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Abattage de bovins interprovincial : « la première brèche dans ce système »

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Les producteurs de bovins de l’Abitibi-Témiscamingue pourront bientôt faire abattre une partie de leurs animaux dans un abattoir ontarien situé près de la frontière. Le projet pilote, annoncé par les gouvernements du Québec, de l’Ontario et du Canada, vise à améliorer l’accès aux services d’abattage dans cette région où les installations sont limitées.

Selon le communiqué de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), le projet pilote, d’une durée de deux ans, permettra à certains producteurs de faire abattre un nombre limité de bovins dans un établissement ontarien autorisé et inspecté par la province, avant de vendre la viande au détail en Abitibi-Témiscamingue.

De jeunes agriculteurs dans leur ferme bovine.

Les résultats du projet pilote pourraient guider de futures modifications réglementaires.

Photo : Radio-Canada / Laurence Trahan

L’objectif du projet est de réduire les longues distances que doivent parcourir les producteurs ainsi que les coûts supplémentaires et contraintes logistiques.

Pour Pierre Bélanger, propriétaire de l’entreprise Bison du Nord, près d’Earlton, cette annonce représente une avancée importante, même si elle demeure modeste.

C’est un merveilleux pas en avant dans le commerce interprovincial des viandes inspectées au niveau provincial, mais c’est un tout petit début, dit-il.

Il explique que plusieurs éleveurs de l’Abitibi-Témiscamingue doivent actuellement parcourir près de 800 kilomètres jusqu’en Estrie pour faire abattre leurs bovins.

C’est un tout petit projet, mais ce sont les premières lueurs du soleil au printemps où, enfin, il va y avoir un certain libre commerce interprovincial.

Une première ouverture entre les provinces

Au-delà de la question des distances, M. Bélanger estime que le projet pilote marque surtout une avancée dans le commerce entre les provinces.

C’est la première brèche dans ce système qui nous empêchait de faire du commerce interprovincial libre, souligne-t-il.

Il explique produire chaque année entre 30 000 et 40 000 livres de viande de bison, vendue partout en Ontario, mais qu’il lui est impossible d’en vendre au Québec, malgré la proximité de la frontière.

Une famille devant une sculpture de bison.

Pierre Bélanger (à gauche), sa fille Jacinthe (à droite) et son petit-fils devant l’une des nombreuses sculptures de bisons sur son terrain.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

J’ai des consommateurs québécois sans arrêt, des restaurants et des grossistes qui veulent acheter ma viande, mais je ne peux pas le faire.

Selon lui, ce projet pourrait ouvrir la porte à une harmonisation des règles entre les provinces.

Ce serait la libre circulation des viandes inspectées provincialement. […] On pourrait avoir un réel libre-échange, donc abattre ces frontières artificielles provinciales qui limitent les transactions, souhaite-t-il.

L’ACIA propose d’ailleurs de modifier le Règlement sur la salubrité des aliments au Canada afin de faciliter le commerce de la viande rouge lorsque le manque de capacité d’abattage nuit à l’économie régionale et à la sécurité alimentaire.

Avec les informations de Frederic Projean

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