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La Société d’exploitation du monument a reconnu qu’elle n’aurait pas dû accepter la requête de « limiter les interactions avec les femmes salariées ».
Par Maïwenn Furic avec AFP

Jacques Julien / Getty Images
La tour Eiffel est restée fermée toute la journée de lundi. Sur le site internet du monument, un bandeau s’est borné à invoquer une « ouverture retardée » pour « des raisons opérationnelles ».
Les salariées « cachées » à la tour Eiffel. Le monument emblématique parisien est resté fermé ce lundi 7 septembre en raison d’une grève des salariés, « choqués » par l’éviction d’employés femmes lors d’une visite d’une délégation hindoue samedi, a-t-on appris auprès du personnel et de la direction.
Dans un communiqué transmis à l’AFP par le syndicat CGT, le personnel a dénoncé des « consignes professionnelles qui ont conduit les femmes salariées à être écartées, remplacées et rendues invisibles en raison de leur sexe ». La Société d’exploitation de la tour Eiffel (SETE) a reconnu que la délégation hindoue avait demandé que la visite soit organisée en limitant les « interactions avec les femmes ».
Le Parisien rapporte que le personnel féminin devait être « mis de côté », « pour ne pas employer le terme caché », selon un agent du site qui a assisté à la scène. Le salarié ajoute : « La direction a appliqué expressément cette mesure et la délégation en question est montée au 3e étage de la Tour avec uniquement du personnel masculin. »
« Certaines (femmes) ont été invitées à quitter leur poste et à se mettre à l’écart dans des locaux. À certains postes, elles ont été remplacées par des hommes. Et toutes les femmes salariées ont reçu la consigne de ne pas passer ou de ne pas traverser certaines zones pendant la présence de la délégation », s’indignent les salariés.
« Ces conditions n’auraient pas dû être acceptées »
La Société d’exploitation de la tour Eiffel a admis que « ces conditions n’auraient pas dû être acceptées ». « Elles ne sont conformes ni aux valeurs de la SETE, ni aux principes d’égalité entre les femmes et les hommes », poursuit l’institution, promettant d’en tirer « toutes les conséquences ».
La visite de la délégation hindoue s’est déroulée le même jour qu’une procession culturelle en bateau sur la Seine, organisée par le mouvement spirituel indien Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha (BAPS). Cette organisation critiquée comme particulièrement conservatrice et nationaliste par une partie de la diaspora indienne a consacré dimanche son premier temple majeur en France, bâti à Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne), à 30 km à l’est de Paris.
En raison de la colère des salariés et de leur refus de reprendre le travail, la tour Eiffel est restée fermée toute la journée de lundi. Sur le site internet du monument, un bandeau s’est borné à invoquer une « ouverture retardée » pour « des raisons opérationnelles ».
« On ne cache pas les femmes. On ne les efface pas »
« Il n’est pas acceptable que (les) conditions » exigées par la délégation hindoue « puissent être tolérées », a réagi sur X le maire socialiste de Paris, Emmanuel Grégoire. « L’égalité entre les femmes et les hommes ne s’arrêtera jamais au pied de nos monuments historiques, ni à aucun endroit de cette ville », a-t-il affirmé, ajoutant qu’une enquête serait « diligentée dans les plus brefs délais ».
« Je réaffirme l’attachement de la tour Eiffel aux valeurs républicaines, à l’égalité femmes-hommes et au respect de la laïcité », a réagi auprès de l’AFP Ariel Weil, président de la SETE et maire PS de Paris Centre. Il a affirmé que ni lui, ni le maire de Paris n’étaient au courant de cette visite. « On va faire la lumière sur ce qu’il s’est passé et on en tirera les conséquences », a-t-il ajouté.
« Il est donc proprement inacceptable qu’une consigne visant à faire disparaître les femmes de cet espace ait pu être donnée. En France, ce ne sont pas des pratiques venues d’ailleurs qui dictent aux femmes comment s’habiller ou exister dans l’espace public. On ne cache pas les femmes. On ne les efface pas. On les respecte et on défend leur liberté », a de son côté réagit Michel Barnier, député de Paris.
La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, s’est pour sa part dite « choquée » par la demande de la délégation. « J’ai personnellement informé les représentants du BAPS en France que de telles pratiques étaient contraires aux lois de la République », a-t-elle écrit sur X.
La direction et les élus du personnel se sont rencontrés lundi. La tour Eiffel rouvrira dans des conditions normales mardi matin, selon une représentante du personnel de la SETE.


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