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À Maria, des marcheuses apprivoisent leur recharge de plage

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Un mois après la fin des travaux de la recharge de plage de Maria, les habitants se familiarisent à leur nouveau paysage de gravier enneigé et au sentier qu’il propose.

La recharge de plus de deux kilomètres est le plus long ouvrage de protection contre l’érosion jamais réalisé dans la province. Sa vocation première est de protéger la route 132 et le centre-ville de Maria contre les assauts de la mer.

Pourtant, l’infrastructure de 27 millions de dollars est aussi devenue un lieu prisé pour la marche et d'autres sports d'hiver.

Une vue aérienne de la ville de Maria, au bord de l'eau, et de la recharge de plage s'étendant sur plusieurs kilomètres.

Le plus long ouvrage de protection contre l'érosion jamais réalisé au Québec est aussi utilisé comme sentier par les résidents.

Photo : A.D. Solutions

C’est merveilleux, affirme Monika Leblanc. Elle aime emprunter la recharge afin de se promener en raquettes avec son conjoint.

Ce que j’ai adoré, c’est d’aller à l’épicerie à pied, autrement que par la 132, c’est le fun, on n’a pas les gaz d’échappement des voitures et les gros camions.

Une femme souriante porte une tenue d'hiver et une tuque, devant un paysage enneigé,  Maria.

Monika Leblanc, une résidente de Maria, est curieuse de voir si la recharge restera aussi fixe au fil des années.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

À 76 ans, une autre marcheuse apprécie ce plateau peu accidenté. Je suis fortement impressionnée, admet Jacline Audet. On voit loin, j’ai l’impression qu’on voit plus la mer que le village, on voit des gens marcher, c’est vraiment, vraiment agréable.

Quant à Guylène Lévesque, elle en fait son nouveau terrain de jeu. Petite marche avec mon chum ou bien en fatbike, ça, c’est ce que j’aime le plus!, lance-t-elle. J’attends d’avoir une bordée de neige pour essayer mon ski hors-piste.

Une femme souriante avec une tuque regarde l'objectif, des mèches de cheveux sortent de son manteau d'hiver, devant la mer, à Maria.

Guylène Lévesque apprécie les sports d'hiver et la possibilité désormais d'en faire sur la recharge de plage de Maria.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Une piste à aménager?

L'engouement est tel que certains citoyens espèrent que la Municipalité dame une piste pour faciliter la pratique du vélo d'hiver et du ski de fond.

La mairesse de Maria, Patricia Chartier, n'exclut pas cette possibilité, sans toutefois utiliser de véhicule pouvant endommager l'ouvrage de protection. Il faudrait peut-être faire ça avec des chiens de traîneaux ou trouver des solutions alternatives, mentionne l’élue.

On constate un grand sentiment d'appartenance, les gens se sont approprié la recharge.

La mairesse de Maria porte un long manteau et une tuque dehors, par une journée ensoleillée.

«C’est toute une nouvelle rive qu’on a à cohabiter!», se réjouit la mairesse de la municipalité, Patricia Chartier.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Un million de dollars provenant du ministère de la Sécurité publique seront investis en 2026 pour finaliser le verdissement de la recharge et mettre en place de la signalisation. La municipalité est cependant contrainte de ne pas faire d'aménagements permanents, comme des bancs.

C'est clair que ça attire les gens, il faudra vraiment mettre des panneaux pour dire ce qui est interdit et permis, parce qu’on se doute qu’avec les touristes cet été, il va y avoir de plus en plus de gens qui vont y aller, ajoute la mairesse.

Une personne marchent avec des bâtons de randonnées sur la recharge de plage enneigée de Maria.

Face à cette popularité, la Municipalité a été contrainte de rappeler les règles de bonne conduite, comme partager l'espace entre usagers, et ramasser les besoins des chiens.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Ce que la recharge ne protège pas

Malgré les millions déjà investis, des travaux sont encore au programme afin de s'adapter à l'érosion côtière. Par exemple, le secteur de la pointe Verte n’est pas protégé par la recharge de plage.

Depuis juin, 45 maisons sont jugées à risque imminent de submersion côtière, et leurs foyers, invités à déménager.

Entre une habitation et la mer, la recharge de plage forme une butte de plusieurs mètres couverte de neige.

L'ouvrage de protection s’élève entre 2,5 et 4,3 mètres, selon les secteurs.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

D'ici l’automne 2027, 5,5 millions de dollars provenant de Québec seront investis pour relocaliser les citoyens visés. Ça va servir à ouvrir une rue d’accueil pour les gens qui veulent déménager leur maison et les accompagner dans les défis techniques que ça amène, explique Patricia Chartier.

L’administration municipale espère qu’à l’automne 2027, les résidents de la pointe Verte auront accès à leurs nouveaux terrains.

Une rue enneigée avec une route gelée devant une montagne à Maria.

La rue des Faisans sera allongée afin de relocaliser les résidents du secteur de la pointe Verte.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Un autre million de dollars sera utilisé pour la revalorisation du quartier, lorsque les terrains seront vacants, ainsi que l’entretien des services, comme l'aqueduc, pour les résidents qui choisiront d’y rester.

Le but c’est de consulter la population pour savoir qu'est-ce qu’on va faire de la pointe Verte? Nous, on pense qu’il faut garder un accès, ajoute l’élue.

La pointe Verte pourrait devenir, par exemple, un parc naturel. Le conseil municipal souhaite tenir des consultations citoyennes pour réfléchir à l’avenir du secteur.

Des blocs de glace sont en bas d'un mer de protection abîmé, le long du terrain de plusieurs résidences de la pointe Verte, à Maria.

Même si le cœur du village de Maria est protégé, des millions de dollars devront être investis dans les prochaines années pour relocaliser certains citoyens, comme ceux de la pointe Verte, encore exposés aux submersions.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Ce sont de gros défis, un projet qui demande beaucoup d’énergie à l’équipe municipale, mais depuis le début on y croit, on s’est engagé à protéger notre milieu, soutient la mairesse.

Par ailleurs, plusieurs propriétaires de la pointe Verte réclament des indemnités à la Municipalité devant les tribunaux, notamment parce que cette dernière ne les aurait pas informés au préalable de la vulnérabilité du secteur aux aléas côtiers.

À partir du reportage d’Isabelle Larose

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