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Après des frappes meurtrières de la part des houthistes yéménites, la fermeture de l’aéroport de la capitale de l’Arabie saoudite est effective depuis le 10 octobre, sans date de réouverture connue à ce jour.
À Riyad, après une série de frappes meurtrières, la fermeture prolongée de l'aéroport international perturbe aussi bien les grands événements internationaux prévus dans la capitale saoudienne que le quotidien des entreprises et des habitants.
Le report à une date indéterminée en 2027 du «Davos du désert», grande conférence qui réunit chaque année de grands noms de la finance qui devait s'ouvrir le 26 octobre, est le dernier exemple en date des bouleversements engendrés par le conflit avec les Houthistes du Yémen, qui contrarie les ambitions internationales du royaume. Sur le tarmac de l'aéroport King Khalid, les avions sont cloués au sol depuis que 13 personnes ont été tuées dans une frappe sur un terminal passager le 10 octobre, la plus meurtrière d'une série d'attaques des combattants pro-iraniens.
De nombreux événements décalés ou annulés
«Quand des gens commencent à tirer des missiles directement sur l'aéroport de Ryad ou tout autre aéroport, vous ne pouvez tout simplement plus continuer à fonctionner», explique Desmond Ross, expert en aviation basé à Dubaï, ancien pilote et contrôleur aérien. Les responsables saoudiens contactés par l'AFP sur un éventuel calendrier de réouverture de l'aéroport n'ont pas répondu. Dans la capitale, des agences gouvernementales ont imposé le télétravail, tout comme l'a fait le Kingdom Center, tour emblématique de 99 étages dans le centre-ville, qui abrite en particulier le bureau régional du Fonds monétaire international.
Et de nombreux événements ont été annulés ou reportés, dont le sommet Golfe-UE, le prestigieux tournoi de tennis exhibition Six Kings Slam, la semaine de la mode de Riyad ou encore le festival de cinéma de la Mer Rouge à Djeddah. Ces perturbations sont autant d'accrocs portés à la stratégie portée par le prince héritier Mohammed ben Salmane de diversifier l'activité économique du pays, afin de réduire sa dépendance au pétrole. «Peu de gens veulent visiter un pays visé par des tirs de missiles meurtriers. Et encore moins de gens veulent y investir», écrit Karen Elliott House, auteure d'un livre récent sur le prince héritier, dans le Wall Street Journal.
Par la route
Depuis plusieurs semaines, l'Arabie saoudite subit des tirs quasi-quotidiens sur ses aéroports et ses infrastructures pétrolières de la part des Houthistes, qui ont repris cet été les combats contre le gouvernement yéménite soutenu par une coalition menée par Riyad. «Les Houthistes doivent cesser immédiatement toutes leurs opérations terroristes visant des civils et des infrastructures civiles», a déclaré à la presse Turki al-Malki, porte-parole de la coalition. Mais les intéressés multiplient les avertissements à la population, l'appelant à éviter de s'approcher des aéroports et des sites pétroliers.
Un habitant de Riyad raconte comment, après des frappes contre l'aéroport, son avion a été dérouté, en plein vol, vers Djeddah. «De Djeddah, Dieu merci, tout a fonctionné et nous avons pu attraper un vol pour Al-Qassim», à trois heures de route de la capitale. Dans ces conditions, les compagnies aériennes se démènent pour proposer des alternatives aux sept millions d'habitants de Riyad, qui voient surgir des publicités pour des vols depuis d'autres aéroports du pays. D'autres compagnies organisent des liaisons en bus avec les aéroports de Bahreïn et du Qatar. Une consultante basée à Dubaï explique que si les employés de son cabinet ne sont «jamais forcés à se rendre en Arabie saoudite», certains «sont encouragés à faire le déplacement en voiture, en passant par Bahreïn» lorsque la relation directe avec leurs clients est nécessaire.
Mais avec l'augmentation du télétravail et les vols annulés, des expatriés privés de la possibilité de revenir régulièrement dans leur pays d'origine envisagent de quitter Riyad, d'autant que plusieurs ambassades occidentales ont diffusé des mises en garde à leurs ressortissants, allant même jusqu'à leur conseiller d'éviter de se rendre en Arabie saoudite. Une telle attitude provoque des critiques de la part des Saoudiens, qui se sentent lâchés face aux difficultés. Le gouvernement, lui, cherche à rassurer. «Nous sommes en sécurité. Avec l'aide de Dieu», a ainsi déclaré le ministre des Ressources humaines, Ahmad ben Soulaymane al-Rajhi, en pleine conférence la semaine dernière à Riyad, alors que les téléphones affichaient une nouvelle alerte aérienne.


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