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Charles Metouck revient devant le Tribunal Criminel Spécial. À 76 ans, l’ancien directeur général de la Sonara doit encore répondre d’un préjudice financier estimé à 26 milliards de francs CFA, dans le cadre du reliquat des accusations de détournement de deniers publics qui pèsent sur lui depuis des années. Il n’est pas seul sur le banc des accusés. Cinq anciens cadres de la raffinerie comparaissent à ses côtés.
Un homme déjà condamné deux fois, mais le dossier n’est pas clos
Jean Endiguele Edinguele, Véronique Makamtse Ngatchessi, Godefroy Yemwo Molo, John Ebong Ngolle et Michèle Moue Mbeleck font bloc avec Metouck face au Ministère public. Les chefs d’accusation sont lourds, détournement de biens publics en coaction et complicité de détournement. Le Tribunal veut solder un passif financier qui traîne depuis plus d’une décennie.
Franchement, le nom de Metouck n’est pas nouveau dans les prétoires du TCS. Le 23 avril 2013 déjà, il écopait de 9 ans ferme pour avoir été surpris à détruire des documents dans son ancien bureau, trois jours après son limogeage. Il a toujours nié, brandissant une autorisation du président du conseil d’administration. Les juges n’ont pas retenu cette version.
Le 21 octobre 2015, deuxième couperet : 15 ans ferme, pour un détournement de plus de 500 millions de francs CFA durant ses onze années à la tête de l’entreprise.
26 milliards de préjudice, un chiffre qui interpelle
C’est sur ce nouveau volet que tout se joue désormais. Un rapport judiciaire accable formellement l’ancien patron de la Sonara, pointant 20 fautes de gestion majeures et un trou financier de 26 milliards de francs CFA. Le chiffre fait mal, surtout pour une entreprise censée être le fleuron industriel du pays.
Metouck avait déjà été frappé d’une déchéance de ses droits civiques, lui interdisant de diriger une structure publique pendant 7 ans. Mais l’État du Cameroun veut visiblement aller plus loin et obtenir réparation financière, pas seulement une sanction symbolique. On ne sait pas encore combien de temps dureront ces nouvelles audiences devant la juridiction d’exception de Yaoundé.
Difficile de ne pas y voir la volonté de clôturer, une bonne fois pour toutes, ce feuilleton judiciaire qui dure depuis plus de dix ans.
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Alain-Claude Ndom
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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