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Des résidents de Ross River pressent la Gendarmerie royale du Canada (GRC) au Yukon d’en faire plus pour retrouver Ramona Peter, une femme kaska ayant disparu de la communauté de moins de 400 résidents il y a plus de trois ans.
La dernière fois qu’une personne l’a aperçue, le 21 avril 2023, c’était devant l'un des lieux de rencontre les plus fréquentés de la communauté, le magasin général Dena. Elle avait alors 40 ans.
Malgré les années qui ont passé, des affiches offrant 20 000 $ de récompense pour toute information aidant à trouver Ramona Peter sont toujours collées sur des lampadaires, à la station-service libre-service et devant les locaux du conseil autochtone.

Le Conseil Dena de Ross River a promis une récompense de 20 000 dollars dans l'espoir que cela permette de retrouver Ramona Peter.
Photo : CBC / Virginie Ann
Sa cousine, Roberta Dick, croit que la GRC n’en a pas fait assez dès le premier jour, alors que chaque minute comptait. Ils n’ont pas mené une enquête sérieuse, affirme-t-elle, la colère grondant en elle. Si Ramona n’avait pas été Autochtone, je pense qu’il y aurait eu davantage d’actions sur le terrain.
Quand nos voix seront-elles enfin entendues? Quand vont-ils réformer le système judiciaire au Yukon? Combien de nos Autochtones vont encore être enlevés, sans que justice ne leur soit rendue?
La GRC au Yukon n’a répondu que par courriel, indiquant que Ramona Peter était toujours portée disparue et que, comme elle l'avait déjà précisé en 2023, aucun élément ne permettait de soupçonner un acte criminel. Elle a également indiqué que les dernières recherches exhaustives, avec des patrouilles au sol, dans les airs et sur l’eau, avaient eu lieu en 2024.
Le reflet d’une crise plus large
Roberta Dick estime que la disparition de sa cousine s’inscrit dans un problème systémique qui touche tout le pays et dans une crise beaucoup plus large.
Selon une recherche (en anglais (nouvelle fenêtre)), environ 4000 femmes et filles autochtones ont disparu ou ont été assassinées entre 1956 et 2016. Ce chiffre est très probablement sous-estimé, suggère l’étude, qui analyse la manière dont la police réagit souvent à ce problème.
Qu'elles soient vivantes ou mortes, la police réagit aux menaces ou aux actes de violence commis contre les femmes autochtones de manière similaire : avec froideur et indifférence, indique l’étude. Elle se soucie également très peu de l’impression que laisse son attitude désinvolte.
L'Assemblée des Premières Nations soutient que les femmes autochtones sont quatre fois plus susceptibles d'être victimes de violence que les femmes non autochtones.
La disparition de Ramona Peter relève désormais de la Brigade des affaires non résolues de la GRC au Yukon.
Verna Nukon, qui connaissait aussi Ramona Peter, trouve injuste que la petite communauté tissée serrée soit toujours sans réponse. C’est encore très éprouvant pour tout le monde, ajoute-t-elle.
On ne pense jamais qu’elle ne reviendra pas à la maison, dit-elle. Ça fait partie de notre façon de tenir le coup. Cet espoir et cette croyance qu’elle est encore quelque part, que quelqu’un sait quelque chose qui nous permettra de la retrouver.
Avec les informations (nouvelle fenêtre) de Julien Greene


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