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En beau milieu de la visite d’État d’Emmanuel Macron à Madrid, le Sénat espagnol a refusé de ratifier le traité d’amitié entre l’Espagne et la France.

LUDOVIC MARIN / AFP
Le président français Emmanuel Macron (à gauche) s’exprime aux côtés du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez lors d’une conférence de presse conjointe au palais de la Moncloa, à Madrid, le 30 septembre 2026.
Un timing embarrassant. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a dû présenter ses excuses à Emmanuel Macron, ce mercredi 30 septembre, au lendemain d’un vote négatif du Sénat espagnol au sujet du traité d’amitié entre l’Espagne et la France.
« Je voudrais m’excuser pour le vote négatif concernant le traité d’amitié et de coopération entre nos deux pays », a déclaré le dirigeant socialiste. « J’espère que le traité pourra être approuvé pendant cette législature, car il reflète vraiment ce que nous ressentons, nous espagnols : ce sentiment d’amitié et de partage », a-t-il poursuivi. Des propos devant lesquels Emmanuel Macron a acquiescé.
Au moment même où Emmanuel Macron, qui est accompagné de son épouse Brigitte, commençait sa visite d’État en Espagne ce mardi, le Sénat espagnol a en effet voté contre la ratification du traité d’amitié entre les deux pays.
La droite s’oppose à un article bien précis du traité
Dans le détail, la Chambre haute, dominée par la droite, a voté à 142 voix contre, 106 pour et une abstention. Ce camouflet a été porté en particulier par les sénateurs de droite (Parti populaire) et d’extrême droite (Vox).
Le Parti populaire espagnol (PP), qui dispose de la majorité absolue à la chambre haute, s’oppose au traité à cause de son article 2.4. Celui-ci prévoit qu’au moins une fois tous les trois mois, un membre du gouvernement d’un des deux pays soit invité au Conseil des ministres de l’autre, explique Euronews. Or le PP conteste la constitutionnalité de cette mesure. La justice espagnole, saisie sur le sujet, a toutefois estimé le 23 septembre, quelques jours avant l’arrivée d’Emmanuel Macron à Madrid, que le traité d’amitié franco-espagnol était bien constitutionnel.
Pour rappel, cet accord avait été initialement paraphé à Barcelone en janvier 2023 par Emmanuel Macron et Pedro Sánchez. Depuis, il a été ratifié à la fois par le Congrès des députés à Madrid, et l’Assemblée nationale et le Sénat à Paris.
La France a ratifié quatre traités d’amitié de ce genre en Europe, avec, outre l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie et la Pologne. L’Espagne n’a, de son côté, signé pour sa part de traité comparable qu’avec le Portugal et le Maroc, ses autres voisins.


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