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La France expulse, CNews branche une webcam : la grande muraille macroniste s’arrête donc au Wi-Fi.
À croire que la France vient de découvrir l’existence d’Internet. Xenia Fedorova, expulsée du territoire français et visée par un gel de ses avoirs, ne pourra plus venir sur un plateau parisien. Mais CNews a annoncé mercredi qu’elle pourrait intervenir prochainement à distance, en visio, depuis l’étranger. Une possibilité qui n’a rien d’illégal, mais qui semble avoir provoqué une poussée de fièvre au Quai d’Orsay.
Jean-Noël Barrot ne se contente pas de contester les positions de la journaliste russe. Il brandit la responsabilité de ceux qui lui donneraient la parole. Une formule qui sonne moins comme une invitation au débat que comme un avertissement adressé aux médias concernés.
« Affligeant ! »
« Chacun devra être mis face à ses responsabilités ! » (cf vidéo ⤵️)
Le ministre de l’Information Jean-Noël Barrot fou furieux ce matin sur France Inter du retour à l’antenne annoncée, en visio, de la journaliste Xenia Fedorova sur CNews !
Il menace, il… pic.twitter.com/V9b9TM2OPc
— Florian Philippot (@f_philippot) September 4, 2026
Après l’expulsion, la mise en garde
Le cas de Xenia Fedorova est déjà devenu un symbole. L’ancienne dirigeante de RT France a été expulsée fin juillet par les autorités françaises, qui l’accusent d’être liée à des campagnes de désinformation russes et de menacer l’ordre public. Elle dénonce, elle, une mesure politique et réclame que les preuves avancées contre elle soient rendues publiques.
La justice n’a pas encore tranché le fond du dossier. Les recours d’urgence ont été rejetés, notamment faute d’urgence caractérisée, sans validation définitive de la légalité de l’expulsion. C’est précisément ce qu’expliquait Le Média en 4-4-2 : l’affaire reste juridiquement ouverte.
Mais voilà que la journaliste pourrait reprendre la parole depuis l’extérieur du pays. Pas en cachette, pas depuis une cave munie d’une parabole, mais sur une chaîne privée française, via une connexion vidéo. Pour Barrot, cette solution technique devient donc une affaire de responsabilité politique.
Le ministre étranger aux affaires avait déjà accusé Xenia Fedorova, en mai, de relayer la propagande du Kremlin. Il est naturellement libre de combattre ses analyses, de les contredire, ou de les juger mensongères. C’est même le principe du débat public. En revanche, faire planer la menace sur les médias qui l’invitent revient à poser une autre question : qui décidera demain de la liste des personnes suffisamment fréquentables pour passer à l’antenne ?
La liberté d’expression sous autorisation ?
On peut trouver les prises de position de Xenia Fedorova contestables, partiales ou provocatrices. Mais la liberté d’expression ne consiste pas à protéger uniquement les discours qui plaisent au gouvernement, à Bruxelles ou aux éditorialistes installés. Sinon, ce n’est plus une liberté : c’est une sélection à l’entrée, avec Barrot en videur de boîte de nuit médiatique.
L’Union européenne a déjà interdit RT et Sputnik sur son territoire. Désormais, la France expulse une journaliste russe, gèle ses avoirs, puis voit son ministre s’indigner qu’elle puisse encore parler à travers un écran. À ce rythme, il faudra bientôt demander à Orange, Free et SFR de protéger la démocratie contre Zoom.
Le plus frappant, dans cette sortie, n’est pas que Jean-Noël Barrot désapprouve une chroniqueuse. C’est qu’un ministre semble considérer qu’un média doit répondre de la présence à son antenne d’une personne dont l’opinion déplaît au pouvoir. CNews a trouvé une webcam. La Macronie, elle, cherche encore comment couper le Wi-Fi.


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