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La difficulté de créer de nouvelles amitiés à l’âge adulte pousse certaines personnes à chercher d’autres façons de tisser des liens. À London, en Ontario, plusieurs femmes ont mis sur pied des groupes et des activités pour offrir des espaces de rencontre et briser l’isolement.
Lorsqu'elle a quitté Mississauga pour s'établir à London, Smriti Capoor croyait qu'il lui serait facile de se faire un nouveau cercle d'amis. Or, la réalité s'est révélée bien différente.
Malgré des sorties en solitaire dans des bars ainsi que sa participation à des événements organisés par l'entremise de Facebook et d'Eventbrite, elle n'est jamais parvenue à créer les liens profonds qu'elle recherchait.
Je sais qu'il y a des gens comme moi. Je pense que nous sommes tous à la recherche les uns des autres, mais nous n'arrivons tout simplement pas à combler ce fossé.
Au fil de ses recherches, Mme Capoor a finalement découvert Mic Se Mohabbat, un groupe social destiné aux membres de la communauté sud-asiatique de London. Pendant un temps, elle y a trouvé le sentiment d'appartenance qu'elle cherchait.
Briser l'isolement
Le parcours de Mme Capoor est loin d'être unique. En 2023, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a reconnu la solitude comme un enjeu de santé publique mondial pouvant avoir des répercussions importantes sur la santé physique et mentale.
Debbie Laliberte Rudman, professeure à la Faculté des sciences de la santé de l'Université Western, étudie le concept des tiers lieux, c'est-à-dire des espaces situés à l'extérieur de la maison et du travail où les gens peuvent se rencontrer et tisser des liens.

Les recherches de Debbie Laliberte Rudman portent sur les facteurs qui favorisent les liens sociaux et le sentiment d'appartenance. (Photo d'archives)
Photo : L'Université de Western / Christopher Kindratsky
Selon elle, ces lieux prenaient autrefois la forme de cafés de quartier ou de bars où les gens se retrouvaient spontanément. Aujourd'hui, ils peuvent aussi être des groupes communautaires, des activités organisées autour de loisirs communs ou encore des espaces virtuels.
Mais pour certaines personnes, le simple fait de fréquenter ces lieux ne suffit pas à créer des liens durables. C'est ce qui a poussé certaines femmes de London à créer leurs propres espaces de rencontre, pensés pour favoriser des échanges plus naturels et durables.
Arrivée à London il y a cinq ans en provenance de Londres, en Angleterre, Mica Callender a remarqué sur Facebook que de nombreuses femmes cherchaient, elles aussi, à se faire des amies. Elle a alors lancé 519 Ladies Link-Up, un groupe qui organise des rencontres hebdomadaires autour d'activités choisies par ses membres.
De son côté, Mila Ivanisevic a fondé Social Bloom Collective après avoir ressenti un profond sentiment de solitude à la fin de ses études à l'Université Western, alors que plusieurs de ses amis avaient quitté la ville. Aujourd'hui, son organisme propose des activités comme des cafés-rencontres, des cours de vélo et des ateliers de peinture afin de faciliter les échanges entre participantes. Environ 80 % des femmes qui participent aux activités s'y présentent seules.
Tisser des liens
Si ces groupes peuvent faciliter les rencontres, ils ne garantissent pas à eux seuls la création d'amitiés durables.
Selon Mme Rudman, plusieurs facteurs peuvent compliquer la création de nouvelles amitiés, notamment le temps passé dans une communauté, la langue parlée ou encore l'accessibilité des lieux.
Elle estime toutefois que le fait de participer à des activités qui suscitent un réel intérêt favorise des échanges plus naturels. Les personnes qui souhaitent créer un groupe devraient également permettre à leurs membres de participer au choix des activités et des horaires, afin de répondre à leurs besoins.
Sharon Flynn, 62 ans, raconte qu'elle s'est longtemps sentie seule avant de joindre des groupes Facebook destinés aux personnes célibataires. Après plusieurs rencontres sans lendemain, elle a finalement rencontré sa meilleure amie lors d'une sortie organisée dans un bar de London.
Avec le temps, elle dit avoir appris qu'un simple compliment ou une conversation avec un inconnu peut suffire à briser la glace.
C'est tellement simple de dire "bonjour, j'aime votre coiffure" ou "quel bon groupe de musique". Ça lance une conversation, et on ne sait jamais où elle peut mener.
Pour Mme Flynn, ces petites interactions du quotidien peuvent être le point de départ d'amitiés durables.


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