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Aéroport Billy Bishop : pas de plan précis d’expansion pour les consultations publiques, indique l’Administration portuaire

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Lors d'une assemblée générale annuelle tendue, les dirigeants de l'Administration portuaire de Toronto ont déclaré qu'aucun plan d'expansion pour l'aéroport de l'île Billy Bishop de Toronto n'avait été finalisé ou ne serait publié avant la fin des consultations récemment lancées, soit le 24 juillet.

Nous ne présentons pas de plan avant cette date. Nous ne pourrions pas le faire même si nous le voulions. Nous travaillons toujours sur un plan, a déclaré la vice-présidente Deborah Wilson lors de la réunion de jeudi.

Ce que nous avons actuellement, c'est une vision pour l'aéroport qui inclut la possibilité d'accueillir des avions modernes et d'autres éléments qui permettront à l'aéroport d'avoir un avenir fructueux.

L'Administration portuaire de Toronto et le gouvernement ontarien souhaitent agrandir l'aéroport de l'île pour accueillir des avions à réaction sur une piste plus longue. L'Ontario a d'ailleurs adopté une loi le mois dernier pour remplacer la ville de Toronto dans l'accord de gouvernance tripartite de l'aéroport avec le gouvernement fédéral et l'administration portuaire, un organisme fédéral indépendant.

La loi donne également à l'Ontario le pouvoir de s'emparer de terrains appartenant à la ville le long du secteur riverain adjacent et des îles de Toronto afin de faciliter une expansion.

Des avions à l'aéroport Billy Bishop, le 8 juin 2026.

Des avions à l'aéroport Billy Bishop, le 8 juin 2026.

Photo : Radio-Canada / Patrick Morrell

La mairesse Olivia Chow a qualifié cela d'accaparement de terres sans consultation, destiné à profiter à des investisseurs de Wall Street. L'aérogare des passagers appartient à Nieuport Aviation, qui est contrôlée par J.P. Morgan Asset Management, une firme basée aux États-Unis.

Le premier ministre du Canada, Mark Carney, qui avait précédemment déclaré que M. Ford avait une vision intéressante pour l'aéroport avec de grandes possibilités, a affirmé ce mois-ci qu'il ne s'était pas encore forgé d'opinion sur le plan et a promis des consultations, lesquelles ont débuté cette semaine.

Sans plan clair, ces consultations ne pourront pas être utilisées par l'administration portuaire pour appuyer une future proposition d'expansion, a soutenu Phil Pothen, avocat pour un organisme à but non lucratif opposé au projet.

Ils ont admis qu'ils n'avaient même pas produit de propositions, a déclaré M. Pothen, conseiller juridique pour Environmental Defence.

D'une certaine manière, c'est une nouvelle rassurante, mais les Torontois devraient aborder ce sondage et l'ensemble du processus d'ici la fin juillet comme une occasion de dire à l'Administration portuaire contrôlée par le fédéral, ainsi qu'au gouvernement fédéral qui la chapeaute, de ne proposer aucune piste pour les avions à réaction.

Des détails au compte-gouttes

Les détails concernant les efforts pour agrandir l'aéroport de l'île ont été partagés au compte-gouttes, sans qu'aucun plan ne soit rendu public. Les travaux préliminaires avaient été partagés avec Ottawa et la province, mais pas avec la ville, a indiqué le président de l'administration portuaire lors d'une audience de comité le mois dernier.

Le prolongement pourrait ajouter jusqu'à 600 mètres à la piste actuelle de 1 200 mètres, s'avançant principalement dans les eaux à l'ouest de l'aéroport, a précisé le président de l'administration portuaire. Une proposition controversée de la ligne aérienne Porter visant à ajouter 200 mètres à chaque extrémité de la piste avait été rejetée par le gouvernement fédéral en 2015.

Image aérienne du quartier de Bathurst Quay avec en arrière-plan l’aéroport Billy Bishop de Toronto, le long du lac Ontario prise le 27 avril 2026.

Image aérienne du quartier de Bathurst Quay avec en arrière-plan l’aéroport Billy Bishop de Toronto, le long du lac Ontario prise le 27 avril 2026.

Photo : Radio-Canada / Patrick Morrell

L'administration portuaire a indiqué qu'une expansion pourrait coûter jusqu'à 5 milliards de dollars sur 25 ans. M. Ford affirme qu'il souhaite voir le trafic annuel de passagers de l'aéroport plus que quintupler pour atteindre 10 millions.

Mme Wilson, vice-présidente de l'administration portuaire, a déclaré que les résultats des consultations guideraient leurs plans.

C'est un long processus. Et oui, un plan doit être présenté, puis tout le monde aura l'occasion d'examiner ce plan et de donner son avis à son sujet, a-t-elle dit.

Logements en danger

Environ 86 000 logements en cours de développement se trouvent déjà sous les trajectoires de vol actuelles de l’aéroport. Si l’expansion va de l'avant, ce nombre passera à environ 94 000 logements, selon l’analyse approfondie de la ville de Toronto sur les impacts potentiels pour le logement sur le secteur riverain de la Ville Reine.

Si l’expansion se concrétise, le nombre de logements existants qui pourraient se retrouver dans la trajectoire de vol de l’aéroport de l’île augmenterait d’environ 25 000, d’après le rapport.

En l’absence d’un plan d’expansion détaillé, le personnel municipal a préparé ce rapport en s’appuyant sur des propositions antérieures, notamment celle de Porter. La Ville a également collaboré avec un consultant pour comprendre comment les procédures de vol pourraient être modifiées.

Jason Thorne, l’urbaniste en chef de la ville, a déclaré que, sans proposition détaillée, la ville ne peut pas estimer combien de logements prévus pourraient devoir être complètement abandonnés.

L’une des raisons pour lesquelles il est si désirable de vivre sur le secteur riverain réside dans les commodités, l’espace public et les possibilités de loisirs en plein air qu’offre ce mode de vie, a déclaré M. Thorne. Nous avons des inquiétudes à ce sujet.

M. Thorne a indiqué qu’une expansion de l’aéroport pour accueillir des avions à réaction et 10 millions de passagers par an pourrait imposer des modifications de conception pour les bâtiments situés à proximité des trajectoires de vol. Il pourrait notamment s'agir de fenêtres qui ne s’ouvrent pas, de l’absence de balcons ou de restrictions sur les installations de toit. Ces changements risquent de nuire à la viabilité de certains développements planifiés, a-t-il précisé.

Toute modification des trajectoires de vol aura un impact sur la livraison de logements dans la ville, principalement dans le centre-ville et le secteur sud d’Etobicoke, a mentionné M. Thorne.

La congestion au cœur des préoccupations

Pendant que le comité de l’urbanisme et du logement de Toronto discutait du rapport mercredi, l’Administration portuaire de Toronto tenait également son assemblée générale annuelle. Lors de cette réunion, peu de détails ont été partagés sur le moment précis où une proposition plus détaillée pourrait émerger, les consultations en cours du gouvernement fédéral étant citées comme la première étape.

Vue aérienne qui montre l'autoroute et un bouchon de circulation.

L'autoroute Gardiner au centre-ville de Toronto.

Photo : Radio-Canada / Patrick Morrell

M. Thorne a affirmé que l’augmentation de la congestion routière était une préoccupation majeure pour le personnel de la Ville.

Si nous envisageons une multiplication par cinq du nombre de véhicules qui tentent de se rendre à l’aéroport actuellement, ces véhicules circulent sur une route qui n’a que deux voies , a-t-il expliqué. Cela nécessiterait donc une capacité de voies supplémentaire importante et immédiate aux abords de l’aéroport.

L’expansion aurait également des répercussions sur la circulation de deux des artères les plus décriées par les Torontois pour leurs embouteillages : l’autoroute Gardiner et le boulevard Lakeshore Ouest.

Un nombre important de déplacements vers l’aéroport se font en transport en commun, et le rapport indique que la Commission de transports de Toronto (CTT) devrait augmenter sa flotte sur les lignes de tramway à proximité pour maintenir des niveaux de service acceptables.

La CTT ne serait pas en mesure d’absorber une capacité de passagers multipliée par cinq à destination de Billy Bishop, a déclaré le conseiller Josh Matlow, membre du conseil d’administration de la CTT.

Il a ajouté que la capacité de transport vers l’aéroport Pearson s’est améliorée, soulignant que la ligne 5 relie désormais de nombreuses personnes au train UP Express à la station Mt. Dennis.

Pour la plupart des gens qui vivent au nord du secteur riverain, Pearson est souvent plus accessible et facile d’accès que Billy Bishop , a-t-il conclu.

Avec des informations de la Presse canadienne et de CBC News.

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