambre, sortant seulement pour aller travailler. Elle dit avoir été la cible de ragots à l'époque, avoir subi le jugement des autres et des railleries de toutes sortes.
La victime précise que des personnes se sont déjà déplacées jusque sur son lieu de travail pour lui chanter des chansons tirées de la comédie musicale Notre-Dame-de-Paris, spectacle où M. Mervil faisait partie de la distribution.
Elle dit avoir même envisagé le suicide dans les années qui ont suivi l'agression. Pendant que vous poursuiviez votre vie, la mienne s'effritait, a-t-elle écrit dans la lettre qu'elle a lue devant le juge James Rondeau.
Selon la victime, les relations sexuelles avec son conjoint sont encore teintées aujourd'hui par cette expérience traumatique. Il lui est incapable de faire l'amour lorsqu'il fait jour, puisque cela lui rappelle le soleil qui entrait dans la chambre d'hôtel au petit matin lorsqu'est survenue l'agression.

La procureure aux poursuites criminelles et pénales, Roxanne Bossé-Morin, soutient qu'il y a de nombreux facteurs aggravants. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Me Roxanne Bossé-Morin, procureure aux poursuites criminelles et pénales, réclame une peine d'emprisonnement de 30 mois en raison de nombreux facteurs aggravants, notamment la vulnérabilité de la victime lors de l'agression, le caractère réfléchi du crime et le degré d'atteinte physique et psychologique de la victime.
La défense veut un emprisonnement à la maison
L’avocate de Luck Mervil, Véronique Talbot, croit qu’une peine de deux ans moins un jour avec sursis serait appropriée pour son client.
Elle souligne que l’accusé représente un risque de récidive sous la moyenne et qu’il est apte à respecter les conditions qui lui seront imposées s’il purge sa peine à la maison.
Me Talbot mentionne également que son client n'a pas de dépendance à l’alcool ou aux drogues et qu’il ne souffre pas de troubles mentaux, de personnalité ou sexuels.
Elle affirme qu’il s’agit d’une accusation grave et que son client reconnaît que c’était inconvenant, tout en ajoutant que M. Mervil n’a pas commis d’autres infractions au cours des 25 dernières années.
L’avocate de l’accusé réfute toute forme de planification de l’agression.
Selon elle, si M. Mervil purge une peine avec sursis, cela ne met nullement en danger la collectivité. D'ailleurs, Me Talbot s’oppose à ce que son client soit ajouté au registre des délinquants sexuels, étant donné son faible risque de récidive.
La procureure aux poursuites criminelles et pénales, Roxanne Bossé-Morin, croit plutôt que cela est nécessaire puisque l'individu a également été reconnu coupable en 2018 d'exploitation sexuelle d'une adolescente.
Le juge James Rondeau a pris la cause en délibéré et fera connaître la peine qui sera imposée à Luck Mervil lors d’une audience qui se tiendra le jeudi 2 avril.
L’accusé a déjà entrepris un processus pour porter en appel la décision de première instance.


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