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A La Roche-sur-Yon, un homme séquestré et tabassé chez lui par trois agresseurs

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Une sombre histoire de règlement de compte, sur fond de trafic de stupéfiant, s'est soldée par le tabassage d'un Yonnais à son domicile. Le tribunal a jugé les malfrats.

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Sept personnes ont été interpellées, mardi 22 novembre 2022, dans le cadre d’une enquête sur l’enlèvement et la séquestration d’un jeune Havrais du quartier des Neiges en décembre 2020.

Le dernier des trois agresseurs dans cette affaire a été jugé et condamné lundi 22 juin, par le tribunal correctionnel de La Roche-sur-Yon. ©Groupe Actu/Archives

Par Lucile Akrich Publié le 25 juin 2026 à 18h20

On ne verra pas cet homme de 37 ans, jugé lundi 22 juin 2026 par le tribunal correctionnel de La Roche-sur-Yon, en visioconférence, depuis sa prison. Mais on l’a entendu. Poursuivi pour des faits « extrêmement graves », a estimé la procureure de la République, il « encourait 20 ans de prison » pour avoir séquestré et tabassé un habitant de La Roche-sur-Yon. Mais l’affaire a été correctionnalisée pour aller plus vite.

Malgré les preuves que le tribunal avance contre lui, l’homme au casier bien chargé (26 mentions depuis 20 ans) nie les faits qui lui sont reprochés.

Agressé, puis ramené chez lui de force et séquestré

Sur fond de trafic de stupéfiants et de voitures, un salarié de Chronopost se fait agresser ce 5 mai 2021, alors qu’il marche dans une rue du Bourg-sous-La Roche, vers son véhicule. Il s’apprête à se rendre au travail. Trois hommes encagoulés le ramènent de force chez lui, où se trouvent sa compagne et sa belle-fille de huit ans.

Gants scotchés aux manches, les trois agresseurs le font tomber au sol, le frappent puis le bâillonnent, avant de le menacer de mort. Ils réclament « l’argent ». Sans succès. La victime dit ne rien pouvoir leur donner. « L’un des hommes explique ne pas avoir fait tout ce trajet pour rien », souligne la présidente du tribunal, reprenant le dossier.

Finalement, les trois agresseurs retournent le logement et repartent une heure plus tard, avec des bijoux, une montre et les deux téléphones portables du couple. Les mobiles sont retrouvés dans un mur en parpaing, chez un voisin. Le couple est choqué. L’homme se rend immédiatement au commissariat pour porter plainte.

« Le meneur » du trio

C’est « le plus agressif » des trois prévenus, qui était jugé lundi 22 juin 2006, à La Roche-sur-Yon, les deux autres ayant déjà été jugés et condamnés en novembre 2025.

« Vous n’aviez pas pu être jugé en même temps à cause de l’impossibilité d’extraction ou de visio ce jour-là », précise la présidente. Le voilà donc seul face aux juges yonnais. L’homme nie tout en bloc. Il reconnaît être arrivé de Toulouse, la veille des faits, et avoir dormi dans un hôtel à La Roche-sur-Yon, mais c’était en vue de « passer une soirée avec deux jeunes femmes », qui l’auraient, selon sa version, attiré dans « un traquenard ».

« Je n’ai rien à voir avec toute cette histoire ! » clame le prévenu derrière l’écran. « Je suis un hypersensible ».

Isabelle Jubineau rétorque : « Vous êtes impulsif et violent, plutôt ! » La présidente du tribunal rappelle que la garde à vue « s’est très mal passée », tout comme l’incarcération en préventive.

Pourtant, le tribunal avance des preuves contre lui : la réservation de l’hôtel ; les déclarations concordantes des deux victimes (qui ne se sont pas portées partie civile) ; leurs hématomes et les rapports médicaux ; le téléphone portable du prévenu qui borne à La Roche-sur-Yon à l’heure de l’agression ; la victime qui reconnaît son agresseur sur tapissage ; et la cagoule à un trou, retrouvée lors d’une perquisition au domicile du prévenu. Des arguments balayés par la défense, qui estime peu fiables et « pas probants » ces éléments. Son avocate plaide la relaxe.

Quatre ans de prison ferme

« Monsieur est le meneur, le plus virulent dans cette agression », estime quant à elle la procureure de la République.

Il a reconnu avoir un petit problème avec l’autorité : c’est un euphémisme à la lecture de son casier judiciaire…

Elle a requis sept ans de prison dont deux ans assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans.

Après délibération, le tribunal le condamne à quatre ans de prison avec mandat de dépôt, l’interdiction de séjour en Vendée pendant cinq ans, l’interdiction de porter une arme pendant cinq ans et la privation d’éligibilité pendant cinq ans, avec confiscation des scellés.

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