Language Selection

Retrouvez votre bien-être dans ces temps dure sur Terre , Essayez le MedBed Quantique!
Cliquez ici pour réserver votre séance

Famille et pour toute la Famille avec Le Medbed Quantique® Orgo-Life® une technologie du Canada

Advertising by Adpathway

         

 Advertising by Adpathway

À Montréal, l’archipel contre les dépendances : les craques

3 month_ago 81

         

NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life®

  Publicité par Adpathway

Dans cet archipel d’îles peu ou pas connectées, le moindre grain de sable peut tout faire déraper et le risque de replonger dans « l’océan des dépendances » est immense. Ce texte est le troisième d’une série de quatre.

Du tabac sèche accroché au mur sous des photos.

Du tabac sèche dans la salle commune de la maison ᐊᓐᓇᒋᐊᕐᕕᒃ/ Annagiarvik qui accueille des personnes qui sont sobres, avec une politique de tolérance zéro pour la consommation. Les intervenants ne sont jamais bien loin pour aider ou écouter au besoin.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Dans la salle commune de la Maison ᐊᓐᓇᒋᐊᕐᕕᒃ/Annagiarvik, où du tabac sèche sur le radiateur, John, originaire de la communauté crie de Mistissini, est concentré sur l’ordinateur. Il vient de sortir du centre de guérison Onen’tó:kon, situé à Kanesatake, et a réussi à avoir une des 14 chambres de cette résidence située dans le quartier Milton-Parc à Montréal.

Avec ces suivis psychosociaux ainsi que ces activités de groupe et de soutien, la Maison Annagiarvik est à l’autre bout de l’archipel de la désintoxication, la dernière île avant de s’ancrer sur la terre ferme.

John a eu de la chance, car la liste d’attente est d’une dizaine de personnes. Je reste ici jusqu’à ce que tout soit fixé, dit-il timidement, les yeux encore fixés sur l’écran.

Le but de la maison est de boucher tous les trous dans le parcours vers la sobriété et soutenir vraiment les personnes tout le long, explique Matthew Biddle, responsable des programmes du logement à l’organisme Projets Autochtones du Québec, qui a inauguré en juin 2024 ce programme de 14 logements de transition.

Ici, des personnes sans domicile qui attendent une place en thérapie peuvent aussi venir avant d’y aller, puis revenir une fois celle-ci terminée.

Matthew Biddle appuyé dans un cadre de porte.

Matthew Biddle, responsable des programmes du logement pour Projets Autochtones du Québec

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Juste entrer dans un parcours de désintox, c’est tout un parcours, tout un défi, rappelle Matthew Biddle. Pour combien de John qui arrivent à garder la tête hors de l’eau, voire à être sur le bateau de la sobriété, combien replongent entre la sortie du CHUM et la maison ᐊᓐᓇᒋᐊᕐᕕᒃ/Annagiarvik?

Un accès aux thérapies parsemé d’obstacles

Sonya Gagnier est assise à son bureau, sa porte ouverte avec l'inscription conseiller parajudiciaire devant.

Sonya Gagnier, ancienne cheffe de Kanesatake, est conseillère parajudiciaire depuis 2016.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

C’est dur pour quelqu’un d’essayer de vivre une vie sobre en étant sans-abri. Il nous manque des services de traitements pour les Autochtones, lâche, dépitée, la conseillère parajudiciaire autochtone Sonya Gagnier dans son bureau au palais de justice à Montréal.

On n’est pas dans une bonne place présentement. Je vais être honnête. On est en pleine crise à Montréal.

Elle observe presque quotidiennement une succession de manquements aux conditions imposées, puisque ses clients se retrouvent régulièrement devant les tribunaux faute de solutions adaptées. La réponse du système judiciaire, c’est presque toujours d’orienter les gens vers une thérapie. Mais encore faut‑il qu’ils puissent trouver un endroit où ils sont réellement capables d’aller – et de rester – sans difficulté.

Bien souvent, on exige une thérapie fermée d’une durée de six mois. Sauf qu’à Montréal, cette option n’existe pratiquement pas. On se retrouve donc dans une impasse, et c’est profondément préoccupant.

À Montréal, la majorité des centres de traitement ou de thérapie fonctionnent uniquement en français, ce qui crée une barrière linguistique majeure pour les Autochtones, dont plusieurs sont principalement anglophones.

On a des Inuit qui ont intégré des thérapies dans ces centres, mais, lorsqu’ils devaient partager leur histoire, ils n’y arrivaient pas. Ils avaient de la difficulté à s’exprimer, explique la conseillère parajudiciaire.

Sonya Gagnier au téléphone.

Sonya Gagnier déplore qu'il n'y ait qu'une poignée de thérapies pour les populations autochtones, voire aucune à Montréal même, précise-t-elle.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Elle souligne également d’autres critères d’exclusion. S’il y a des antécédents de voies de fait ou d’agressions sexuelles, ils ne sont pas acceptés. C’est la même chose pour les personnes qui ne savent pas lire. Certains centres refusent même de nous parler. Ils ne me répondent tout simplement pas, affirme celle qui accompagne les Autochtones au palais de justice de Montréal depuis 10 ans. Elle constate aussi que le recours au privé n’est guère plus réaliste, vu les coûts prohibitifs.

Si eux autres sont prêts à intégrer une thérapie, le système n’est pas prêt du tout.

Pour les patients autochtones, les centres de thérapie culturellement adaptés se comptent sur les doigts des mains au Québec, et le plus proche est à Kanesatake, à plus d'une heure de Montréal. La demande est grande, donc il y a très grand besoin d’avoir d’autres centres de thérapie culturellement sécurisants par et pour les Autochtones, confirme l’infirmière praticienne de la clinique du Centre d’amitié autochtone de Montréal, Lucie-Catherine Ouimet.

Lucie-Catherine Ouimet discute avec une autre personne de dos.

Lucie-Catherine Ouimet, infirmière clinicienne au Centre d'amitié autochtone de Montréal, indique que le plus difficile est souvent ce qui est « entre les deux », entre l'unité d'urgence et le centre de thérapie.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Encore faut-il être admis, dit en soupirant Lucie-Catherine Ouimet, dénonçant la lourdeur administrative pour accéder aux services.

Pour certains, ça demande de réfléchir sur quoi ils veulent travailler et, des fois, la vérité ou la douleur est tellement grande que leur seul recours, c’est de retourner consommer…

Puis, c’est toujours un hit or miss [aléatoire].

Les dates de rentrée ne correspondent pas toujours à la date à laquelle tu sors de l’hôpital. Il y a toujours un entre-deux où tu risques de tomber dans les craques. Et les refuges sont facilement accessibles pour ces patients, et ce, dans un environnement qui n’est pas facilitant pour maintenir une sobriété ou le traitement avec lequel tu sors d’hôpital.

Se reconstruire

À la Maison ᐊᓐᓇᒋᐊᕐᕕᒃ/Annagiarvik, un tambour, des plumes et différents objets rappellent dès l’entrée l’importance de la culture. Pour éviter de tomber ou retomber dans les craques, la Maison offre des chambres et du soutien pour guider vers une sortie sécuritaire.

Quelques conditions sont imposées pour obtenir une de ses chambres subventionnées par l’Office municipal d'habitation de Montréal : être en ville depuis un an, avoir fait ses impôts, vouloir vivre en communauté, avoir un suivi psychosocial et, surtout, avoir suivi un programme dans un centre de désintoxication ou s’engager à entreprendre une telle démarche.

Le logo de Projets autochtones du Québec.

Projets autochtones du Québec administre des centres pour loger les patients autochtones.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Ici, les locataires peuvent rester jusqu’à cinq ans dans leur chambre, meublée et décorée comme ils le souhaitent. Pas de couvre-feu, mais il y a des tâches ménagères à faire et des cercles de partage au besoin.

Le but est de créer un environnement de communauté, explique Matthew Biddle, le responsable.

Quand les gens commencent leur parcours dans la sobriété, ça les coupe pas mal des liens avec les autres personnes, surtout dans les refuges. Le but est donc de reconstruire cette nouvelle communauté.

Ayant les mêmes défis, des parcours plus ou moins similaires, qui de mieux placé pour les soutenir? Le camarade de chambre! lance-t-il.

Matthew Biddle appuyé sur un îlot dans une cuisine.

Dans la Maison ᐊᓐᓇᒋᐊᕐᕕᒃ/Annagiarvik , les résidents doivent faire des tâches communes et ont accès à des lieux communs, comme cette cuisine que montre le responsable Matthew Biddle.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Des intervenants sont aussi là pour les épauler au quotidien, que ce soit dans la gestion de crise, la recherche de ressources comme des banques alimentaires ou pour une écoute active.

Comme Koloco Kanté qui travaille ici depuis deux ans et demi. Ils ont tous leur propre histoire, on est présents pour eux. Ils nous parlent de leur vie, de leur parcours, de ce qu’ils aimeraient.

Dans ce parcours de combattant pour devenir sobre, une personne peut avoir passé quatre à six mois à y penser. Juste à ça. Et donc à oublier tous les autres aspects de la vie. La maison est la place où elle peut commencer à mettre tous ces morceaux du casse-tête ensemble, indique Matthew Biddle.

Koloko Kanté pose, appuyée contre un mur.

Koloko Kanté est intervenante depuis plus de deux ans chez Projets autochtones du Québec.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Mais, malgré un parcours bien avancé dans cet archipel pour sortir de la dépendance, alors qu’ils ont presque touché terre, la rechute n’est jamais bien loin dans les esprits. Récemment, la maison a vécu un grand choc.

Un résident – qui était un des plus forts dans la sobriété, ça allait super bien – a eu un petit élément dans sa vie. Ça a été super rapide. Du jour au lendemain, surdose, il n’était plus là, raconte Matthew Biddle. Ça a beaucoup bouleversé les autres résidents.

Matthew Biddle regarde le sol.

Les tragédies guettent même les personnes les plus avancées dans leur processus de guérison, ce qui ne manque pas d'ébranler les résidents et les intervenants.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Les 1612 jours de sobriété d’Annie

Être perdue dans la vie, c'est comme être morte, mais toujours vivante. Les mots d’Annie, 39 ans, sont forts.

Ils relatent comment cette Inuk se sentait quand elle errait dans les rues de Montréal. Annie souhaite garder pour elle son nom de famille et son village d'origine.

Dans son appartement de la maison de transition Miyoskamin du Foyer pour femmes autochtones de Montréal, elle regarde un cadre avec ses enfants, la Bible en inuktitut qu’elle lit régulièrement et, surtout, le chemin parcouru.

Il y a de la lumière au bout du tunnel et elle est brillante comme un gros soleil, sourit-elle en lançant : Je suis à 1612 jours de sobriété. Je les compte, car c’est un jour à la fois.

Cette femme originaire du Nunavik était engagée dans sa communauté, entre son emploi et ses activités de bénévolat, tout allait bien, raconte-t-elle. Mais une agression sexuelle un soir a flippé sa vie.

Une main tient une bible en inuktitut.

Annie aime lire sa Bible régulièrement. Elle est à disposition dans son salon.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Elle avait 30 ans et elle a commencé à s’isoler, à plonger dans la noirceur, rongée par la honte, embarrassée, pensant que c’était de sa faute et portant le poids du secret.

Peu à peu, alors que l’alcool devient son meilleur ami, elle perd tout : emploi, famille, amis, maison. Je me suis perdue aussi, lâche-t-elle avec douceur.

Une blessure physique grave – un genou brisé par le père de ses enfants lors d’un épisode de violence conjugale – l’a conduite pour la première fois à Montréal pour des soins médicaux. Après quelques allers-retours, un jour, elle choisit l’errance plutôt que le retour à la maison.

J’ai quitté ma communauté pour venir souffrir seule dans la grande ville de Montréal, précise-t-elle, consciente qu’elle créait du tort aux gens qu’elle aimait. S’ensuit un an et demi dans la rue, sans argent ni repères, passant d’une consommation à l’autre.

C'était plus facile de trouver de la drogue parce que je ne savais pas qu'il y avait de l'aide pour moi, explique-t-elle. C’est là qu’elle se trouvait morte, mais vivante, perdue dans la vie.

Des chaussons en fourrure et cuir brodés.

Annie estime qu'il est important pour les Inuit de pouvoir avoir des activités à faire dans des centres afin de les aider à maintenir le cap. Elle montre un exemple de petits chaussons posés sur son étagère.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Motivée par l’idée de retrouver la garde de son bébé, elle décide d’entrer en thérapie en toxicomanie au centre Portage en octobre 2021, dans le cadre du programme mère-enfant. Le séjour est difficile. Elle songe à partir, revient, entend des mots qui la marquent. Comme Annie est francophone, elle arrive à faire cette thérapie ouverte, mais très structurée.

Si je voulais changer, je devais changer ma façon de penser, ce que je dis, mes actions et les gens autour de moi.

Elle estime que si un tel programme était disponible dans sa langue, avec sa culture intégrée à Montréal, ce serait plus facile! Ça aiderait beaucoup les autres Inuit d’avoir le soutien de leur famille et de leur culture.

D’autant plus que les Inuit sont surreprésentés parmi les personnes en situation d'itinérance, notamment à Montréal, où ils constituaient plus de 10 % des Autochtones sans-abri, selon les données de 2019.

Ils n’ont pas forcément tous vécu la même chose, mais Annie en est persuadée, quelque chose dans leur vie les a conduits ici pour la même raison : engourdir leur douleur.

Elle n’engourdit plus la sienne. Elle a même appelé son agresseur pour lui parler. Avec une chose en tête, assure celle qui est désormais intervenante en toxicomanie depuis presque trois ans : C’est arrivé. Ça a fait basculer ma vie et ce n’est pas ma faute.

Si c'est possible pour moi, c'est possible pour les autres, veut-elle lancer en guise de conclusion et d'encouragement pour que d'autres persévèrent sur ce chemin de guérison.

read-entire-article

         

        

Une nouvelle Vibration dans le Monde entier avec les Franchise Medbed Quantique®!  

Protéger toute votre famille avec la technologie Orgo-Life®

  Advertising by Adpathway